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L^. ±. me.
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NOUVEAU TRAITÉ
D E
DIPLOMATIQUE
TOME SECOND.
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NOUVEAU TRAITÉ
DIPLOMATIQUE,
OU VON EXAMINE
LES FONDEMENS DE CET ART.
ON ETABLIT DES REGLES
SUR LE DISCERNEMENT DES TITRES,
ET VON EXPOSE aiSTORiqi/EMENT LES CARACTÈRES
DES BULLES PONTIFICALES ET DES DIPLOMES
Donnés en chaque Siècle :
AVEC
DES écLAIRCJSSEMENS SUR UN NOMBRE CONSIDERjIBLE
de peints d’HiJleire , de Chronelegïe , de Littérature , de Critique & de DifeipUne } cria Réfutât ien de diverfes aceufatiens intentées contre beaucoup d archives célébrés , & fur tout contre celles des anciennes Eglifes,
Par Dipx RtLiciEux Bénédictins de la Congrégation de S. Maur.
TOMESECOND.
A PARIS,
Chez OsiLiADUi Desfrez, Imprimeur du Roi & du Clergé de France , rue S. Jacques, à S. Profper & aux trois Vertus.
M. D C C. L V.
AVEC AP,PR0BAT10N, ET PRIVILEOE D U RO I,
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P « £ F A C F..
J. .
',1 : J- i,i:'
^ s recherches fans nombre , que nous avons été obligés de Faire, pour àprofbn- dir'un lujec jtifqu’iciittairé aflèz légére- 'ment furtout en Fraiice & les travaux incroyables que noiis'àvons eflTuyés, pour mettre ce fécond tome en état de foutenir les regards du public éclairé , nous tiendront lieu d’apologie fur le long 'efpace de tems', quïs’eft écoulé dépuis la; puWicatioh " du premier. Ce retardement eft venu iurtout de la gravure ,• & de l’arangement^fy Héma- tique desdix-lept grandes planches', qui entrent dans ce volume. . ^ • ■
• * f ^ T ^
' Toutes les 'écritures latines làpldairès'& métalli- ques,'employées depuis trois niille ans ^ font repré- lenrées , &>diftinguees parleurs genres & leursefpèces.' Ces planches ofrent un nombre prodigieux d’infcrip- tions de tous les fiècles & de tous les *païs , ou la langue latine' a eu courS. ^ L’irttîme liai/bh 'de ces monunaens'l' avec 'les rnlf & les diplomeS*^ prouve la néccinté de ne les pas né^ger , dà'ns'^iin tràité gé-' néral de Diplôtnatiqué. ’ Lès plahcheS alphabétiques contiennent plus^de trehré^nullè'càraélères , choilis Tome II. a
J bv C
ij PREFACE.
fur trois à quatre cent mille. A peine un travail opi- niâtre de deux années a-t-il fuh , pour former nos : .i, alphabets généraux des lettres capitales , onciales^ f ! 3emi-onciales , minufcules , curfives & gothiques , tirées des marbres , des tables de bronze , des mé- dailles, des fceaux , des m(T, des, diplômes ou chartes i- -demeure 4’Etriope. Combien de combinaiibns n’a-t- - il pas falu f^e pour fixer la defcendance, la figure, la durée , la fortune & les iriétamorphofes de chacune des vingt-trois lettres de ralphabct latin ? Cette étude acablante a produit une hiltoire abécédaire , que les iàvans defiroient depuis long teiçs. y trouvera l’art de déterminer l’age & la patrie deS caradères par la variété des figures &c des traits, qu’ils ont con- tradés, depuis leur origine jufqu’au xvI^ üècle. D a donc falu extraire, defüner& faire graver une multi- tude de lettres extraordinaires. Toutes ces opérations nous ont infiniment plus coûté , qu’au Libraire- Imprimeur ; quoique de fon côté il ait été obligé de faire de très-grands ftab , fur lefquels il ne comptoir pas i lorfqu if prit des engagemens avec le public , par des foufcriptions. ^ . • - ,
Nous n’^fnçcerons pasici dansle ^tail queftions importantes & des dificultés épineufes, 'éclaircies dan^ ce volume ; foit pour venger la fcieacc dSf écritures antiques j foit pour montrer qu un antiquaire , égale- ment judicieux & éclairé, ne manque poim 4e moyens, pour fixer quelquefois le tems précis , & toujours le fiècle des, n>ir. ôc .des diplômes. Les aimteurs del’ann tiquité trouveront à.f^ins^e leur goût 4ans lesr clu- pitres hiftbriques , ou Ton fait,conoitre l’état & Tu- lige plus ou moii>s,fréqH€n)ç,4f faix deÇi^iseen chaque
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PREFACE,. iii
iiècle. Les Jurirconfulces faifîronc fans peine ^ dims le chapitre de la vérification des écritures , les marques de leur vérité ou de leur faulTeté. Ce feul article eft le réfultat d’une multitude de faits , d’une leéfure immenfe , & d’uné infinité de.réfléjdons combinées, fur les écritures des mlT. & des chartes , dont nous avons fait un> rigoureux examen. Quoique la tablé des fommaires placée à la tête de ce fécond tome, foie un précis des points de diplomati^è dt de littérature également curieux & intérelTans , qUè nous y «tritons avec le -plus de foin & d’exaélitude qu’il nouseû poA fible ; il n’y faut point chercher quantité d’obier- vations hilloriques & critiques , répandues dans le corps , &c dans les notes de l’ouvrage. L’explicatioii des inferiptions , renfermées dans kps dix dernières planches , produit une variété furprename d’écritUres & de faits hilloriques , concernant les meeurS les ufâges des anciens } fans parler des fecours , qu’y trouveront les dcchifoeurs , les médailliffes , & géné^ râlement tous ceux qui afpirent à la qualité tfanti- quaires. C’eft principalement en fàveUr de ces derniers que le plan de ce volume , purement éléméntaire, a été dirigé.
Nous comptions y faire entrer les écritures latines des mff. & des diplômes , les liaifons de lettres , les notes de Tyron, l’orthographe des anciens , la ponc- tuation , les accens & les chifres romains arabes ,
a ij
1
U) Emydof.
t. 4. ». roi 8. r«/. 1.
(i) V. tutre i. tout. p. ti. C fiiiv.
(t) Eticythp. t. iw.p. loro.
(</j Ibid.p. 1015.
(t) Ibid.p. 1014. (/; Jbid.p.ioi^.
P R 'E ’F ' A C E.
A méfure que nous âvançons ; nous reconoiflôns de plu^ en plus la nécelTicé d epuifer, s’il eft poflîble , tout' ce qui eft nécclfairement lie avec la fcience des m(T. 6i des diplômes. Ce qui achevé de nous en convain- cre ; ce font les écarts continuels de ceux , qui entre- prennent’ d’écrire fur- ces matières , peut être moins conues en France ;quepartout ailleurs. Qu’on prenne la peine , pr exemple , d’examiner férieufement l’ar- ticle , Diplomatique , inféré au iv*. tome de la nou- velle Encyclopédie', & fourni par M. l’abbé Lenglet.' Quels- pradoxes cet auteur n’y avance-t-il pas ! A proprement prier , cet article n’eft qu’un aflèmblage d’acufations deftituées de preuves , qu’un tiflu de dé- clamations {i) frivoles', extraites de la Méthode pour étudier f hijîoiré , & réfutées dans notre premier- tome. L’auteur prétend néanmoins donner des règles de Diplomatique , mais quelles règles !
, »' Les diplômes , dit-il , [d) font des aiftes émanés » ordinairement de l’autorité des Rois f & quelque-' M fois de perfoi-mes d’un grade inférieur ; « tels que* les Comtes-, des Ducs ,' les Princes, des Evêques &c. Ce font donc des aûes publics , folennels , & beau- coup plus (^) authentiq^ues , que ceux qui ont été'
f* I j •> Le P. Jourdan <jç la conjpa- »'prrie de Jefus , fe déefcmi , dit-\l. ^ (() Lengfct, contre Ict rirces & les » diplômes en génial , dans fa Cri- n tique de rori|ine de la ruai Ton de »■ France. « Ci la prouve tout au plus , que CCS monuniens font (d ) txptfei a U crittijMt <ut à Ij mauvaifi humeur des frv.i7is. Au lieu de fc rendre cf- ckvc des icntiroens du P. Jourdan, de MM. Baudclot , Wanhon Scc. il faloit en examiner la folidité. Quant au premier , fi l’on en juge par fon texte i il fcmble n'en vpuloir qu’aux I
chartes pai tiaiKèrcs , produites par le liuc d’tpcmpn , & non aux Diplo-’ mes en génital. C’eil furquoi il étoit.-
fiarfaitenicnt d’acord a. ce D. Mabil- on: D'ailleurs pour deux ou- trois Je-- fuites , qui n’auront pas clé favorables anx anciennes archives-; nous foninies en état de citer un nombre confidéra- blc de favansde la nicmc Société ; qui fc font fcit im devoir de les vengtt . de cette (ej foupçoneufe . imiuii tanmt t SifdUte en t hue , ^ui ( f) vtim ftu- vent de U nusugnité des liemmes.
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PREFACE. V
partes devant les fîmples notaires depuis le xi i'. fiècle. Point du tout ; fi l’on s’en raporte à notre diploma- , tifte , les chartes (a) & les diplômes font des aSes particuliers , dont la certitude doit être vérifiée fur l’aé^e public. Quel eft donc cet a6le public , donc l’autorité eft fupérieure aux lettres patentes des Rois ? Car c’eft le nom qu’on peut (i) aonner aux anciens diplômes. Ne font-ce donc là , que des aRes particu- liers ? Comme s’ils n’étoient pas revêtus de formalités & de marques d’authenticité plus frapantes, que celles de la plupart des pièces , qu’on garde depuis les bas tems , dans les archives publiques : M. Lenglet con- fond vifiblemenc les diplômes avec les notices pri- vées J qui réellement n’ont pas la même autorité que les aÂes publics j quoiqu’elles fulTent (c) autrefois re- çues en juftice.
Les diplômes , pourfüit notre {d) auteur , font de peu d’ufage pour l’hiftoire générale. A ce compte , on a eu grand tort de les faire entrer dans la collec- tion des Hiftoriens de France , dont le plan a été con- certé avec les plus favans hommes de notre fiècle , & à la tête defquels fe trouvait feu M. le Chancelier Da^erteau , dont les lumières fupérieures , la fageflè & 1 érudition ont briHé avec tant d’éclat. Quoique le célèbre Père Daniel ait fait ufage des chartes dans foii Hiftoire de France ; ne lui a-t-on pas reproché dans des écrits publics d’avoir trop négligé ces fources ? Arturément l’hiftoire de la Maifon d’Autriche fait partie de l’hiftoire générale. Le favant P. Fdergott ne i’a-t-il pascompolec fur (e) les chartes &: les diplômes î Les commencemens de la troifième race de nos Rois ae font prefque connus que par ces momimens. Au
{() Encycltjf.
t. 4. p. lOlJ. CW. I.
il) Ilid.p.\oxi~
ctl. I.
{() F. mttei.- tom. p. 299. (X fkiv.
U) Encjclop. ib. p.ioi^.ctEi.
(f) IbÙL u-
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U) Jeun, des frvans 1704. f. 61S.
{b) Etujchp. ibii. f. 1025. ni. 2.
(() Ibidtm,
(d)Ibid.f.ioig. $d. 2.
vj PREFACE.
moyen des anciens titres , on fuplée fouvent au fi- lence des hiftoriens : les anciens titres fervent (a) à corriger ce qu’il y a de défedueux dans les auteurs , ^ furtout par raport aux généalogies , à redifier les da- tes , & a fixer les époques des règnes des Rois. Tel eft l’ufage qu’en ont fait depuis plus de deux fiècles un nomore de favans du premier ordre. Et l’on vien- dra nous dire que les diplômes fervent peu à l'hif toire générale. \
» Il eft certain, ajoute (^) l’encyclopédifte , qu’on a n de vrais ades ; furtout dès que l’intérêt n’y eft pas fi mêlé. « Si l’intérêt dégrade les ades , jufqu’à les rendre fufpeds j il n’en eft aucun fur lequel on puifle compter. Eh î qui s’eft jamais avifé d’en demander , d’en drelTer & d’en confe^ver un feul , où il n’eut quelque intérêt dired ou indired* ? Les ades vérita- Hes , comme les faux, fupofent néceflàirement le mo- tif d’aquérir , d’ufurper ou de conferver quelque avan- tage. L’intérêt (c) a toujours été , je ne dis pas la pierre de touche , mais le grand mobile des aSions humaines. Quelle règle de diplomatique , que celle
3ui met l’intérêt en ligne de compte , quand il s’agit e difeerner les ades douteux des véritables i En voici deux autres , que les antiquaires ne pou^ ront entendre fans étonnement. La première porte , fi que des chartes qu’on {d) croiroit du x*. fiecle ou aes précédens , & qui cependant feroient marquées » par les années de l’ère chrétienne , qui n’a été en n uûge dans ces fortes de monumens , que dans l’on- « zième fiècle , « feroient par cela feul convaincues de faux. Ce n’eft point ici une de ces méprifes , qui peuvent èchaper am écrivains les plus exads. M,
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PREFACE. vij
Lenglec répète (a) jplus bas la même chofe d’un ton nid.p.ioii. capable d’en impofer. Pour faire voir la faufleté de fa règle , & de la fupofition , fur laquelle elle eft fon- dée -, n’en apellons pas à D. Mabillon , quoiqu’il ait très-bien prouvé, que (^) Charlemagne & Louis le débonaire datoient des années de J. C, au moins les /.is/.Tja ***'
aébes les plus importans , qui concemoient le bien de l’Etat. Ne nous prévalons ps d’un nombre d’ori- ginaux du x'. fîècle , & même des précédens , cités (c) ou publiés (4) dans la Diplomatique , & datés des (o md.f. 17,. années de rincamation. D. Mabillon (c) a voulu ’‘(d)'ub.6.p.^7^. foutenir & défendre les titres de fon Ordre,S>c dès-là, fi ^79-
l’on s’enîraporte à M. Lenglet, on ne peut plus (/) comp- 'tîd- ter avec certitude fur les règles y c^vit ce grand homme a 'fflibid. c*i. i. propofées. Opolôns uniouementà fon cenfeur l’auto- rité de favans nullement recufables.David Cafley,garde de la bibliothèque du Roi de la grande Brétagne , parmi les modèles d’écriture qu’il a publiés , nous {g) ofre vingt-deux chancs des rois anglofaxons , tou- (•) ac4ui»i. tes datées des années de l’Incarnation; à commencer à l’an 680. jufqu’en ^éx. Les ne du X*.
n. portent tous la meme date.
Il eft iacile de^ s’en convaincre en parcourant les (^) (/,)Chr«f.Gu. modèles publiés par Godfroi Von-BeflTel. Ce favant wk. Ub. 1 1. abbé croit n^me que l’ère chrétienne étoit quelque- fois employée dans les diplômes de nos Rois de l^t féconde race. Ex t^uibus apparet diplomata cpmplurk (r) quamvisjion ità fréquenter , annis Incarnationis . fub Carolo & Ludovicopio fuljfe notata. ^
. Si d’Allemagne nous pflbns en' Italie ; nous y croa- •vons la ^e de leré chrétienne ; introduite dans les
empereurs d’Allemag «ad I. iu£qu à Henri
diplômes originaux des fiecle, ou depuis Con-
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(j) Antiq. ital. t. }. dijfirt. J 4. cal.^&feq.
{h) Encjdtp. ib.
f. lOi}.
U) Annal. Bt- utd. t. 4.^. 184.
id) Ordtn. dtt Biit de France, t. i.p. 713.
(e) Annal. Be- ntd,c. ).p. 6Sj.
viij PREFACE.
diplômes, deux (îècJes avanc l’onzième. M. Muratori , dont la critique en fait de cliartes eft fi févère , fe dé- clare [a) hautement pour la certitude & l’authentici- té de plufieurs , données aux i x & x'. avec l’époque des années de J. C. La règle propofée dans l’Ency- clopédie eft donc manifeftement faufle &c dangereufe.
La fécondé ne mérite pas d’être mieux acueillie. » Il faut, dit-on , (^) examiner fi les fceaux font fains >1 & entiers , fans aucune fraéhire , fans altération & 3j fans défauts. « L’altération du fceau , opérée par la fraude , décèle la fupofition des chartes. La règle eft certaine. Mais pretend-on que les aétes , dont les fceaux font altérés , brifés , perdus par quelque acci- dent ou par vétufté , foient autant de pièces fupofées ou falfifiees ? L’abfurdité de la règle faute aux yeux. En éfet , combien les dépôts publics ne renferment- ils pas de milliers d’aéles îincères , dont les fceaux font altérés , mutilés , défectueux , brifés , détachés , perdus î Si l’on fe rabat à dire , que l’altération ou la perce des fceaux rend les chartes invalides ; ôn con- tredit l’uf^e &c la jurifprudence des Tribunaux du royaume. Dès l’an loti. nous voyons le roi (c) Ro- bert confirmer & renouveller les diplômes de Clo- vis & de Charlemagne , dont les fceaux étoient tota- lementdécruits. On a (^/) desaCtes, où il eft dit, qu’ils devront toujours valoir , quand même le fceau vien- droip à k perdre. Malgré le mauvais état (e) de la bulle d’or , qui s’étoit détachée par vétufté d’un di- plôme de Chérie le chauve , acordé à l’Eglife de Compiégne ; ce titre fut déclaré authentique l’an Ï17X. par le Roi même. Ce fait fe trouve configné dws les regîtres du Paclenjent de Paris. En 1571.
Charles V.
-PREFACE. ix
Ch rks V. confirma (a) des lettres , nonobftant la (“) Ordo». des fradion du fceau. Le Roi Jean fit la même chofe {h) {b) 'hid.^t!%' par raport à des privilèges , dont le fceau étoit fé- paré. Enfin du Luc raporte un (c) arêt rendu en fa- u\Lib.<}.tit.s, veur de Catherine de Médicis, comtelfe de Clermont , contre M. Duprat évêque de cette ville , lequel pré- cendoit , que les fceaux perdus ou confumés ren- doient nuis les titres , que cette Princelfe lui opofoit.
Ce n’ell pas ici le lieu de traiter ces matières avec plus d’étendue. Le peu , que nous en avons dit , doit fufire pour montrer la faulleté des règles , que notre ency- clopédifte a données pour fûres ; en même tems qu’il {d) a voulu rendre fufpeéles celles , que D. Mabillon (<0 a établies fur une longue expérience , fur des faits conftans &c des monumens certains. Lorfque M. Len- W ibid-p-iot^. gletnous {e) débite , que les archives des cathédrales &c des abbaVes font remplies de pièces de mauvais aloi ; on eft porté à croire , qu’il n’a jamais examiné un feul original , ni vu d’archives. M. Lancelot de l’Acadé- mie royale des Infcriptions & Belles-Lettres , fi verfé dans la fcience des diplômes , ayant oalTé la plus grande partie de fa vie a feuilleter les cnartriers tant des Eccléfiaftiques que des Laïques ; déclare dans une lettre imprimée à Paris en 1731. qu’r/ a [f) trouvé TRES-PEU d’ originaux faux , & qu il a vu au con- traire des chartes de tous les fècles refpeclables par les marques les plus certaines d' authenticité public jugera fans peine , auquel de nos (i) deux favans^on
(1) M. Lenglct n’eft pas plus d’a- cord avec M. l’Abbé de Longuerac fur le tems , où les prétendus faux aéle* ont été fabtic^ucs » C'eft suR- »> TOUT, dit alui-ct, (?) dans le xi. M & XI 1'. fiècles , que Te font fait les
Tome II.
>■ faux titres. <• Celui-là au contraire , à l'exemple du P. Germotj , place la Longuet U4-
fabrication des pièces fupofecs fous >*4 purs. i.p. lo. la première fie ilcondc race. •> Dés qu’on ib) c/l arivc à la troifième (") tincjtlop.
» race de nos rois,dit l’Entvdopcdiftc, ^ 1 0^4- *•
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U) Engtt/op. ib.
p. 101^.
X P R F F A C E.
doit plutôt s’en raporter. D trouvera encore dans le volume , que nous lui préfentons , la réfutation de plufîeurs paradoxes de M. Lenglet fur la vérificatioa des écritures , fur la durée de la romaine , qu’il pré- tend (fl) n’avoir été d’ufage que jufqu’au v'. lîècle,&: fur les archives des anciennes Eglifes , qu’il fcmble avoir pris à tâche de décrier.
A peine ce volume étoit-il a moitié imprimé, qu’une mort prématurée , hélas ! a enlevé à la République des Lettres, & à notre Congrégation , le principal auteur, non feulement des deux premiers tomes de cet ou- vrage , mais encore de plufîeurs portions confidéra- bles de ceux qui fuivront ; s’il plait au Seigneur de bénir nos travaux & de nous donner allez de fanté & de force pour fuporter les fatigues , qui en font in- féparables. La mémoire d’un favantdu mérite de Dom Touftam , & les fentimens d’eftime , de refpeét & d’amour qu’il a laiffés dans les cœurs de tous ceux qui l’ont connu particulièrement , ont fait fur le mien une trop vive imprellîon,pournepas les tranfmettre à ceux, qui liront le nouveau Traité de Diplomatique.' Tou- jours pénétré de la douleur la plus amère & la plus fenfî- ble, cauféepar la perte irréparable d’im collègue, qui
» on convient qu’ii Te trouve bcau- « coup moins de ch.iitcs faulTes ou ualu-rics. Ainfi cela met les grandes •> maifô is à l’abri des foupçons qu'on » pouroit tiret des chattes comre l’an- » cicrncic de leur origine. *« Dans le vrai, ces deux auteurs nous ont don- ne leurs imaginations pour des réa- lités. L’un & l’autre ne font pas plus croyables que le P. Hardouin , qui vouloir que les anciens diplômes de France , d’Italie , d'Allemagne Arc. fuirent une produélion du xiv. ou du x\ '. fiécle. Ou poura plus fure-
ment aprétier à leur julle valeur tous c.s fyltèmes , dont les uns fc dé- truifent pat les autres ; lorfque nous aurons donné la partie oe notre nou- velle Diplomatiqiic, où nous expo- fons les cmrepriîls des faulliircsslé- couvertes ,& réprimées dans tous les tems, à Commença depuis le ptanier fièclc : les loix portées contre eux par les deux Puillinces , & les punitions exemplaires de ces impollcurs , oui n’ont jamais été fi nombreux que de- puis le XVI'. fiède.
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PREFACE. xj
m’étoic fi cher & fi néce(Iàire ; je fens tout ce que le de- voir & la reconoiflance exigent de moi en cette ocafion. Lié avec lui d’une amitié tendre , réciproque & prefque fans exemple , pendant près de quarante ans ; j’ai été plus à portée que perfonne de conoitre à fond , d’ai- mer &c d’admirer les excellentes qualités de cœur & d’efprit , l’étendue de génie , les grands talens , les vertus , en un mot tous les dons de la grâce &: de la nature , dont Dieu avoh enrichi mon incomparable ami. Le public a donc droit d’atendre de moi un ta- bleau fidele du mérite littéraire & perfonel d’un au- teur , dont rhumilité furpalfoit la vafte & profonde érudition.
ELOGE HISTORIQUE DE DOM
CHARLE-FRANÇOIS TOUSTAIN.
D O M Touftain ilTu d’une ancienne famille du pa’is de Caux , autrefois fort (i) diftinguée , na- quit .au Repas , proche Briouze , diocèle de Séez. Il rc<jut une nouvelle nai {Tance en J. C. par les eaux ûcrées du Batème le dix-neufvième jour d’Oétobre ,
( I ) Des mémoires conferves dans la famille de D. Touftain , nous apiai- nent , que fes ancêtres croient fei- gneurs de Bleville & Mandréville. En 1480. ils furent obUgésde quiter le pais de Caux , défolé par les cavages des An^ois. Jean Touftain reigneut de Bleville epoufa Jeanne de Robil- lars. De ce mariage fonic Aimon Toiift.'iin, Commandant du fccOnd bataillon de Picardie, qui époufaMa- tie- Anne Saler , fille deSainfon S-ilet chevalier. Seigneur du Repas, & Pro- cureur Gcnérid au Parlemeut de Nor- mandie. Aimon eut pour fils Jaque Touftain feigneur des Landelles , qui époufa Françoife le Hallier , d'une I des meilleures fainillesd’ Alençon. De |
ce inariage vint Jague Touftain , pète d’une nombreufe famille, dont notre refpeâablc défunt étoit le cadet.Trois de fes fières font mons au (êrvice du Roi , & y out dépenfe leurs biens. D. Touftain fe trouvoit allié à plu- licurs familles qui fubliftent aujour- dui avec éclat ; ceft furquoi fa nio- deftie hil iit^lâ toujours on pro- fond filence. Il avouoit feulement i fes amis , que par Françoife le Hal- lier fa grande mère , il avoir l'avan- tage d'apartenlr à M. de Fontenelle , dont le mérite eft fi célèbre par toute l’Europe , & qui f.iit tant d’honneur à la republique des Letnes depuis quatre-vingt ans.
bij
xij ' ^PREFACE. l’an 1700. Il écoit fils de Jaque Touftain de Berge- ville, Lieutenant de cavalerie, & de FraiKjoife Eudes, alliée d’aflez près à l’illullre maifon de Refnel ; mais encore plus refpeûable par fa vertu , que par la no- blcfle de fon origine D. Touftain fe trouvoit le ca- det d’une nombreufe famille. Dès l’enfance on lui inf- pira du goût ^our la profellion des armes. Mais né avec un caraélere doux & tranquille , naturellement férieux & porté à l’étude ; Dieu fembloit le deftiner à une milice d’un genre tout diférent. Il aprit avec beaucoup de facilité les premiers élémens du latin dans la maifon paternelle. D. Nicolas Touftain fon frère ainé , alors Religieux de l’abbaïe de S. Martin de Séez , l’atira dans cette ville , pour lui faire conti- nuer fes premières études au petit Collège de la ca^ thédrale. Dès - lors on remarqua en lui une maturité & une prudence, qui ne fe trouve guère que dans un âge avancé. En 1714. il fut envoyé au Collège de S. Germer , & placé au rang des jeunes Gentilsnom- mes, ^u’on (i) y élévoit. D. Paulin Maille , homme de mérite & Prieur de cette abbaïe , eut toujours pour le jeune Touftain une eftime &: une afeébon fingu- lière. Dès fon entrée dans ce Collège , alors fort nom- breux , le fage étudiant demanda à être agrégé à la Congrégation de l’Enfant Jésus , établie pour les écoliers. Il en fuivit tous les exercices avec tant de piété & d’exaétitude , qu’il devint le modèle des Con- gréganiftes. La pureté de fes mœurs , fon aplication continuelle à l’étude, & fes inclinations toutes portées
(1) Les fonds de deux Pricurcs3(r« j Religieux par les abbés commenda- eonfid- r.-'bles , étoient employés à I taires ; on n’a plus éfé en crat de ren- cette bonne œuvre. Mais ces doux I dre cet iuipouant fctvke à la Nr>- Bt':nélices ayant été enlevés aux I bldTc.
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PREFACE. xiîj
au bien & à la vertu le rendirent aimable , & refpec- table même , non feulement aux penfionaires & aux écoliers ex’terncs j mais encore à fes ProfelTeurs & aux autres Religieux de la communauté. Les Congréga- niftes de l’Enfance de Jésus ne tardèrent pas à l’élire pour leur Préfet -, quoiqu’il fut l’un des plus jeunes d’entr’eux. Il remplit les fonéVions de cette première place avec autant de prudence ^ue de religion.
Lorfqu’il eut achevé fa Rhétorique avec fuccès, fous le vénérable & très-habile Profefleur D. Gabriel Guérin ; il ne penfa plus qu’à fe confacrer à Dieu d’une manière plus ç>articuliere. Mais il ne le fit pas fans une mure délibération. Après avoir bien pelé , avec des perfones , qu’il eftimoit , l’importance d’un engagement qui dure autant que la vie ; il fe rendit au Noviciat de l’abbaïe de Jumiège , où il prit l’ha- bit religieux au mois de Juillet 1717. & prononça fes vœux folennels le lo. du même mois de l’année fuivante. La ferveur extraordinaire , avec laquelle il avoir fait fon année de Noviciat, ne fe ralentit jamais. L’efprit de pénitence &: de recueillement , la lecture alfidue de l’écriture fainte & des meilleurs livres de piété , furtout de ceux dont M. l’abbé Duguet a en- richi l’Eglife : un éloignement parfait du monde , & de tous les. emplois & les dignités du Cloître , l’a- mour de la pauvreté & de la fimplicité religieufe : une piété tendre , folide , éclairée , jointe à une grande délicateffe de confcience , &àune parfaite foumiflion à fes Supérieurs en tout ce qui concerne la règle , qu’il avoit embraffée , furent les vertus de tous les rems de là vie religieufe.
Apres avoir, feit avec diftinclion Ion cours de
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xiv PREFACE.
Philofophie & de Théologie dans l’abbaïe de Fécam , fous d'excellens maîtres ; fes Supérieurs l’envoyerent en lyzj. au monaftère de Bonnenouvelle de Rouen avec plufieurs de fes confrères , pour y aprendre les langues grèques & hébraïques. Avec une mémoire heurcufe & une aplication continuelle , il fit des pro- grès rapides dans cette étude. Il ne fe borna pas la ; il voulut aquérir des notions de toutes les autres langues orientales. U étudia même alTez l’italien , l’allemand , l’anglois & le hollandois , pour fe mettre en état d’entendre les auteurs de ces diférens pais. Si d’au- tres études n’avoient mis fin à celles-ci ; on peut af- fûter qu’il feroit devenu un des plus habiles hommes de fon tems , dans la conoifl'ance des langues.
La haute idée , qu’il avoit conijue du Sacerdoce , & la crainte de recevoir cet Ordre facré contre la vo- lonté de Dieu , le retinrent cinq à fix ans dans le degré du Diaconat ; quoique fes Supérieurs l’eulTent plufieurs fois follicité de fepréfenter a divers Evêques. Ce ne fut que par l’avis de Direéleurs , làges & éclai- rés , & fur un ordie exprès du Chapitre général de l’an 1719 , qu’il alla recevoir la Pretrife des mains de M. le Blanc évêque d’Avranches. Jamais D. Toufr tain ne dit la Mefle qu’avec tremblement & de lon- gues préparations. Pénétré de la grandeur. des faints myftères i il lescélébroit toujours diftindtement, fans précipitation , avec une ferveur & une décence , qui touchoit les alfiftans. Ses aétipns de grâces étoient fouvent acompagnées d’une grande abondance de larmes , qu’il répandoit devant Dieu. Mais il avoit grand foin de cacher ce don précieux de componétion, <& plufieurs autres faveurs nngulières , qu’il recevoir
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PRE’ Fa C E. XV
de rems en rems de la bonté de notre Seimeur. Il n’en devenoit que plus humble , plus recueilli & plus mortifié. Outre les jeûnes & les autres rigueurs de la Règle J il pratiquoic des auftérités particulières , ca- pables de ruiner fon tempérament foible & délicat. Pendant un rems confidérable , il ne coucha que fur le plancher de fa cellule , & fon Direéleur fut obligé d’ufer de fon autorité , pour lui faire reprendre l’u- fage de fon lit , c’eft-à-aire d’une paillaüe couverte d'un drap de laine. }
Pendant cinq ans que D. Touftain demeura au Bec , fa folitude ne fut jamais oifive. Il compofa un grand nombre d’écrits fur des queftions de Philofo- phie , de Théologie , & fur des points de morale fort délicats. Il étudia la Géométrie , l’Algèbre & l’A- rithmétique. U aprit la Botanique dans fes heures de récréation , rangeant par dalles , par genres & par efpèces les plantes de l’enclos &: des environs du mo- naftère. Il infpira le goût de cette fcience utile & amufante à plufieurs de fes confrères & à quelques laïcs de mérite , qui formèrent une très-aimable fo- ciété. M. le duc de Brancas , qui s’étoit retiré de la Cour , pour vivre en folitaire dans l’abbaïe du Bec , honoroit D. Touftain de fon eftime & de fi bien- veillance , lui en donnoit des marques en toute ocafion.
Cependant les Supérieurs majeurs voulant mettre à profit les grands talens de leur confrère , le char- gèrent de travailler conjointement avec fon ami , à une édition des œuvres de S. Théodore Studite , dont près des deux tiers n’ont pas encore vu le jour. Un- • ouvrage de cette importance demandoit des fecouis^.
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xvj PREFACE.
3u’on ne trouve point dans une folitude ; quoique ailleurs aflez bien fournie de livres, D. Toullain alla donc avec fon collègue demeurer dans l’abbaïe de S. Ouen de Rouen , où il travailla fans relâche à revoir &: à examiner les écrits du faint Abbé de Stude. Par l’étude qu’il fit des diférentes fortes de vers em- ployés par les anciens Poëtes grecs ; il vint à bout de découvrir l’efpèce de poëfie , dont S. Théodore s’eft lervi dans la compofition d’un très-grand nombre d’Hymnes & de Cantiques , qu’on trouve écrits , fans diftinélion & en. forme de profe , dans les livres mir.& imprimés. Cette découverte le conduifit à celle de la mefure & de la qualité des vers , dont les écrivains ficrés ont fait ufage dans un nombre de Pfeaumes de Cantiques de l’ancien Tellament. C’eft ainfi qu’il retrouva (a) l’ancienne profodie hébraïque. Il avoit apris par cœur plufieurs pièces de cette Poëfie facrée : il les répétoit dans fon lit avant le fommeil ; & afin de les repalTer plus fouvent , il portoit toujours fur lui un Pfeautier en hébreu,
D. Toullain vint palTer un an à Paris pour conful- ter les mlT, qui renferment des ouvrages entiers ou des morceaux de S. Théodore Studite. Il fouilla dans toutes les bibliothèques & fit un amas prodigieux de pièces nouvelles , de variantes & de matériaux. Pen- dant ce féjour dans la Capitale , les difputes excitées à l’ocafion du nouveau Millèl de Troyes , lui donnè- rent ocafion de rechercher dans les plus anciens mo- numens , quel avoit été l’ufage de l’Antiquité fur le fecret des faints my Hères : c’eft-à-dire fur le ton de voix ôc la manière , dont on prononçoit autrefois les paroles de la confécration. Ce nouveau travail •
produifit
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PREFACE. xvij
produifit une DifTertation , ou plutôt un Traité en forme , où le laborieux & favant îuteur éclaircit la fignihcation de l’ancienne rubrique & des au- tres termes de la liturgie , qui ont avec elle quelque raport de reflemblance ou d’opofition. Ce ne fera point ma faute ; fi les amateurs de l’Antiquité éclé- lîaftique ne jouiflent pas bientôt de cet ouvrage, où règne une critique fine , fage &c judicieufe.
Dom Toufuin étant de retour à Rouen , fe livra de nouveau à l’étude des ouvrages de S. Théodore ; il en commeneja la tradudion, &: compofa plufieurs ( 1 ) differtations &c beaucoup ^le notes curieufes , pour éclaircir quantité de points de la vie & de la dodrine de S. Théodore, aufll bien que de l’hiftoire affez ob- ^ feure des tems , où cet Abbé de Conftantinople fiii- foit un fi grand perfonage dans l’Eglife. D. Touftain n’étoit cependant pas fi ocupé de l’Mirionde ce Père, qu’il n’entreprit de tems en tems d'autres ouvrages particuliers. On a de lui deux volumes in-i a. & quel- ques autres écrits moins étendus , dont le flyle feroic honneur aux meilleures plumes. Il a laifle un mf. fort lumineux au fujet du livre de Ratram touchant l’Eu- charifHe ; fans parler de plufieurs autres , qui ne font pas ind^nes de voir le jour.
Un mémoire publié à Rouen contre les anciennes archives , & en particulier contre celles d’une abbaïe célèbre , vint tout-à-qpup interrompre notre édition
(i) i“. Dlferuth hiftoric4 de Sime- niiuü 4fud Greets ftckU v 1 1 1“ , ^ turbu , qtut eerum tuefitne nncit4U fimt.
_ i“. DiÿèrtefM qiû demenfiretur vi- gbui dues coHtties , qui vu^ tribuuH- tur feptimu Spudo geuer4Ù , mn fuijfe
Tome II.
4b ei itudites neque éditer
5°. Dijfert4lie de Peulicientrum ermue, nemine , hifierii , pregreffu, ujque ad S, Tbeedon Studita lentpere , iequevariarum htreticerum diftrimiiu. Cette dernière diflertadon eft ctès- ravantc & très-curieurc.
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xvüj PREFACE.
de S. Théodore , déjà fort avancée. D. Touftain amateur du vrai*ne put foufirir une entreprife auflî téméraire. Il fe crut obligé de faire rentrer dans le néant , des fables dont le vulgaire fupofè ordinaire- ment la réalité , fans en examiner les preuves. Il com- pofa donc l’ouvrage intitulé : Dkfenfi des Titres de Vabbaie de S. Ouen de Rouen. On y trouve la Ré- futatlon de l'écrit d’un anonyme , inféré dans les mémoires de (a) Trévoux &c. Quant à cette dernière partie , D- Touftain voulut bien céder ta plume à fon collègue. Le tout fut imprimé à Rouen en 174 j . dans un volume in-4"’. ^131. pages -, fans compter les pièces juftificatives.
incontinent après , les Supérieurs majeurs nou» cfargèrent de recueillir les mémoires concernant l’hif- toire de l’abbaïe de S. Vandrille , depuis l’introduc- tion de notre Réforme jufqua ces derniers tcms.. D. Touftain pafla trois mois dans ce monaftère avec fon compagnon d’études , &c y compofa un ouvrage aflez confidérable , donc un exemplaire demeura dans la bibliothèque de S. Vandrille , & l’autre fut envoyé à S. Germain des Prés, On y trouve bien des faits in- tércflans , tant pour l’hiftoire écléfiaftique moderne du diocèfe de Rouen , que pour celle de la Congué-t gation de S. Maur.
A la demande du très - Révérend Père Général , D. Touftain écrivit une lettBt latine de 54. pages in-4®. à M. le cardinal Querini. Elle fut imprimée à Paris au mois d’Avril 1744. & non pas 1754. comme
f orte la date. On y rend compte à fon Eminence de édition de S. Théodore , &: l’on fait voir que ceux- là fe trompent, qui refuTent de reconoitre une véritable
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PREFACE. xix
pocfie dans les Tropaires & autres Cantlmies qui por- tent fon nom chez les Grecs. On propofe de fofides dificultés au favant Cardinal , qui avoir écrit fur cette matière. On caraAérife les ouvrages du faint Abbéde Stude , qui ont été confondus avec d’autres , & que l’on a perdus. Cette lettre , où l’érudition n’eft pas épargnée , pût paroitre obfcure à ceux qui n’étoient pas au fait des ofices de l’Eglife grèque. Mais elle étoit adreflee à un favant Cardinal de notre Ordre , fon verfé dans ce genre de littérature. Si l’on joint à cette lettre ce que D. Remi Ceillier a dit de notre édition, à l’article de S. Théodore Studite ; l’on aura le plan d’une entteprife littéraire , qui nous a coûté une infinité de peines & de travaux.
Dès la fin de l’année Ï74J . parut la JufiLfication du mémoire , queD. Touftain avoir fifolidement réfuté. Il crut devoir non feulement répondre pié à pié à ce nouvel écrit ; mais encore venger les anciennes ar- chives des aeufations injuftes portées contr’elles , en difeutant les faits & éclairciflant plufieurs dificultés , que le P. Mabillon n’avoit pu prévoir. Et afin de dé- f^mer une bonne fois la critique téméraire , en fi- xant les formules & les ufàges de chaque fiècle ; il fe détermina avec fon college à compofer l’hiftoure diplomatique des bulles des Papes , des aéles écléfiaf- tiques , des chartes des Princes , des Seigneurs & des perfones privées , depuis la naiffance de J. C. jufqu’à préfent. Il travailla fur ce plan jufqu’à Pâques de l’an 1747. Alors le très-Révérend Père Général le fit ve- nir à Paris avec fbn ami inféparable, pour faire impri- mer ce nouvel ouvrage , fous le fîmple titre d’Eclair- ciffemens fur la Diplomatique. Pluueuis fâvans à qui
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XX PREFACE.
le mf. fut communiqué , confeillèrent aux auteurs de n’en point faire à deux fois , &: de travailler à un nouveau traité de Diplomatique en notre langue, dans lequel on fupléât au grand ouvrage latin de D. Mabillon. D. Touftain necrut pas devoir s’afujettir 1èr- vilement à répéter en francjois , ce qui avoir été dit en latin. Il porta fes vues plus loin , & ne tarda pas à reconoitre la néceflïté d’examiner de nouveau , & de
traiter à fond quantité de points & de c^ueftions de diplomatique , qui ne lui paroilToient point fufilàm- ment éclaircis. Avec un génie vafte & pénétrant, il ne pouvoit manquer de fare beaucoup de découvenes dans les mlT. & les diplômes. J1 trouva la clé des no- tes tyroniennes ; en forte <^u’il expliquoit , par princi- pes, toutes celles qui fe préfentoienr, & lifoit couram- ment le très-ancien Pfeautier de l’abbaïe de S. Ger- main des Prés , écrit en ces notes. Malheureufement le tems ne lui a pas permis d’expliquer lui meme, l’ar- tifice de cette efpèce d’écriture , d’en donner les règles, & d’en former unDiétionaire,comme il l’avoitprojetté.
Le travail exceflif auquel il s’étoit livre , pour donner le fécond volume de cette nouvelle Diploma- tique , avoit beaucoup altéré fà fanté. Il avoit même des predèntimens que fa fin aprochoit. Il m’a dit plu- fieurs fois , qu’en le mettant au lit , une foffe ouverte fe préfentoit devant lui. Quoiqu’il ne fit pas grand fond fur ce phénomène fingulier ; il penfoit ferieu- fement à la mort. Il s’apliqua néanmoins tranquille- ment à l’étude jufqu’au lo, de Mai , que fur les inf- tances de fès amis & l’avis du médecin , il alla à Saint- Denis en France , pour fe rétablir. Les remèdes furent poux lui un poifon mortel , & lui cauferent un flux
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P.REF/AÇE. xxj
hépatique , que rien ne put arêter.J^d»nt 40. jours ^ que dura une fi cruelle maladie; on admira Ta patieijtce* fa confiance, fa tranquillité , fa parfaite réfignation àU, volonté de Dieu. Jamais on ne vit plus de grandeur* dame & de préfence d’efprit. Me voyant plongé dans l’afliélion la plus amère , &c prêt à fuccomber Tous le poids de ma douleur ; il m’infpiroit du courage par des réflexions folides& chrétiennes. Dès les commen- cemens de fa maladie , il fit une çonfeflîon gé^nérale^ & me témoigna un grand defir de recevoir les der-^ niers Sacremens. Il çonfentit néanmoins qu’on dife- rât ; parceque le médécin ne voyoit point encore de danger. Mais le mal fàifànt de nouveaux progrès , j’ac- quief^ai à la volonté du refpeélable malade, & lui ad- miniftrai d’abord l’Extrême -OnéHon , &jle lende- main le faint Viati<^ue. Il reçut l’un & l’autre Sacre- ment avec l’humilité la plus profonde , la foi la plus vive , & la piété la plus tendre. Je le vis fondant en larmes^ la bouche colée fur les piés dç fon crucifix, ne vodhnt pas par humilité la porter aux mains & au vifage de l’image de fon Sauveur. Il renouvella cette pieufe pratique plufieurs fois le jour jufqu’à fâ mort. Le defir ardent , qu’il avoit de s’unir de plus en plus à J.;C. ne lui permit pas d’être long tems /ans recevoir la,fainte Eucharillie. Je célébrai les divins niyllères dans la chapelle voifine de fa cham- bre , & lui donnai encore la communion trois fois pendant fa maladie. Dans une éfiifion de cœur très- fenfible, & des plus touchantes., lorfque jetois fcul avec lui ; il demanda à notre Seigneur avec larmes la . grâce de donner fa vie pour lui , s’il revenoit en fanté. .11 me recommanda en même tems ,de tenir fccret ce
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mouvement de ferveur qui lui étoit échapé. Car il avoir grand foin de fuprimer & de cacher tout ce qui pouvoir donner de lui des idées avantageufes. On eut de la peine à lui faire abandonner la récitation de fon Bréviaire , & la leékure de fon nouveau Tefta- ment grec , qu’il portoit toujours fur lui avec quel- ques reliques de o. Benoit , de S. Charles , & de quelques autres fàints. Pour le confoler , je récitois l’office divin à fes côtés , & lui fàifois de tems en tems des leélures de piété. Après lui avoir lu les ad- mirables lettres de M. Dùguet fur le defir de la mort ', & fur les motifs d’une efpérance humble & chré- tienne \ il me pria un jour de prendre fon nouveau Teftament , & de lire le premier chapitre de l’épitre de S. Paul aux Ephéfîens : lorfque' j’eus achevé , il me dit d’un ton qui marquoit fon contentement ; voila l’original ; il eft bien au-deffius de l’éloquence & de la fublimité* des penfées de M. Duguet.
D.T ouftain conferva toute fa ferveur & fon bon fens jufqu’au dernier foupir , qu’il rendit le premllr Juillet 17J4. fans agonie & fans éfort , en bailànt l’image de fon Sauveur expirant fur la croix , à laquelle il étoit lui- même ataché,parla difpofîtion de fon cœur. Il n’é- toit âgé que d’environ 55. ans. Après fa mort on re- marqua fur fon vifàge un air de beauté & de majefté, qu’on n’avoit point aperçu de fon vivant -, quoique fa phyfionomie annonçât la férénité &: la candeur de fon ame. Une mort fi fainte a été le fruit &: la récom- penfe d’unie pureté angelique , d’un amour ardent pour J. C. & pour fon Eglife , a’une ferme confiance dans la feule miféricorde de ce Dieu fait homme pour notre fa- lut.Unatachement inviolable à tous les aevoirs de fon
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PREFACE. fxüi
état , une modeftic aimable » une irçible &: religieufe implicite ; une fincérité vraiment chrédcnne & à l’é- preuve de tout ; une prudence confonunée avec beau- coup de fermeté ; une retenue .admirabk danç. les converlàtions } une piété éclairée , une humilité pôr- 'tée jufqu’à defirer de pafTer pour un homrhe de peu d’efprit 6c digne de mépris : une étude affidue avec beaucoup de pénétration ; une vie toujours férieufe & ocupee de la, leâure 6c de la ptièrc : une grande douceur de mœurs ^ b^ncoup depolitelTe & de patience, malgré un fond de vivacité naturelle : toutes ces grandes parties forment le portrait de D. Touf- tain , dont la mort a excité les regrets , non feule- ment des Savans les plus diftingués, & de toute notre Congrégation ; mais encore de piufieurs Magiftrats infiniment rcfpedables , 6c furtout de Monfeigneur le cardinal Paffionci. Son Eminence a bien voulu prendre part à notre afliéHon , 6c exprimer de la ma- nière la plus énergique 6c la plus noble , la haute idét & l’eflime infinie qu'elle avoir conçjes du mérite de notre vénérable Confrère. ^ '
La belle épitaphe latine, qu’un de fes amis & des miens a compofée ; le peint avec des couleurs fi vives & fi naturelles , que ceux qui font fréquenté , ‘ n’au- ront pas de peine à le reconoitre. Il faut , pour fentir toute l’énergie 6c la délicateflè de cette pièce j être auffi rempli que l’auteur des penfées,&: de l’efprit de fEcriture 6c des faints Pères , donc la leéhire éléve l'ame, en nàême cenis qu’elle fprttie,^'pnrj,fie le coéut-
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D O- ' M
In laudem gloriat gratix fux. '
Hic requUfcit à laboribus fuis
' DOMNUS'CAROLUS-FRANCISCUS TUSTINUS
Fresbyter ù'Monackus BenediSinus Congreg.fanBi Mauri , , ' ‘ Queni' '
Lacrymis magis quant encomüs . . .
Profequi facile :
Quein '
‘ ' • ’ ÏMtidibus aquè ac oBibus > • • • -
-, ' ^ , AJfkqui difficUe : '
Quem
Tatrien p<fl gloriofam confummationem Celebrare tumm efi :
Pojl triumphalem in portu Jlationem > Magnificarf fecurum.
•' • : . HIC
Mundum à tentris j cum de mundo non ejjit , coûtas transfuga deferetu , . . Tenerum innocentie florem,
Thefaumm J utt cui unicè timebat ^ ipfomet exila de Ægypto , . Félix in‘ tuto coUocavit.
In profejfusne fanclâ yfpinas inter mortificaiionis ^eandem excolens ^ Illibatum felicior confervavit.
Jnnumeris àm vireutum augmentis , dante incrementum Deo , ensariens,
’ Felicijftmus exornavit , ctanulavit.
H 1 c
Pra laboris ajjîduitate , in omni feri honefiarum fcientiarum genere Ferfaeiffimus :
Preingenitâ mentis fagacitatejprofundiffunas dificaltatum latebras rinuai SolertiJJimas :
Pra accepté defuper fapitntU menfurâ j aliis loco preefe • ^ Dignifimus:
Pré eximiâ , quam Deus dat parvulis intelligentiâ j 'cw^lio prodefje Potentijfimus :
Laxere nu^is quam lucere, ardere quant fplendere Jluduit ;
, “ • ' Imo luxit inde magis & arjît.
■ . 1 .HIC
Mitiffuni omnium magijbi auditor Jiientiofus , & aSuofus imitator ^ Humiles & tutos vallium , in quibus pinguedo ejî y colles femper incejfit ^ Oifcipuliu mitls & humilis corde.
SaaBifftmi omnium Patriarché fecutus exempta j fpiritum aïïicutus ^ Extra monajlicé difcipUné cancellos numquam excejju j CicnoDiu prudent & fidelis.
Sapientiam
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XXV
tni'um miiqiltrttm, d'iH4 PMntm, C/tmiM Scriptiir^umfilerfer txquirtttt , A fanoTvm formà. verborum ne latum un^m retenu j Theologus doâior quam nocior.
NIC
Sincere , defccata , que ad omnia utilis ejl ,
Pietatis cultor ajjiduus j
Sic modica non fpemere ^ quajl qui ad fonia manum non mijijjit ; Sic graves etiam inter lahores or are , quajl qui id unum ageret:
Sic multis intendere , ut non minor ad Jîngula Jitret.
HIC «
Ordinatijfimâ charitatis igné ;
Quem de excelfo miferat Deus in ojftbus ejus,
Affatim eruditus ,
In fanSuarium , nonniji vocatus à Deo , tamquam Aaron intravit : Ad aras nunquam , nijl diligenter purgatus , accejpe :
Aris nunquam , nijl vehementer accenfus , tdlitit :
Ab aris numquam , niji multo lacrymarum imbre perfufus , difceffic.
Quin
Et extra aras , hojliam fanclam , Deo placentem, corpus fuum exhibent^ Debitum etemo Numini juge facrijùium obtulit ,
Sacerdos non ad horam minijlrans , *
Sacrificus non alienam tantum camem immolons.
Quid plura ;
Sponji & Jponfa , Chrijli fcilicet & Ecclejlé , qelator Jîagranti£îmus ! Hune totus exprejjît j hanc totus deperiit :
Kee nijl de commUnibus utriujque lucris Utari , damnifve dolere fcivit , Homo femper in Domino gaudens r Homp femper pro Ecclefiàgemens.
Non Omni fpiritui credere , (ion circumvenientium fraude feduci ; Non doclrinâ fuâ fallere ^ non alienis erroribus falli:
Non cedere mundi amoribus , non terroribus JleSi :
Non multigenis , quos fuper peccatores pluit Deus y laqueis irretiri: Non propria curare j non aliéna faflidire , non alta fapere potuit Vir oculatijfimus , vir conjlantijjlmus y vir prudentijjimus ,
Vil ipfe fibi viliflimus.
TANDEM
Arduo y abfirufo , magneque molis operi dum defudat ultra vires Scriptoi animofus ,
Immaturos foetus dimittere non tam fuadetur quam cogitur ,
Ipfe Cslo jam macunis :
Et per XL. dierum moUJliJpmam amtudinem y Membrorum hinc compage refohità y Excoclis inde ( quas heu ! nec religiojiora corda vitant) y mimttis fordibus , Pane interea paftus > qui confirmât cor hominis, & oleo unclus , quod exhilarat faciem ;
Tome IL d
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xxvj
Faufium Jihi , eonjunHiJJùno acjîdijjtmo laborum foclo infaujlijjtmum i. Diem fupremum obiit ,
IngreJJùfjue ejl in cbwidantiâ fepulchrum , quaji infertur acervus tricici- In cempore fuo.
ANNO REPAR. SALUT. M. DCCLIV. CALEND. JUL..
ÆtAT. VERi) SUÆ UV.- .
HOC •
Qualecnmque memoris ac grati animi monumentam xter- nz fpeflandi , & defideratifllmi Amici memoriz confecrabar • Fr. Michael Hautement , Profcflus cjufdem , cujus ille , Congregatioais &c Ordixûs Monachiu.
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TABLE
DES SOMMAIRES
CONTENUS DANS CE II. VOLVME.
SUITE DE LA SECONDE PARTIE,
Ou Von continue de donner les éUmens de U Diplomatique, page, i .
SECTION III.
Lettres latines , Ifur origine , leurs formes , leurs tranfmutations t alphabeu généraux : divifmn de nos écritures par claffes , genres , efpèces : révolutions qu'elles ont ejfuyées en divers pais , en diférens fiicles : quels effets & quelles variétés ont produit Us liaifons & con- jonüions des Uttres , Us abréviations des mots ? Ufage des figUs , des notes de Tyron & autres fignes : recherches fur Us nopihres ou chifres^ fur la ponctuation , Us accens , & certaines figures , q(ti entrent dans V écriture J qui lui fervent dt ornement , & qui concourent à déterminer^ le fiicU , auquel elU apartient : principaux avantages ^ qu'on peut tirer (Us matùres traitées dans la préfente feSion. pag. j.
, CHAPITRE PREMIER.
Origine immédiate des Uttres latines ; additions anciennes & nouvettes à V alphabet primitif, réeUes ou fupofées : Uttres tranfportées de Grèce en Italie : ffième de M. U Préfident Bouhier , fur Uur nombre & fur . V ancien état de V alphabet : Uttres de ü empereur Claude : partage des favans fur celles du Roi Chi^eric I : nouveaux éclaircijfemens fur la figure , V ufage , Vorigine, & la valeur de ces caraclères. pag. 8.
Article Premier.
Lettres latines aportées de Grèce en Italie'. Uur nombre cheq Us Grecs & Us Latins : additions anciennes faites à Uur alphabet primitif, p. 9. .
I. Rigine des lettres latines : elles ont palTé de Grèce en Italie. V-/ 11. Rerteinblance ou meme identité des lettres latines les plus
antiques avec les gtèqucs du m«ne âge. UI. Syttèpie de M. le PrcEdecc
dij
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xxviij TABLE
Bouhier fur l’origine des alphabets grec & latin. Ce dernier , félon lui , plus ancien que le Cadméen , dont il ctoit diférent , & (e même que l’attique , fut aporté en Italie par les Pclafges. IV. Continuation du m-me fujet. Nombre des lettres pclalgiques , arriques , latines , Cadméennes, ioniques. V. Ancien fyftème redific : nulle conoiflànce des lettres chez les Grecs Sc chez les Latins avant Cadmus : les uns de les autres ont reçu fon alphabet. VI. Comment l’ancien alphabet des Grecs & des Latins a-t-il pù palier pour n’etre que de feize lettres, » ou de dix-huit au plus î^lL L’alphabet cadmeen , grec & latin ctoit compofe de vingt-deux clémens. VIll. Règles pour difeerner les lettres primitives des lecondaires : ccHes qui furent ajoutées à l’alpha- bet cadméen , en tirent leur origine. IX. Cbangetnens furvenus si quelques lettres de l’ancien alphabet. X. Etat del’alpnabet Latin, depuis près de deux mille ans.
Article II.
Lettres poJUrUurement ajoutées ^ ou qu'on prétend F avoir été à celles de» Latins : vaines tentatives ^ pour en introduire quelques-unes dans leur alphabet : lettres de l'empereur Claude, pag. j 6.
1. Inventeurs ou plutôt redaurateurs & réformateurs des lettres G te K. 1 1. C’eft fans fondement que les lettres P. Q. ont été aeufées dé nouveauté. III. Prétendue invention de l'R ; à quel tems & è quel auteur attribuée î IV. Ufage de l'X. bxé mal-à-propos au fiècle d’Au- gufte : il doit remonter bien plus haut. V. L’Y £f le Z précédèrent de plulieurs fiècles celui d'Augulte. VI. L’F n’eft point une lettte de nou- velle invention : origine du digamma : parallèle de celui des Eoliens & des Latins : leur ufage. Vil. Digamma de Claude , fa ligure , les monumens où il fe trouve , fon emploi , fa duree , fes fuites. VIII. Deux autres lettres inventées par Claude-
Article III.
Lettres inventées par le Roi Chilperic I, leur nombre , leur jigare , leur ufage J leur origine : les favans , les mffl & les imprimés peu d'acord fur ces points : parallèle des mJJ'. & des imprimés : nouveaux éclair- cijjimens fur la forme & la valeur de ces caraSères. pag. 50.
I. Partage des favans fur les lettres de Chilperic : les mlT. te les imprimés de Grégoire de Tours & d’Aimoin de Fleuri ne paroillent pas conformes rientimens de Pafquiet & de VolTius. II. Opinion de Wormius combatue par D. Ruinart. Nouvelles preuves contre lui ; fon lyllème quoique reformé , ne fauroir être admis. Fil. Syftème de M. Eckhart , déleâueux dans prefque toutes fes parties. IV. Senti- mens de MM. Faucher , Duclos & Schoepflin fur les lettres deChiU péric. Furcnr-elles inventées pour la teformation des écritiues fle des livres Tudcfques ? V. Opinion de ceux qui trouvent les lettres de < 'hil- péric dans l’ancien gotnique : tous les fentimens ptopofés jufqu’ici
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DES SOMMAIRES. xxix
noui laifTent dans l’incettitude. VI. Par quels moyens peut-on par- venir à conoître an jufte les lettres de Chiîpcric î V II. V taies figures & valeurs des lettres de ce Prince.
CHAPITRE II.
Lettres nationales ^ lapidaires , métalliques j en relief, en creux , a claire voie : lettres dorées , argentées , bronqées , étaimées , rouges , vertes , & d’autres couleurs : lettres initiales , grifes , ou hijloriées , repré fentant toutes fortes de figures , dt hommes , de quadrupèdes , d’oi/eaux , de poijjbns , de ferpens, de monfires, de fleurs , de fieu- ^ rons , de feuillages , de grotefques : lettres brodées , entrelajfées , poncluées , blafonées , en chaînes , en treillis , en pUafires , en mar- queterie , en gerbe , en chevelure &c. en quel fiècle , en quel pais chacune de ces efpèces eurent-elles cours : quel fut leur commence- • ment & leur durée ? Obfervations hifioriques & critiques fur leurs di- férens ufages & fur divers autres caraSires , qui montrent avec elles une forte cTafinité. pag. 6 y
I. Lettres grèques relativement d la Diplomatique : lettres ephé* fiennes , thraciennes , folutoites , magiques , écléfiaAiques ; caraâères grecs fur les monumens & dans les aâes publics des Latins : lettres grèques atribtiécs aux Gaulois. 11. prétendues lettres gauloifus ; lettres
Icripturales & rabbiniques : noms des lettres hébraïques en France au VI. fiécle, dans les mil. latins : additions aux lettres étrufques : aboli- rion des lettres tuniques dans le Nord : lettres des Francs &; des Bté- tons. 111. Lettres des Itlandois : peut-oq compter fut leur vérité? l’antiquité de leurs caraélères & de leurs mlT. eft-elle fufifamment
eut-oq compter fut leur vérité ?
conllatée l IV. Suplémens de lettres chez les Péruviens , les Mexicains, Virginiens, Camadois iQuipos , leurs divers ufages. Ils étoient bien inferieurs i nos lettres , quoique d'une autorité égale à celle de nos écritures publiques. Roues niétoglyphiques de petites pierres, de grains de mays , en, peinture &c. V. Diverfes fortes de lettres, pour la plu- part nationales ; lettres de forme de cours , de tournure t lettres ooiirgeoifes , aldincs , romaines , bullatiques , impériales , bâtardes £c autres. VI. Lettres folides, en marqueterie , en telief, en broderie,, de pierre , de marbre , d’or , d’argent , de bronze , & autres métaux , ou fur des matières dures. VII. Lettres fur l’ivoire 8c les os : jurif- prudence des Gaulois r examen d’un texte important du Querolus : quel âge peut-on acorder à cette comédie ? Vlll. Lettres écrites , ou peintes fur les briques, les urnes, les amphores, les tombeaux :-re- cette de l’ancre des anciens. iX-i Lettres de liqueurs métalliques -fur le vélin pourpré : velin de couleur de fafran 8c de pavot : commen- cement de l’ecriture fur le velin en pourpre ; fon progrès , fa durée, fa décadence. X. Lettres de liqueurs métalliques , furtout d’or Sc d’argent, écrites fur le vélin 8c le papier blanc. XI. Anciens chryfo- ipapnes , enlumineurs, calligraphes , t.aehygraphes ; l’art de faire des lecties d’or, d’argent , de bronze , de fer 8cc : lettres vemillees ôc
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XXX TABLE
cirées. Xll. Lettres rouges & d’autres couleurs : lettres ronges de- venues blanches par vetulté. XIll. Lettres enclavées , liées , conjointes, monogrammatiques , perlées , initiales &c. XIV . Lettres hiftoriées en forme d’hommes, de quadr^des , d'oifeaux , de poilTôns ; lettres fleu- ronnées , brodées , encrelalTées , blazonées , ornees d’arabefques , de feuillages , de grotefques : lettres à filigranes , en chevelures en mi- niatures &c.
CHAPITRE .III
Vfage des atphatets dans quelques cirémonies ddéfiajüques : compila- teurs d'alphabets étrangers, latins, modernes & (Récritures des derniers Jiècles : coUeâions (R alphabets & de modèles., tirés des anciens marbres, bronzes , mjf diplômes, drejjïs ayant & depuis 1700. pag. 114.
1. Auteurs , qui ont publié quelques alphabets latins .parmi un plus grand nombre d’étrangers : alphabets de Raban , de Ttithème , de Hephutne , de Vigencte , de Van-Helft , de Vulcanius de Bruee, de Nicolas Schmid. 1 1. Continuation du même fiiict. Alphabets «TE- douard Bernard, de M. Bourguet, de Don Velalquez. III. Compi- lateurs d’alphabets & de modèles d’écriture latine des derniers fiècles : Wirlllin , b'anti 8c antres maitres de l’art. IV. Alphabets 8c modèles de Jean-Baptifte Palatino, deToti, de JolTe d’Hond , de le Gagneur, &c. V. Auteurs qui ont compilé des alphabets de mlT. de diplômes 3ç d’autres monumens avant notre fiècle : alphabets 8c modèles de Ha- mon : D. Mabillon juftijfié. VI. Alphabets 8c modèles de Bouteroue 8c de D. Mabillon. VU. Autenrs qui depuis notre fiècle ont recueilli d’anciens alphabets latins , 8c futtout ceux des chanes. Alphabets 8c modèles de D. de Montfeucon , de Hickes , de Heineccius , de Brenc- mann , de D. Huebet , de Schanai , de Duellius. VUI. Alphabets 8c modèles de Scheuchzet, de D. Godfiroi Von-Beflèl , de Bating, de Don Naflare 8c de Don Rodriguez , d’Anderfon , de Walther. IX. Id^ des monumens , fur lefquels doivent être drelTés des alphabets géné- raux ! eoUeékion complété d’alphabets particuliers , inmfifante d’une part , 8c de l’autre impouible. X. Inoonveniens des alphabett par fiècles.
CHAPITRE IV.
Recherches fur la defcendance , la figure , la fortune & les tranfmuta- tions de chacune des vingt-trois lettres de notre alphabet , dans les infcripùons lapidaires & métalliques , les mff. & les diplômes : avec l'art d'en fixer Rage , par la variété des formes , des contours ,& des traits quelles coatraBent de fiècle en fiècle. pag. 145.
1. Conformité des A phéniciens avec les plus anciens A d’Eur^e •.
{principales métamotpholes des A latins ; duree des a a cc dans les mlT. 8c es diplômes. A des écritures alongées 8c des notes de Tyron. H. Obfer- varions fut les figures du b 8c du B 8c fur l’age , qu’elles indiquent ; queue du b curM 8c des autres letues > dont l’élévation efi égale ,
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peoc {«vil i fixer leur antiquité. I 11. r & C meme lettre : C carré anguleux , gothique à pièces détachées : K Q X grec pris pour des C en notes de Tyron : quel ufage peut-on faire des c niinufcuks & cutfift , pour diftinguer les écritures des ficelés 3 IV . Reports entre les principaux D d’europe : origine des D courbe , oncial , minufcule fie curfif : quels moyens fonmiScnt-ils pour conoitre l'age des mlT. fie des chartes , où ils fe trouvent 3 Quand le V s’y eft-ii introduit 3 fes progrès , fon règne. V. Prefque tous les E des Orienuox Se des Occid^taux fe reflêmolent : commencement des E ronds fie fermés : lettre originale d’Yves de Chartres, juftifiée de faux contre le P. Hardouin. E d’Ef- pagne 8c des mlT. e minu&ttle fie curfif. VI. Origine de l'F fie fes cransformarions : elles fervent à fixer l’age de diverfes écritures. VII. Le G prefqae femblable an C , en fut diftit|gué par une virgule : varia- rions de ce trait fervant à fixer i’age des inlcnptions fie des mflT. g des chartes : G des notes de Tyron, Vfll. Origine fie forme de l’H.- ^ur- quoi placée au commencement des noms propres 3 Papebroc réfuté fur la necellité de l’H à la tète de celui de Louis le débonaire. IX. Pour- quoi ri eft-il fi diférent de I primordial 3 Formes diverfifiées de l’I , dans les écritures Se les notes de Tyron : prétendus I grec fie celtibérien :
1 alongé : points fie accens fur l’i J confone fie I voyelle : comment fie pat quels degrés leur difiiaéUon s’efl-elle établie 3 A. Ufage du K : fes lévomrions : fa Forme. Le K commençant le nom de Châtie dans les diplômes du vni*. fiècle, fie le C. dans ceux du ix^. loin de fournir contre eux des moyens de faux , ne doivent pas meme les rendre fuf- peéls. XI. Uniformité des L de divers peuples : variétés des L tyro- niennes ; L fur les médailles égyptiennes fie fyriennes , ou le Lycabas : forme de L des marbres y des mlT. fie des diplômes. XII. Raports de notre M avec celle des autres nations : fa figure dans les notes tyro- niennes : induâions, qu’on peut tiret de fa forme, pour fixer l’age des écritures. XIII. Notre N majufcule fie minufcule, dans le famaritain fie l’éaufque :Tes finîtes dans les notes de Tyron. A-t-elle été ajoutée BU retranchée mal-a-piopos par les copHles des mlT. 3 Origine fie an- âqufcé de l’N , pour exprimer on nom incertain : fes diverfes formes fie iisscInRgemetis. XIV . L’O chez les Orientaux , chez les Ermfqnes , . dans les noces de Tyron r fes tapotts. finguiiers avec le point r diverfité de fes figures. XV. P latin fie .grec anaennement le même : P ryro- niens , oillingués par leur pofinon t feutes da P énoncent leur âge. XVI. Q des diverfes écritures : fupreluon de l’« précédé du Q ; juget de l’age des mfT. fie des diplômes pat la forme de cette lettre. XVIl. Pa- tailèle de nts R avec cellet des autres peuples : R tytonienne âge des anciens monumensindiquépac la diverfitédes fomiesde cette lettre. XV 111. Origine de l’S latine : S tytonienne rfopreffion de l’S : die fe traveftit en Z : rettanchoit-on i ou hi dans l'écriture ; pareequ’on l’ajou. toit à l’S dans la prononciation 3 Petite s finale , quand devenue d’un ufage ordineite ragé des mlT. fir des chartes déterminé par la diférence des S ; elles ptènMRC la forme de beaucoupde caraâères des alph.ibet$ lària fit grec, fie des Ghtficec-ea^es.Xl'X, T en croix chei les peuples
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d’Europe , d’Afie & d’Afrique : T majufcules & minufcules des notes de Tyron : fuprellîon du T : âge des nilT. Sc des chartes reconnu par les diverfes figures de cette lettre. XX. Comparaifon de TV latin avec ceux des autres nations : deux fortes d’U en notes de Tyron : divers ufages des u voyelles ôc confones , ronds , carrés , aigus ; juger par leurs figures de l’age des mlT. des chanes & même des imprimés. XXI. Ori- gine & ulage de l’X latin , X. des notes de tyron & des diférens ficelés. XXll. Pourquoi les notes de Tyron manquent d’Y : antiquité de cette lettre & du point defilis : juger par la figure des y & par l’ufage ou l’omiflion de ce point , de l'antiquité des mlT. & des autres monumens. XXllI. Raports du Z des anciens peuples : Z ryronien : idée des Z des diférens fiècles. XXIV. Conclufion : on peut juger de l’age des mlT. & des diplômes par la forme des lettres qui s'y trouvent employées, Sc pat les autres caraâères , dont ils font révêtus : précautions , dont on doit fe fervir , pour ne pas faire un ulâge téméraire de la figure des lettres.
CHAPITRE V.
Obfervdtions fur Us quatre pLinches alphabétiques des lettres latines ; Uur dijlribution par colones , fériés & fou-feries : leurs fources^ leur ufage, Uur reffembtance , Uur diférence , leurs tranfmutations : caraS'eres dijlinUifs des capitaUs f onciales f minufcules }curfives ^ ôc. page\iO^.
1. Plan des alphabets latins contenus dans ce volume : leurs fources, leur utilité pour déchifrer les écritures antiques , & conoitre les révo- lutions Sc l’age des lettres : lent arangement fyftématique : réponfe aux dificultés , tirées de la rcfiemblance de quelques figures , apartenant i des lettres três-diférentes. II. Caufes des transformations des lettres : infufifance des alphabets jufqu’ici publiés : lettres plus ou moins fu- jettes aux métamorphofes. 111. Idée générale de la planche XX°. com- prenant les caraâères romains , employés dans les inferiptions , pen- dant prés de trois mille ans. IV. Expofiiion détaillée de la première folone de notre XX*. planche, où l’on raporte l’age, la durée , & les traits caraéïérifliques des grandes Sc petites fériés des A , B , C , D , E. V. Colone II'. où l’on trouve les diverfes divifions Sc fou-divifions des F , G , H , I, K, L , M. VI. Age Sc caraâériftiqucs des fériés & Ibu- féries de la 111'. colone , où fe voient les N , O , P , Q j R. VII. Qua- trième colone , où font renfermées les lettres S , T , V , X , Y , Z.
VIII. Planche XXI' : conrrafte de figures alphabétiques , méthode re- jetée : lettres hiftoriées admifes avec téferve : onciales , capitales , go- thiques Sc quelques minufcules ou curfives , diftinguées par fériés.
IX. Parallèle des lettres nationales minufcules Sc curfives des mlT. Par quels élémens de l’alphabet la minufcule fe di(Ungue-t-elle de la ca- pitale & de l’onciale } En quoi confide la diférence & relTemblance des lettres nationales î Obfervations for la planche XXll*. X. Idée de la planche XXllI , contenant les alphabets diplomatiques d’Italie , France, Allemagne , grande Bretagne , Efpagne : leur diftribution par ficelés Sc fériés : avintages qu’on en peut tirer pour 4 diftinûion des
çfpcccs
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efpèces de caraâères , la comparaifon de leurs raports d’opoCtion & •de conformité , leur durée , leurs métamorphofes. ’
CHAPITRE VI. '
* V . .1 . ,
Scietue des écritures antiques j fort aquilon nullement impoÿibU. Au- cune comtradidien n'en fauroit ébranler la tertitude. A-t-elle des moyens généraux pour reconoitre avec ajfurance leur fincérité ou leur ' fupofition ? Raports de dijjèmblance & de conformité des écritures , degrés de variations par où elles pafferent , démontrent leur perpétuité & leur exijlence j rélatrve à chaque nation , comme à chaque Jiècle. I/écriture ahfolument ifolée de celle , qui Vavoifine par les lieux ou par les tems, porte un caraSére de réprobation ^ aujfi formel que f écri- ture enchaînée avec celle , qui la devance ou qui la fuir , eft. évidem- ment marquée au coin de la vérité, pag, 344.
I. Les anciens monumens doivent-ils palTêr pour rufpeéU , i pro- portion de leur antiquité ? Ne leur donne-t-elle pas au contraire une autorité plus grande ? Exiftence aâueUe des prétendues écritures bar- bares avouée : mais leurs liailbns avec de plus anciennes éc de plus re^ tentes , méconnues par le P. Germon. 1 1. Râpons de conformité entre les écritures du meme üéclc St de la meme nation. Diverfité fenfible entre les écritures des divers (iécles & des diverfes nations. On peut diftinguer les lîécles par la forme du caraâère, fans crainte de méprife conlîdérable. 111. Variation, décadence, tranfmutation , renouvelle- ment, fources de lumières, |>ouren bien juger. Petites notices endoilces fur les chartes peuvent contribuer â découvrir, leur âge , leur vérité ou leuriiipofirion. IV. Les barbares devenus maîtres des provinces romaines de l'Occident , en adoptèrent l'écriture : les raports St la diverfité de leurs caraâéves St de.ceiut des Romains en prouvent la cenitude & la fincérité. V. Diplômes mérovingiens & loinbardiques , tous fabriqués par des impofteurs 3 fupofition impolfible : travaux d'Hercule renou- velés par les prétendus faullâites , félon le P. Hardouin , pour ruiner les' anciens monumens firan^ois , lombards , efpagnols. V 1. Inconlé- ouences des lettres des médailles é l'écriture couraïue , & de la fauHêté oe quelques chattes il leur totalité. Vil. L'écriture d'un ou de deux fiécles bien conftatée , on peut delà remonter avec certitude aux plut anciens monumens du meme genre. ImpolTibilité d'une parfaite imita- tion des anciens titres , ou que des pièces foufies de nouvelle fabrique, & données pour très-antiques , ne foient pas reconues pat d'habiles antiquaires, atentifs i fuivte leiirs principes. Vlll. Difcememcnt des anciennes écritures non-feulement polfible,maû réel. Grand nombre «l'ancicru originaux fabriqués, & confervés neanmoins depuis bien des ficelés , fupofition fans vraifemblance. I X. Les vrais principes du dif- cemement des pièces mis i quartier, les autres ou rendus fufpieâs ou in- fufîfans i on fait tomber dans le décri tous les moniiiaent de l’antiqqité. , Objeélion répondue» Dépôts publics , . où l'on a alilleidexpièccs fauÎTes. Tome IL . c
- ,:t_ X jA. ft T " '
C H A..P 1 T R E VII,.
Travaux enfftpris par Us rpodfsmfs-t ppur itctOre la conoiffânee des anciennes écritures. EJl-U pojJihU defixer UfiUU des mjj:& des di- _ plomas, même amm CharUme^ par U coup (T-eM^par. ks püeet. de cemparaifon^ par la forme &Xefpèce 4e leurs dcritufes t par leurs tireonJlaitces & Uars acceÿôires , ^ User combincdfon nci^oquef Jji réunion de tous les moyens de juger ^-elU nécefpùre f Suj^-elie tou- jours ï pag, J74!
1. Diflitiftion «ifée des éaimm aiw:icnn«s^iBC:«6<l^ -P«it\on fixei le.fiède vi Répoufe «1 mMquis li„L’imitaHon «t lfan-
ûenne édinjre pu de* copiAes poÛctieurs , read'telkk &»uion de l’age de plidieurs mlT extrètnement dificüe îPeuMn affignerie ûèele de ceux qui ont plus de mille ans > 111. Coup dœil de l’aimquaire décide ordi- nairement avec fuccès de l’age dev anciennes écritures. IV. Mil. & diplômes ektés fournirent des pièces de comparufon , pour juger de ceux qui ne le font pas^Ces-dates ne doivent pas être admifes fans exa- men. Pu quels fignes s’elTute-t-on de lage des mlT. hébreux. V . Moyens de M. Mafféi , infufifans .pour teconoitre le üccle de réeriturça ceux de Cafley réunis, fervent à le découvrir : ifolés , ils n’y parviennent pas furement. VI. Quels font les moyens diftingués de l’éctitute , pour juger de l’age des ancien»mlT. jXe jilus ou le moins de changemens de lettres, de folécifmes & de barbariOnes, VU. Velin très-mince , lignes tirées , points perçans , alinea, mlT. catéSi.colones.'VUl.,Stiques ou wotfets : divifion des livres faints en chapitres : indices des paflages de l’£ctiture : tang des Evangcliûes cliaogc : S. Luc apelé Lucanus .• ufa« de la vetfionitalique i titre de /a/nt ûmeimé. IX. indices de l’age, des anciennes écfitnres , tirés ■ des citcotdWcs qui ic*. accompagnent ; nonduation verfets , continuité de l’écriture , intervales entte les mots , ^ints fut les i , ancienoeimaiW»tc d’éoriieksoiueun.,;lcs<livres lacrés & lesiadesi X ÀbteviacioBS fmgoUetcs , Cgfes/cgquentes .miiiialcs des mures j;plac»s des conjondions dcilçtues, fignuures , feclames. XI. ^yen» tirés de l’éoficute meme , pour.jugetrde fou âge. Xil.-ElLil impoHiisle dodifcemer auquel des ix. x. xi'.dîèdes .apameanent les a*î. copiéscdepuisi’an Üoo, julqu'en ixco.iMsOTiles fut l’âge des mff. oD B'cn peuc ôcn coaclute. XUl. On ji»e.ae loge dca-mU. «par Jts «haïtes ,-^c de eblui des chartes par lesrmlT.
CIH A P I T R E VJII.- .
, Combien il fut dificiU en tout tems funoae dans, les bas _^cUsj.de .lire les plus anciennes écritures. Cette difictdté amfiatée i depuis i Ki;*i fièelc prouve, f antiquité de leur exijlence. Juconveniens. nés de la .■ npeine y que». auoitèii.dechtfrer ces vieux nwmaaeos.-</irt- d'écrire en ... .emaéunemsipeu tuUné , ignoré du ammupdet^laiques , des >graak
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DES a M:M;'A TR E S. snmr
' mémtt, G ^ti^efbit dis-gouif^fe-. Qudles m fifent tes fitiie» Ceean a.t-H Jamais'erfft d'érre en vigaaa-f Jufqtt*à,quei j>oiu'.s?.^ U mmiatenu dans tout ksfiieUt ? Ritabüffiment desjignai^,.à /ro» portion qae U nomkrt deceast-y qui furent écrire fe rmiltijdia.pt
L Gcandccdificultér (ie<üre le* ancnnnes éctitnns poui^lear contem» por.iins , pki» grande pour lei itècle» pofléheuie n’a é^é-ionnotnéev que long tcfnt aprèr I» renaUTimoe des letttet. Cooféqueneee dr cette ificolte^, par raeoit aux tnC & aux chartes , dont les otigkuna. Ibnc petdur. H. L'arr d'éctire eftimé des Romains : les fenateurs Sd leeeCdare» lecnkiwnt; le* barbare» le négligent , par une fuite de leur m^is pour Icsletttes. llli Roi»rteine$ , empereurs , qui ne raxoienrpaeccnnii' Chademagne ëtok-il de«e nombre ? Aunes rois, princes^ grands , à quiracrd'écnre-fur (Onjoacsineonmi. IV.EdélUfti^acsqai neiaetiienc: pasdcrire-, oaqnimc ctognoient pas ligner. V. EroK41-d'iilàge!de hiire dam Ict-aâes publies St privds tm aveu Iblennel de fon- tucapacitd diëcrirerDiplonNS'difëiens, oàla fignature des rois mënmnmeas ëroic n’ëtoirpa» emploiëe; VL Contnts fans écriture ; on y fiiplée par les insefticaret<, 1er ferment , les duels , les notices. Moines 8s clercs drei&m pieft|ue coHSilesaâes. VU. Eh vert moyens de IMéer aux fignanint , en<fiteeurds ceuxqui ne'&voMne pasécriie.>Seurcnptions pourtdVwmrt fueaux , témoins, croix-, mamueev monogramet avec- des eftampiUésea'lamesen'reiwNnrlieu, Viii, Art d'écrire non rota-’ letnent étranger aux laïques dans ro« les tems : par quels degrés il fc renouvella parmi eux. Un en peur juger par le progrès du récablulèmpac des fignatures. • '■ ’
-n . e H A- ÏM<..T RiÈ -IX. ■
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yérification des écritures r à- quetUs- marques râteneU-m leur vérité tnt leur fcaifprté f ‘Concours de fous les oaraSireSy queiquefirâ , mais pat toujours nécefpùre : fujrériorké de la preuve par éetif fur toutes Ut autres , & notamment fur ceüe par comjraraifon d écriture : reconoif- fance de la figncuure jrarticipe à-cef avantage : incertitude de la jrreuve par comparaifon y fon infufifance y furtout en matière criminelle. Quel- ques difirences entre Us Urieures ne prtntveat point qu'elUs frient dé à^irentes jrerfrnes. QiteUe drilM jrtut-ort fr promettrr*dervérifita- tions d'écriture / A qui cet office apartieru^ , G quelU* dldpent être Us qualités du vérificateur ? Nécejfué du recours aux antiquaires , par raport aux anciennes chartes. Ufrge des pièces de comparaifon : ne point outrer Us jsréjugU coutre. kuvMté eût oMiens titres G des o3es récqns.. Divers moyens pour déeouurir iet artffiaes des.fiofjfritqf^ juf- quk quel point jseue-onyt compter, f Que doitttn conclure de Iqdi- fércnce ou de la conformité de fie'ncre ? jmg. 4}>.
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I» Jttfqu'iifasf^pmMy iaro dikhuéfirox, uti afte doit-i|>(»n« -tredire'i'inftoirB,pes'ta Aro£rmeeinpanbilkédes'Eii(s', foiravec'laiduev À»de oelle-<ù avee (atviatuvaof iDtMsdlieudkH •otcntiqMSÿ'dTdiH
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Twtvj ^ T 'A- ' B t E" ’ '
nairemenf préférables' à celles , fournir Thiftoire. 1 1. Concom^ de tous les caraâèrcs contraires ou tavorables J pour juger delà vérité ou de la faulTeté des aétes anciens :fentitnent de D. JViabtllon mal expofé par quelques auteurs, réduit i fa jnl^e valeur. lll> Force de la preuve par &rit : croît-elle , ou décroît-elle par la mort de fes auteurs ? Parmi les preuves, .celle par comparaifon d'écritures n’a de fa nature, que le dcrrder rang.. IV. Reconoiîrance de l’écrirure, fupérieure à toutes les vérificatians : à quelles conditions admet-on la preuve par comparaifon d’écriture ? Examen des titres diftinguéde leur vérification. V. Partage des JC, fut la preuve par comparaifon d’écritures : fon incertitude , font infuEfance en matière criminelle.. VI. Utilité de l’art de vérifier : juf- qu'où va quelquefois fa certitude. VII. Qui font les vérificateuis ;• quelles doivent être leurs qualités leurs talons. VllI. Js’écefliré d’avoir recours aux antiquaires., ^ur la vérification des écritures antiques.. IX. Contralle de la capacité de l’antiquaire. Si drl’iacapacité du maitrei écrivain, pour juger des ancierts titres. X. Pièces de comparaifon ,. quand inutiles ou néeelfaircs : avec quelles précautions doit-on s’en> fervirîXI..Y a-t>il plus d’aâes faux ou fufpeéls , que de véritables? Quels font ceux dont ou dcùt futtout fe défier 5 L’expert déclaté pour le titre ancien plus croyable que celui j qui le réprouve. XII. Moyens- pour découvrir les artifices des fau/Taires. XllI. Anifices des faullaires relatifs à lacontrefaéhon,par relTemblance d’écriture : moyens emploiés' par les experts, pour difeerner les faulfes écritures des véritaÛes. X 1 V.Di- férences entre les .fignatuies de la même perfone , ne prouvent pas que:
' l’nne ou l’autre , ou toutes les deux foient faulfes : lincérité des ligna •
rures du roi Thierri 111. Si du référendaire Wulfolaecus. XV. Caraélè- res , félon les expeco ,. d’écritures vraies- & fauHês : en font-ils vérita- blement diirinéUfs î Air de l’écriture , leur demiere relTource , rarement décifif.'XVl. Difétence & conformité d’encre : qu’eia peut-on con-, dure fur j’agp des pièces , pour ou contre leur vérité î Uniformité d'encre prouve, qu’une pièce n’eft point decliféreos tems.
C H. A P 1 T. R E X..
-•
Ecritures UttitUi ; 'leurs -notions générales caraSérijliques : leurs difiàtc- . ■ tiens & do>i/îons : Uuf nomenclature , leur deÇcnpàon , leur origine j > ' Uur.aaeiquiléj (eur-iufage ét. leurs, révolutions, pag. 479.,_
A. R. T 1 c i E 1.
Oioifiens &■ notions générales des écritures ■; leur defcenddnce : matières .. •\;a\ ' fpécialement deflinées k -la majufiùle , là minufiule & la -■Al V» V.. vn,..,',., - emtfive. pag.
-• - •
I. Panage des favans fur l'unité & la multiplicité de l’écriture ro- maine-: c^k<les tnanuicrits & des diplômes traitée-de barbare an xv*. . Çàde : divifion/des écritures .avant D.Mabillon : fan fyftème combat» ê py^M^Mafféi.; le» 4à>ginûiatj»iia, dw- ccôtaie» nationales duiveM.-.-
DES SOMMAIRES. xxrcvij
idlës être banies du langage î 11. DiviCoii des écritures en majufcule , minufcule , curfive & mixte, propoféc par M. MàfTéi. Eft-elle récevable & fans ineonvenient J 111. Divifion des écritures en lapidaire & mé- tallique , en écriture des mlT. & en celle des diplômes. Inconveniens des autres divifions dans l’exécution de cet ouvrage. IV . Quelles font en général les écritures majufcules , minufcules , curfives & mixtes > Leurs vraies & faulîès notions. V. Comment font nées les dîférentes écritures : leurs qualités elTèntielles & accidentelles, fervant à produire fie à diftingner leurs genres fit leurs efpèces. VI. Quel ufage fir-on des écritures , fit fur quelles matières les employa-t-on î Julqn’à ouel point fie à quel tems furent-elles reçues fur les matières , qui ne leur étoient pas fl particulièrement réfervees î
Article II.
Notions diJUn3ives & caradérijliques des diverfes fortes tf écritures ma- ju feules : leur nomenclature , leurs définitions & deferiptions ;■ leur état y leur ufage dans les inferiptions y Us mjf. & les autres monu- mens. pag. 497.
S. h
Capitali antique & moderne : fes principales efpeees. /«.49 s.
I. Quelle eft l’écriture capitale î Source de fes genres fit de fes efpèces. II. Divifion, nomenclature ^ fit defeription des diverfes écritures- capicalcs.
«.II.
Eeritare onciale, pag. yotf.'
r. Quelle eft l’écriture onciale : difere-t- elle de la capitale } II. Ecri- rnre onciale confondue avec les autres .* noms qui lui ont été donnés : fes efpèces. 111. Quelle étoh l’onciale de S. Jerôme , félon Calley M Cet auteur a-t-il. eu raifon de nier l'exiftence de cette écriture.} IV^. Ufage de l'écriture onciale : fa durée fit fa fin. .
Article 111.
Etat de t écriture majufèuU y confiderée dans fes principaux genres-, depuis Us premiers tems y jufqu^à la renaifiance des BelUsAettres y au XV. fiècU. Coup d’ail des révolutions de. toutes Us écritures latines, pag. 514.
I. Hiftoire de l’écriture antique des Romains ; deux fortes d’écritures majufcules ou capitales du fiècle d’Augufte , l’ancienne fit la nouvelle : monumenrde la première ; elle fe divife en irrégulière fit ruftiqufl : en r&uliète fit polie.' 1 1. Quelle étoit la double épiture ancienne ; - perpewté de la ruftique. 111. Ecriture capitale ruftique, ou plus fim- ple fit négligée , employée dans les mfT. IV . Belle capitale , fa forme , fes commencemens , fes principales efpèces , durant te haut , bas fie moyen empire : préfages de fa chute. V . Décadence de toutes les ef- pèces der capitales romaines. VL Coup_ d’œil des révolutions de toutes-' Irii ioinues latines.- . ^
-xxxviij
TABLE
CHAPITRE XI.
Ecritttres gravées, empreintes, tracées <m peintes fur les métaux. Ut marbres , Us pierres, t ivoire , les vafes de terre ou de vent ,
Us briques , la cire &c. pag. 5jj.
I. Néc«flité de tcûrer det écritures métalliques & lapidaires. IL Aâes publics ^ particuliers fut les marbres & les métaux : infcriptione «nvifagées comme des archives publiques : néceUitc de les biui consi- tte^ pour en faire le difcememenc.
Article I.
Ecritures capitaUs lapidaires & métalliques , fans mélange de Uttres onciaUs , minufcules & curfives x première Divijîon. Ecriture étrufque p-éeurfive de la romaine antique .* pUuuhes XXIV. xxv. XXvi,- XX vu. expliquées. p. 557.
«. L
Ecritures primitives des Etrufques , Latins & Romains. Explication de la planche XXIV, où font renfermés Us premier , fécond , treÿîè- me & quatrième genres de la première claffe , & delà premUrt di- , vijîon des écritures lapidaires & métalliques, pag. 558.
1. Ecritnte primitive des Etrufqnes , ou Tofcans , mère de la romaine. 11. Ecriture latine antique dérivée de l’étrufque. III. Ecriture ruftique née de la plus ancienne des Latins. IV. Ecriture à traits arondis parles i>outs. V. Ecriture inclinée en divers fens.
S. I I.
Explication delà planche X XV . renfermant Us cinq ,Jbe & feptiéme gtnreu des écritures latines , tirées des marbres , des piares-, dex métaux, 6c pag, f6s,
I. Eaiture élégante , dilHnguée pat les bafes & les fommets de Tes caraâères. H. Ecnn^ en petites capitales i bafes Sc fommets. III. Ecri- ture capitale ordinaire , dont les bafes & fommets nailTent dn coips dn lettres. IV. Ecriture- i trian^, coins & angles faiJlans & retRtans.
ç. 1 1 1.
ExpUcation de la planche XXVI. pag, ftf.
K Bcritnt^ètraits làperflus , brifés , en (orme de cornes dcc. U. Ectî. nse capitale à traats^ obliques dxcedens & courbes.
«. IV. .
Elanché'e XXvii. expliquée, pag. 594.
E Bvritutb ntëlét!-de iemet , donr lès jambages , les traverios 6t lev ' bifetf oudes fommets paroilTeni coocbes. 11. Ecrictuc en putes ktoes capitales . conjointes &: enclavées.
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P .E s -S O M M A m E S. xxi^K
' A k T I c :i E 11.
' Ecritures apitoies miUes de lettres oaciaUs ,,mmifcHUsj -mjfives.t renverfies ; de lettres grèques é* barbares. Seconde dtvijion. Explica- tion des pUxnchesvingt-JuùtyVingt-neuf, trente & trente-unie me. p. 607.
- • ■ «, I.
Planche yingt-hukiéme contenant le premier St jècond,genre des écritures capitales mélangées, pag. 608.
’I.-MêI#nge d’écriture onciale avec U capitale. II. Ecritiues capitales -«iêWearie lettre* minufcoles.
4- U.
.Ecriture curfive che\ les anciens Romains , confiatée par les infcriptions ;
' planche vingt-neuf, renfermant les trois ^ quatre , cinq & -fixième genres de la fécondé cUvfion. pag. (Su.
I. Ecritoie majuTcule, lapidaire & métallique, mêlée de cur^ve : , infcription* totalemenr.«n ce cataâire. ll. Ecrinice toucnée-dans des fens contraires d Tapolition naturelle. III. Ecriture irr^aliète dansia ' forme , ou la poficioa de fes lettres. IV. Ecriture ^mélaugée de letcies grèques & latines.
S. III.
Ecritures capitales mêlées de lettres réputées barbares ^;hétérocUtes , grèques y .enclavées , conjointes &c. Explication de la planche XXX ^ . renfermant les feptième & huitième genres de la fécondé divifton.p. 641.
I. Ecriture nielee de lettres eftimécs barbares. II. Ecritures encla- vées , coojointes , irrégulièseirienc cUrpofées , hétéroclites &c.
' ■ S. IV.
Mélanges des lettres oaciaies, tninufcules ^’cur/îves , avec les capitales enclavées & conjointes. ExpUtatian de la planche XXXI. contenant le IX'. genre de la fenoade Dùtjfitm.çPfg.
1. Ecritures enclavm»;tt3(SMV>.4iifcl*^ lettres onciales. II. EcrU- mies enclavées, ft miili'i ridniifnilr- & cuihves.
ifc 111.
Ecriture gothique modernè-i^f^iaittions , fon origine , fes commen- cement, fon progrès^ fa duéle fes genres & fes efpèces. J il*. Di- vifion de la claff: des écritures lapidaires & métalliques, p. 6 I. Quel efi le caraâère gothique, &.d'où lui vient cette dénomi- uation } Ses commencemens. 1 1. Comment le gothique moderne s’eft- - il formé ; Sources diverfes de ce caraâère. III. Progrès , diftinâions, . ufage, durée, &. abolition du gothique majufcule & minttfcule. ■
S. 1.
Gothique métallique & lapidaire en forme majufcule. Explication delà ' planche xxxii'. où font repréfentés les cinq premifrs ggtires dé Ida des éeriairts eapitaies. pag. .6C6,.
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xl TABLE DES SOMMAIRES!
I. Commencement du gothique modetme. 1 1. Progrès de cette écn- ture. III. Ecnture capitale i demi-^othiaue. 1 V. bcntures capitales > où le gothiqae.eft domiftAHt. V. Capirate parement gothique.
i. II-
Suite de lapremiire Subdivijion des dentures gothiques : explication de la partie de la planche xzxiii. où font renfermas les VI, ^ vil*, genres du gothique majufiule, pag,
L Ecritare capitale gothique malEve. 1 1. Ecritote gothique .capitale ineguliere , ou plus barbare. 111. Ecriture gothique , .melce de lettres maj^cules K tmnufcules.
— <■ III.
' Gothique mintfcule ^ & outra icritura contemporaines , lapidaires St métalliques, ü'. Subdtvijion, Explication de la fécondé partie de la planche xxxiti. pag, 68^7
I. Ecriture en pur petit roroaio. II. Ecriture en petit lotnain, melie ^le majufcules & de.cutfives. III. Ecriture minufcule , mélangée de gothique. IV. Ecriture minufcule à demi-gothique. V,. Ecrinue nù- nufcule purement gothique.
’ " TABLE
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TA BLE
DES PLANCHES DU TOME IL
Planche XVII. repréléntant l’écriture lombardique marquetée , la vifigothique capitale ornée de fleurons , la franco-gallique ou mérovingienne de lettres capitales en broderie à filigranes , avec un alphabet de lettrines brodées de la meme écriture. Page 88.
Planche XVIII. contenant un modèle d’écriture faxone en grandes lettres dracontines , mélangées de capitales*, d’onciales , de demi-onciales & de curûves j avec aeux al- phabets Taxons j l’un de lettres initiales ferpentines , tirant fur l’écriture curfive ; l’autre de lettres initiales , capitales , onciales , demi-onciales , perlées , dorées , argentées
pag. 114.
Planche XIX. Alphabets de lettres à figures d’hommes , de quadrupèdes , d’oifeaux ; de poiffons , de ferpens , de fleurs , de fleurons &cc. tirés des anciens mfT. p. lao.
Planche XX. Alphabet général des lettres latines , tirées des. ombres , des tables de bronze , des .médailles , des fceaux & . autres madères dures , depuis la fondation de Rome ou environ , juTqu’au xvi®. uècle dè' l’cre. chré- denne, ' v; j ; - '•‘’pàg. 312.
•\'*l <■ ■'» - *
Planche XXI. Alphabet général des lettres capitales , on- ciales ,'ihaju(cules gothiques des manufcrits ,^àvec quelques caraâèrès minufcules & cûrûfsV furtout "de ceux qui Te gliA foient'^ciénnement dans récricâre onciale j pag. 332^
t-" 1 f •
Pl^cl^ ^X ^1,1. Alpfiabçt général, [des lettres latines Tonte ai ■/
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xlij -• DES. PLANCHES. minu(^es & curfives avec quelques onciales , depuis les premiers ficelés , jufqu’au xvi i®. toutes tirées rcfpeétivemenc des nilT. romaios , îombardiques , wifigochiques , iâxons , gallicans , mérovingiens , allemans , carlovingiens , capétiens & gotlwques , — - pag.
Planche' XXIII. Parallèle a^habéti<^e des lettres majuf- cules , minufcules 8r curfives des nations d'Europe du rit latin . propres de leurs diplomes ou chartes ,.diftribuées pat nombres correfpondans & par ficelés, depuis fe iv*.' jufqu’au XVII®. ou alphabets généraux des lettres curfives d’Itdie , de France , d’Allemagne , de la grande Brétagne & d’Efi- pagne, pag. 340.
Planche XXIV. Ecricutes primitives des Etrufques , La- t'ms & Romains. Première clafTe , où font renfermées les écritures latines lapidaires , métalliques &c. i. 1 1. 1 1 1. IV®. genres avec leurs. foudivifions , pag. 539,
Planche XXV. Ecritures latines ou romaines , renfermant les V. VI. & vil®. genres de la première divifion des capi- tales , fans aucun mélange d’onciales , de minufcules , Sc de curfives ; tirées des maires , des bronzes Sc des médailles &c. pag. j6i.
Planche XXVL Suite de la première claflb des écritures lapidaires Sc métalliques 6cc. où fe trouvent renfermées les diverfes efpèces du vi 1 1®. genre de capitales à traits excé- dons âcfupetflos, pag.
Planche XXVU. Genres ix. & x. de la première divi- fiqn des écritures lapidaires & métalliques , ou font renfer- mées les infcflptions en' pures capitales , extraordinairement courbées , enclavées, Sc conjointes, pag. 594.
Planche XXVIII. Seconde divifion de la. clafTe des écri- tures lapidaires & métalliques SCc. renfermant le i. &le ii. genre des lettre; capitales, mêlées d’onciales Sc de minuf' cules , ' ' pag. tfo8‘.
Planche XXIX. Genres ni. iv. v. vjT. de U fécondé
TABLE DES PLANCHES. xliij Divifion des écritures lapidaires & métalliques , contenant des infcripcions mélangées de lettres curfives , renvetfées , couchées , tranfpofées, irrégulières , grcques, pag. 6it.
Planche XXX. Genres vi i. & vi 1 1. de la fécondé di- vifion des écritures lapidaires & métalliques , où font com- prifes diverfes infcriptions en capitales , mêlées de lettres barbares , hétéroclites , grcques ; enclavées , conjointes , ir- régulièrement difpofées. pag. 641.
Planche XXXI. Suite de la première clalTe des écritures lapidaires & métalliques , contenant le ix*. genre de la fé- condé divifion , où l’on voit les mélanges des lettres onciales, minufcules &c curfives , avec les capitales enclavées & con- jointes , pag. ^ J a.
»
Planche XXXII. Troificme divifion des écritures lapi- daires & métalliques , contenant les cinq premiers genres de majufcules gothiques modernes , où l’on repréfente le commencement , le progtès Sc le règne de ces caraâères ,
pag. 667.
Planche XXXIII. Suite de la première fubdivifion des écritures gothiques , contenant les plus malfives , irrégulières &: mélangées , tirées des métaux 6c des marbres, ii*^. Sub- divifion renfermant la minufcule gothique & les autres con- temporaines , lapidaires , métalliques 6cc. p. 68a.
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CiuJferic a/imir ^tutin a l <iif*ntihfi l*ihn Cr^. Tm^^-
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NOUVEAU TRAITÉ
DIPLOMATIQUE.
SUITE DE LA SECONDE PARTIE ,
Où l’on continue de donner Us éUmens de cetteS cience,
Ous avons fini le précédent volume , en remontant aux fources , d’où les lettres font émanées : nous les avons vu le partager en divers canaux , & le répandre d’abord lùr les contrées les plus proches de leur origine. Nous alons voir dans celui-ci les progrès , qu’elles ont faits vers l’Occident , comment elles en ont renouvelé toute la face , combien elles s’y font multipliées. Oublions toutes les écrimres du monde , pour nous ocuper de celles Tome U. A
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s NOUVEAU- TRAFTÉ:
d’Europe. Atachons-nous particulièrement aux Latinei : ellèt. nous font propres , & nous intérelTent par une infinité d’en- droits.. Suivons les depuis leur naiffance jufqu’à nos jours , fous toutes, les formes , qu’elles ont prifes , dans toutes les - révolutions, qu’elles ont éprouvées : nous ferons dédomagés- des travaux inconcevables , où il a falu nous eng^er , pour débrouiller ce calios ; fi le Public en recueille des fruits , qui aient quelque proportion avec nos peines. Sans parler de bien d’autres avantages , qui fe feront fentir dans la fuite ; le génie des écritures-, & la figure des lettres ne feront pas d’un petit fecours , pour découvrir le.tems de la plupart des manufcrits. . L’utilité des obfervations , qui fixent l’age des écritures par leurs caraébcres fpécifiques^, éclate encore plus à l’^ard de cer- tains ficelés , où il étoit rare , que les dates ftifT^ apofées- aux chartes. .Mais , quand il s’agit de pi^cs fauflèis ou fufpeéfes^ . c’eft alors fur-tout que le caraûère des écritures, avec toutes, fes circonftances , fournit à la critique les armes les plus vio- oorieufèst
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1
DE DIPLOMATIQUE: f
II. PARTIE.
SfcT. ni.
SECTION III.
Lettres Latines , leur origine , leurs formes , leurs tranfmutations : alphabets généraux : divifon de nos écritures par cl^es y genres , ejpèces : révolu- lions quelles ont effuyées en divers pais , en difé- rensjiècles : quels effets & quelles variétés ont produit les liaijons & conjonaions des lettres , les abréviations des mots ? Ufage des fgles , des notes de Tyron & autres Jignes : recherches Jiir les nombres ou chifres y fur la ponSuation , les accent & certaines figures , qui entrent dans l'écriture , qui lui fervent d’ornement , & qui concourent k ■ déterminer le fiècle , auquel elle apartient : prin- cipaux avantages , qu on peut tirer des matières traitées dans la préfente Jeclioa,
Ne laifTons pas tout-à-falc en (ufpens l’efiirlt du leâeor fur les détails , auxquels il faudra (e prêter touchant l’origine , la forme , & les tranfmutations des lettres. Ces claffes , ces genres, ces efpcces d’écritures , qui vont l’ocuper dans la fedion , où nous entrons , lui pré- lenteront des images & des fyftcmes d’un goût & d’un en- chaînement fi nouveau ; qu’il pouroit croire n’avoir rien vu de pareil dans les monumens antiques : quoique tout notre travail en ce genre fè réduife à les copier avec choix ,& à les ranger avec ordre. Peutctre meme ferok-il plus étoné , que fatisfah d’un fi grand apareil de planches & de recher- ches ; s’il en ignoroit l’ufage , 6c s’il ne voyoit pas , de quelle importance il eft , qu’il ait fur toutes ces chofes des idées
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II. PARTIE St CT. III.
4 NOUVEAU TRAITÉ-
nettes & des conoifTances exaftes. On fe livre avec phis dd confiance à une leûure , dont l’utilité nous eft connue.
En attendant des éclaircifTemens plus aprofondis, réfervés pour les endroits mcines, où nos anciennes écritures feront dé- velopées mifes fous les yeux du Public : nous devons fpé- cialement lui rendre compre des raifons, pour lefquelles , au lieu de fuivre l’ordre des tems , dans l’arangement de nos modèles ; nous paroifTons nous atacher à des fyUcmes , dont le feul nom femble devoir aujourdui mettre en garde tout le monde contre l’erreur ou contre l’illufion.
Notre ouvrage réimit deux méthodes , la fynthétique &: l’analytique. Celle-cî^îon vient particulièrement à nos derniers tomes. En y rapelant les formules des aftes à certains chefs ; on ne laiflera pas de procéder à bien des égards , félon les règles de l’analyfe. La diplomatique pour lors devenue hif- torique , fera nécelTairemenr alfujettie à l’ordre dcs tcms. Il n’en ell pas ainfi de la diplomatique élémentaire , qui fera le fujet du préfent volume & du fuivant , comme elle l’a déjà fait du premier. Elle doit principalement être guidée par l’autre méthode , qui n’eft point ennemie des fylièmes bien entendus. 11 eft de fon efl'ence d’envifager le tout ;. avant que de s’ocuper de fes parties , d’arcter fes regards fur l’arbfe en- tier, avant que de les porter (ucceflTivement fur fes branches,. & d'en examiner jufqu’aux derniers rameaux. Ce n’eft qu'en ce fens, qu’on peut attendre de nous des fyftèmey. Donner en fait d’écritures de l’ordre à des modes , à des manières ; des Vues^ générales defeendre aux paniculières ; du grôs pa(^ fer au détail ; voilà quelle eft notre façon de bâtir des fyC- cèmes. Sous ce point de vue , ils n’ont rien que de très- innocent.
Il n’en eft pas des fyftèmes de littérature , comme de ceux, de phyfique. On ne peut manquer de s’égarer dès qu’on, veut pénétrer le fecret de la nature , dont Ibn auteur s’eft. rélérvé la conoiftance. Mais réduire une fcience en fyftcme c’eft en faciliter l’étude à ceux , qui prétendent s’y rendre habiles. La phyfic^e meme , quand elle fait fe borner à des fyftèmes de dénombremens, à conftater l’état des erres., leurs qualités , leur utilité, leurs raports : loin de travailler en vain four cette vie périftable j peut fervir avancageulëxnenc ai^
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I
DE DIPLOMATIQUE/ f
feul folide & vrai bonheur de l’homme. Elle fournit des armes à la Religion , fait admirer la fagelTe du Créateur dans fes ouvrages , excite dans un cœur chrétien les plus vifs tranfports de refpcél , de reconoiflance &: d’amour, pour cette Majefté bienfaifante , qui fe fait fentir de toutes pans, & dont les perfeélions infinies font peintes jufquc dans les plus foibles produdions de la nature. Si les fyftèmes & les hypothèfes memes de phyfique ocafionoient des fentimens fi purs ; ne feroit-il pas jufte de fe réconcilier avec les uns &c les autres ? Quand les fyllcmes ne meneroient pas fi direc- tement à Dieu : ne fufiroit-il pas qu’ils lui fuflent raportés pat amour , pour être irrépréhenlibles : puifqu’on ne fauroit rien lui raporter de mauvais î
Mais fans infifter fur la fin des fyftcmes ; à ne les confidé- rer , que du côté des moyens les plus propres à faciliter l’a- quilition des Iciences : n’a-t-on pas réduit avec grand fiicccs les animaux , les végétaux , les minéraux en dalles , genres , fou-genres, efpcces ? Quoiqu’on n’ait pas encore ateint à cette précilion , capable de fixer la Cngularité &c la bifarerie de certains êtres, qui, le refulènt opimatrément auxafibeiations, auxquelles on voudroit les agréger : les fyftcmes plus ingé- nieux les uns que les autres , inventés, pour tout aftujétir à des dénombremens Icientific^ues , ne laiüent pas d’avoir leut mérite. Leur utilité fe manifefte à proportion qu’ils apla- niftent plus de dificultés , qu’ils fervent a mettre plus d’or- dre, & d’enchaînement dans nos idées. Si foqs cq coup d’œil on, peut; rédqirç en fyftcme certaines portions des ouvrages ou Créateur ;'on pputà plni forte raifon y foumettre ceux de^,créacures , les diylfer , les fubdivifer , en décrire .les ufa- ges , les goûts, les modes , conformément au génie de? di- vefrs.fièdcs Sc des diférentes n^om. Ce que l’on peut en géqéral, par report 4ux fcîer»çe$&. aux, arts ,.on le peut en particulier par tapott i' celui d’écrire. Il n’en eft point ^ qui ait .porté plus loin la yariété , qui ait plus fouvent diangé, de forme , qui ak éprouvé plus de viciftitudes. Quelques tra-t vaux que, de trcs-habiles gens aient entrepris en genre ÿ tout refte encore a faire du côté de la. méthode. Ce font dei^ matériaux épars , qu’il faut ralTemblet , pour^en cqnftruirc ^ édifice,. où règne l’ordre , la fymmécrie Sc l’unité»
II. partie,
SsCT lil,
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Il Partie.
«ICT. III.
t NÔTTVËAlT TRAltÊ
Parmi les diftributions diverfes , dont il efl ftifceptîble ; nous donnons la préférence à celle , dont l’enfeinble réunie plus de limplicité 6c de noblefl'e avec plus de coniodités. On aime mieux tâcher de mettre les clafles des écritures dans un bel ordre , que de les ramener à des idées trop fyftémati- ques. Rien de plus fimple , rien de moins afeûé , que la dit tribution de nos écritures. Les marbres & les bronzes d’une
{>art , les manuferits de l’autre , enfin les aétes & les diplômes es diviiènt ,en autant de clafles. Ce font comme les trois régnés de la nature , où fe trouve renfermé tout ce qui vé- gète , tout ce qui vit , 6c tout ce qui refpire. Ces grands ob- jets fixenr tout d’un coup les idées , fe laiffent faifir fans éfort, gravent dans la mémoire des traces profondes 6c prefqu’iné- taçables.
La diftributlon des écritures en majufculcs , minufcules 6£ curfives n’a rien de fi faillant. D’ailleurs chacune d’cntr’elles (c réproduit Ibuvent fiir les marbres 6c les bronzes , dans les manuferits , dans les diplômes. On les voit toutes concourir* plus d’une fois dans la meme pièce , dans la meme page. A s’en tenir à cette diftribution ; le paflage feroit fréquent des marbres aux manuferits , 6c des diplômes aux bronzes. De-lk naitroit la confiifioti 6c le défordre dans les idées : au lieu ^u’en fiiivant notre méthode , tout eft à la place, tout favo- rife les opérations de la mémoire. Nous commençons donc par les écritures lapidaires 6c métalliques , nous continuons par celles des manuferits , nous finilTons par celles des char- tes. Leurs mélanges enfrntent des fubdivifions , comme leurs difërcnces produiTcnt des genres 6c des efpoccs.
Que tout y foit réglé fiir la nature des choies ; fans que jamais il s’y glifle rien d’arbitraire : on ne doit pas l’exiger en rigueur , nous n’olbns pas meme l’elpércr. Il eft allêz di- ficile de réduire en méthode des ufages , où le caprice des nations 6c des particuliers eut tant de part ^ fans laiffer rien échaper, qui s’en reflente. Les produftions de la nature, toutes formées 6c difpofées qu’elles font par une fagefle fuprème , n’ont pu jufqu’à ce jour être expofées fyftematiguement fans mclai^e de vues 6c de divifions' arbitraires. Si c’eft ua défaut dans la defeription des êtres créés 6c ordonés avec «me de poids 6c de mefure j U eft aftlirémeac fore -léger , s’il
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DE DIPLOMATTQ'ÛE. ?7. _
•n’eft pas nul , dans un fyftème -de modâ , d« tàsa&èm àc *J
de rapoits , auxquels le halârd phxcôt qu’ùuaîn defleinipr^- n. p'autie. médité lêitible aroir donné nailtance. 'Mais quand meme ce i ii.
feroit un vrai défaut , il éft .peucccie nécelTaire ,* il eft au moins racheté par des avantages 'tnen réels. Quand-ce défaut devroit être mis uniquemenc fur notre conque j tout lefûc- -cès pofühle , du côté de la précifion , -fùt-il ordinairement le prix d’un premier-coup d’elTai i Combien moins le pouroit- il être dans tme matière fi vafbe & il dificile ? Le grand ob- jet eft de la traiter avec méthode. L’a-t-on trouvée cette mé- " chode ? Quelque imparfaite qu’elle foit fiipofëe , on a couché &u but. D’autres moins ocupés{x>uront4a.porcec au degré de perfeftion , dont elle eft -fulceptiHe.
Quoiqu’il en foie : les caraétères diftinâifii les plus irapans n’étant pas toujours les plus généraux ; leur dîfcertiemeht a dû nous donner beaucoup d’exercice , & h’a pu être fc réful- tat , que d’une longue fuite de combinaifims. ,
Mais quel fera le fruit des détails , où nous nous enga- geons fur les lettres , fur les écritures Sc tant d’autres objets î Ce fera de favoir aprécier les antiques , de juger fainement de Page des anciennes inlcripcions , des manuferits & des chartes fims dares , de rendre homage au Vtai , dès qu’il fe préfente , de réprouver le faux avec conoifiàace de caufê , de banir les critic^ues téméraires & fuperficielles , de laper le pyrrhonifme hiftooqae par les fondetnéns de former des antiquaires. Quoique tooeea les parties de notre ouvrage ceucottient à ces 6as ;t! n’en eft aücuDè qtd puift en fournir des moyens plus fûrs& plus multipliés ^quela^âipn préfente; s’il efft poilue d’y traiter tour cb qu’elle anonce^ans letâne.
Le détartl de la feiraae des teores , les diverfês lottes dlé- critures , les abréviations [éosou mém nombmtfes, lêicmia diverficé des fiècles & la nature des ouvrages , Pédat des obi- fres anciens , l’incrûdoâion des* nouveaux , la figure éts points, leur omiinon , leur qfk^ plus ou moins étendu , ;ta difttnéhon des mots , les oorreaieos fiâtes en divers temsatUc manuferits & une mifinité d’autres obfervations n’aaiDicBOt pu manquer de répandre de grandes lumières fin: un fujsc aufli intére&nc <£ tout neuf ; s’il eût été n!unié par
des hommes , dantle tbeoe du génie , la multiplicité des
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II. PARTIE. Sic T. III.
* .NOUVEAU TRAITÉ
talens & la variété des conoi/Tances euflent eu quelque pro- porcioD avec fon étendue & fa profondeur. Mais s’il ne nous eft pas donné de réullir fur tant de matières réunies ; du moins ell-il de notre devoir de vifer làns cefle à ce but. Une entreprife d’ailleurs aufli vafte que la notre , envifagée dans là totalité , ne permet pas de franchir les bornes étroires , où chacune de fes parties doivent être reflerrées. Nous ne lailTe- Tons cependant pas de nous étendre alTez , pour ceux , qui n’exigent pas toujours , que tout foit épuité..
CHAPITRE PREMIER.
Origine immédiate des lettres latines : additions anr ciennes & nouvelles à V alphabet primitif ^ réelles ou fupofées : lettres tranfportées de Grèce en Italie : fyjlème de M. le Préjident Bouhier fur leur nom- bre & fur l'ancien état de l’alphabet : lettres de l’em- pereur Claude : partage des favans fur celles du Roi Chilperic I : nouveaux écUircijfemens fur la f- gure y tufage , & la valeur de ces caraBères.
SI les lettres latines doivent leur nailTance aux caraâères orientaux ; elles l’ont fucceffivement donnée à ceux de prefque cous les Peuples d’Eutope. François , Allemans , Po- îonois , Efpagnok , Anglois , Danois , Suédois , Italiens , nous n’employons point de lettres diférentes. Nos écritures communes & nationales reconoiffent toutes le même principe, toutes anoncent le même génie , toutes portent la même forme & la même figure. Parmi les Européens , chez qui les lettres latines font en ufage ; ceux-ci n’en ont jamais eu d’au- tres : ceux-là les ont adoptées , au préjudice de celles , qui leur étoient propres : tous y font revenus plus d’une fois , après s’en être écartés en diverfes manières. Ce ne font point feulement nos capitales, que nous tenons des Romains ; nous ne leur fommes pas moins redevables de nos écritures mi- nufcules & curflvés , fous quelques formes ic dénominations
qu’elles
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DË DIPLOMATIQUE-, 9
tpi’elles foient connues. Apres des aveux fi précis , les fages Italiens peuvent-ils envier à Charlemagne rhonneur de leur avoir rendu leur belle écriture , qu’ils avoient comme nous , & peutêtre plus que nous perdue en la défigurant ? Il ne doit point leur paroitre honteux de tenir quelque chofe des Fran- çois ; fi nous ne devons pas rougir d’avoir tant reçu d’eux.
Article Premier.
Lettres Latines aponies de Grèce en Italie : leur nombre che^ les Grecs If les Latins : additions anciennes faites à leur alphabet primitif.
I. A N E confidérer, que les raports généraux des caraûcres Xa. Phéniciens , Ettufques , Latins , fie le commerce des Sidoniens fie des Tyriens oans la Méditerranée ; rien n’em-
Scche de croire , qu’ils ont eux-mêmes porté la conoilTance e leurs lettres en Italie, Mais les ( 1 } premières colonies
( I ) Fond^ Tur les témmgnages des an- cteas , M. Goti dans les Prolteomènes de Too Uufium Esrmftmm p. L. écablic comme nn fait coadaiR , que les premiers ,‘qui oeopereoe l'Iralie^ Aufones ou Aura nets , Pélarges , Arcadiens, Oeaotriens <i Tpr- thdnkns , dtoient Tortis de la Grèce. Sur- qaoi il renvoie à une DilTercacion f * J de Théodore Ride , qu’on lâic avoir pris on parti fort difèrtnede celui de (i) Clavier , anfujee des premiers habluos de l'Italie. Notre habile Antiquaire reproche i Ta- cite d'avoir fait communiquer aux Etnif-
3ues par Oèmarate l'ufaec des lettres , ont ils étoient en pollcnioo , long-tems avant la naidance de ce Cotinihien , & plus de trois ficelés avant le liège de Troie, On pouroit peutêtre bien en ra- batte au moins deux , làns craindre d'ftre convaincu d’erreur chronologique par ce lavant homme.
D. J. Manin dans iôn Ui^clrt fts Cm- dtiGMMloiiX. i. p. 17t. & dans fa première Dijf. h^arijitt p. 7. rèveodique ■ux Gaules les Aufones , Aarunccsou Ar- vemes ; ainC que les plus anciens habitans d'Italie , Aborigènes , Ombriens , Teu- tons, Sicuirs. Selon lui , ccs colonies
Tome fl.
Gaaloifes ont fait de cMtMffhes {<) Grtts , mntérifttremfnt su ttmt quê ett mimti cMfMàhrtt »nt été pwtét dsm l* Grèce, Voilà , concioue t'il , une de ces vérités étmhliés fttr des principes , qm*en ne ptm rejeter fntu fe breuiller nvec tome t An- tiquité. Les Gaulois s^nnt peurmnxime (d) fendnnsentnle de ne rien écrire ; en m igneré jnfqus Cé/nr, nen feulement , fils sveient des cmrnÜères « mtsts encere pefi quUs tuf- ftnt itt (mrsUerei , ^KtUt m iuil t» fttmt. La conciliation de ces deux vmWr ne Te fera peutêtre pas fentir à cous les favans aulfi vivement , qu’à leur auteur. Peutêtre même fe trouvera-t-il des efprin , qui auront peine à concevoir , comment des lentes pouvoienc être Grèqoes , avancd'ê- ire connues des Grecs ; comment elles fe confervoienc au milieu d'un peuple , qui avoit pour maxime de ne rien écrire : 8C rupofê qu'il en fit quelque ufage 1 com- ment je la forme (c I cxiltcnce même des caraâères Gaulois , quoique plus anciens que Cadmus , quoique répandus en Italie par les colonies Gauloifes avant l'arivée des Pélafges , ont été ignorées de cette multitude de peuples d'Europe , d'Afie je d'Afiique , avec qui les Gaulois avoicot
II. PARTIE.
$ E c T. III.
Ch Af, I.
Origine des let- tres Latines : clins ont palK de Grèce ça Italie.
{» ) üt frimit hMU hUiùs CMf.
7.
(h) IiMlUsnti^, lit. ).
Ç t) Dijfert. X.' bîfior.f. 19,
{f) liif.f. I*. & I#.
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II. PARTIE. SBC T. ni.
C H A B. 7, A'X T i c 1 1 J.
{a) s. CyprÎAH. éU Idoi.vAmt^im- tu»
(b) QrAmmsii^ tà LAtinA •fiudio HtliAputfehisHA- nrvtA Uoy. 4*. MAximi ViÜor'in* 4e re GrAmmstuÀ h *>44-
(f) DioHyf. H4-
/if- lit. I . .Hfgin
cap.
itb. J.
{4) Ijider, erig,
I. r. ^.Macreb. SAt$fmAl. itb, X.. e. f» Marsuj Vie-- tùr,col. 1448,
(f) AtrnAl. tih.
4..
,ô NOUVEAtT TRAITÉ
étrangères , qui l’ont peuplée , la conformité rigoureulè Je fes lettres avec les plus anciennes des Grecs , fes monumens- des tems les plus réculés , où l’on retrouve le fond de la lan- gue Grcque, & les témoignages fans nombre des auteurs , de- puis deux mille ans , ne nous laiflTent pas la liberté de chercher ailleurs , que dans la Grèce , l’origine immédiate des caraéleres Latins , Etrufques' , Pélafgiques , Arcadiens. N’a-t-on mis en ouvre que le Syriaque & l’Hébreu , pour expliquer les ta- bles Eugubines . ôc les inferiptions antiques en lettres Tof- canes î Les ténèbres , qui les envelopoient , lêmbloient s’é- paiflit ; à proportion des éforts , qu’on faifoit , pour les dif- liper. Rébuté du peu de fucccs de cette méthode ; s’eft-on ataché particulièrement à la langue Grcque à fes dialeftes, ainfi qu’à l’ancien Latin ? Des dificultés infurmontables fe l'ont aplanies : on a commencé à pénétrer dans des myf- teres , où tout demeuroit voilé , depuis tant de Cèdes, A des 'traits fl frapans , qui ne reconoitra la fource des lettres La- tines , envilàgées fous toutes leurs faces î r
Il n’eft pas aufli facile de.fe décider fur le nom du prenaier inftituteur des écoles Latines ; qu’il l’eft de montrer le pais, où il avoit puifé la conoilTance des lettres. Les uns (a) atribuent cet honneur à Saturne , les autres [b) à Hercule , la plupart (c) à Evandre , d’autres (d) à Nicoftrate fa mère, fumommée Carmente , quelques-uns à Mercure , pluûeurs à Janus. Ta- cite partage (e) entre Evandre & Démarate la gloire d’avoir enlèigné les lettres aux (i) Aborigènes & aux Etrufques.
eu tant d'afaires & de raports^pcadanc une £ longae fuiic de ficelés. L'hooacardc la France fecoit rouhaiter , que le Fond de ccRc opinion fe iroüvâtapuyc fut des (on- démens alTcz folidcs , pour réunir an jour tous les fufrages.L'autcur, qui a fait des ce- ckctchesfi extraordinaires 8c finombreu- fes , téferre aparamment fes plus fortes preuves pourladificrtatioa.qu'il nous pro- met fur la conformité des langues Of- que 8c Gauloife. Engagé i faire voir au public , djHt Ia ÎAn^ut dts Oftts ttoit frtfit peur ruet Ia lAngue det Cehei , outre l'avantage , qu'if prétend en tirer , pour prouver , que les Romains font d'origine Celtique ; il nous femble , que notre lan- gue poutüit y gagner beaiicoup.EnfuiYant
cette veine dans toutes fes branches ti rameaux on parviendroit peutêtre i donner des notions plus jufies de la bar- barie de nos anciens monumeos , bronzes, . marbres, manuferits , diplômes-, on rc- monteroit à la fource du François : une langue originairemenc commune à plo- lîcurs peuples d'Italie & des Gaules , nous convainctoit , qu'its fortent de la même Touche : notre langue paroitroit moins une langue nouvelle quant au fond , que quant à la forme.
. ( r ) Suivant Denis d'HalicamalTc, liv. s. Tonifiés par des renforts de Pélalges te d'autres Grecs ; ils chaflerent du Latium les Sicules, qui palToicot pour en avoir été les p^eraicnuatuMBs.Sailjp(éiaoignagc9-v
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T5E DIPLOMATIQUE. ti
XJne fi grande diverfité d’opinions en laide fabfUlerune, qui les réunit toutes. L’Italie , de l’aveu des anciens &c des modernes , a reçu Ces lettres de la Grèce. Des peuplades de Pélafges ôc d’Arcadiens , qui fe font fuivies , les ont-elles aprifes aux nations, qui les avoient précédées en Italie : ou, ce qui pourtant ne paroit pas meme probable , fes plus an- ciens habirans en étoient-ils inftruits , lorfque les nouveaux y fondèrent des établilTemcns ? L’origine des lettres eft tou- jours la meme : la Grèce n’en a pas moins l’avantage de lut avoir donné fon alphabet , fa littérature , les fciences Sc les loix. Mais les raports de limilitude des anciens caraâères Grecs & Latins Ibnt-ils aülli réels, qu’on nous le fait en- tendre ?
IL Que récriture Latine originairement dérivée de celle des Orientaux fût exaâemeat la meme , que celle des an- ciens Grecs ; nous en avons pour garans (a) Tacite , & (é) Pline l’Hiftorieru Jls avoient encore fous les yeux une foule de monumens publics , propres à conftater la relTem- blance primitive des lettres Grcques & Latines. Le premier n’y apercevoir nulle diférence : forma litteris Latinis, difoit- il , qua veurrimis Gracorum. Pline donne pour preuve de leur conformité une table d’airain du premier âge , tranf-
{)ortée de Delpheau (i) Palais de Rome. S’il ne dit pas , que a (i) relTemblance continuoit d’être parÉiite ; c’eft que les lettres Latines de Ion tems , comparées aux anciennes , n’é- toient plus tout-à-fait les memes. AulTi Tite-Live fupofe-c-il -quelque dilTemblance entr’clles ; lorfque parlant de certaines rinferiptions (c) Latines , il fait oblêrver , qu’elles étoient en let- :tres antiques. Quintilien ajoute, qu’elles n’étoient pas (d) à cous
-Je Porcîus Caton & de Caias Sempro- AÎus , les plus favaus d'entre les Romains , ^ plus encore fur la foi d'Anriochus His de Xenophane» qui avoir conTulcc d'anciens monumens ; le meme auteur recarde les Aborigènes» comme de.s peuples d'Acliaie oud'Arcadie» qu'il croit Ocnotricns.Quoi- que originaires du pais de la Grèce» oii les lettres turent le plutôt connues; lU n'en avoient pas la plus légère teinture » avant Tarivee cTEvandre en Italie» au jugement 4e Denis (niaUcaiaglTc: puifquc c'cApar
ce Prince Arcadien , qu'il leur fait com* muniquer la conoiiîance des lettres. Ainlî quand les Oenotriens & tes Aborigènes (orcirent de Grèce , les lettres ècoicnr pour Tes habitaas un phénomène inouï. Voila ians doute un préjugé bien fort contre les prétendues Ictues Attiques Sc Pclafgica* nés, anterieures à Cadmus.
(i) Il écoit dans fa X. région.
(x) Vittrtt Grâcéts ^«4 nmic fu»s LsiinÀ,
B 4
II. PARTIE. Se CT. III. Ch A 7. I. AXTlClt I.
Re/Temblancc ou même idcncicc Jcü lecEces Latines 1er plus antic|ues avec les Grcques du même âge.
(m) Aans/. IH, XI. ». 4.
(i) Lit. 7-f J».
(0 T.ih. nt.
t. J . tdit. Cnnro, (d) I«/l. M. 4. «»p. 7.
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II. PARTIE. SlCT. III. Cm A P. I. JLkt 1 cxi I.
l») PnUttr. Gr*c.f.
Vt NOUVEAU TRÀlTf
égards conformes à celles de fon rems : nec fimiUs hîs noflrîs earum forme fuerunt : texte qu’il ne faut pas trop prelTer. Quelques modernes ont prétendu retrouver l’écrirure des an- ciens Latins dans les caraftères Attiques. Mais où (ont ces. caraûcres certainement & purement Attiques des premiers tems ? Si l’on en montre de quatre à cinq cents ans avant J. C. ils difcrent peu de l’écriture Grèque ordinaire du meme âge. On avoir beaucoup compté lùr les colones Hérodiennes. On en eft revenu , depuis que les uns n’y voient , que des lettres (a) Ioniques ; les autres , qu’une infeription du- fécond ficelé , dans laquelle on a , dit-on , mal rendu les anciens caraûcres Grecs en général , qu’on afeûoit d’imiter. S’apuyer fur ces colones , comme fur de bons modèles des anciennes lettres , foit Attiques , foît Ioniques : c’eft , félon M. le Pré- fident Bouliier , donner dans une infigne méprife , quoique d’après les Scaliger & les Saumaife. Au furplus il faur le con- foler du peu de fuccès des tentatives faites , pour difeerner les anciens caraélères Attiques des Cadméens. Cette diftinc- tion eft au fond peu nécelfaire , & probablement (i) impof- fible. Peutêtre n’eft-on pas mieux autorifé à confondre les chifres Latins avec les Attiques. On ne fiiuroic pourtant y méconoitre de vrais raports , une manière de procéder prel- que uniforme , une opofition égale aux chifres des Orien- taux & à ceux de la plupart des Grecs.
Mais fans s’atacher à certaine efpèce de caraÛères Grecs,' plutôt qu’à toute autre jil nous fufit »ï montrer la reflemblance
(2) si les lettres Attiqoes Tont radica- lement les mdmes, que les Cadméennes; •n fent la principale caufe de cette im- polEbilitd. Les unes & les autres , il cll vrai , quelle cirentielletnent femblables, auraient pu fe direrüfier avec la tems : & c'eft fur quoi sous ne contellctoos pas. Mais tant qu'on n'acoidera , que Icize lettres à l'alphabec Attique rimpoHibili- td de le dillingucr du Cadm^en poura bien rdüAer à tous les monumens décou- yens & i découvrir, St l'on le contentoit de ceux , qui précédèrent la pcrmillion de faite ufapc dans Athènes des lettres lo- niqucs;ce qu'on cherche depuis deux cents ans , on pouroit peutêtre le trouver fur ■enuibte deNoimcl , confctvé daru le
Cabinet de l'Académie des Belles-lettres. Il renferme ces lerrres ABA^EXHQ IK^MNO^ft^Ty®X. Mais comment fe pctfuader , qu'il ne manquât àl'alphabet Astique , que les lettres 3C*0; Si d’un autre côté cinq dès nouvelles s'jr étoient déjà glilTées ÿâquoi bon faire tant de bruit pour trois, qui en étoient exclues } Pourquoi Axer , comme a fait Eusèbe , l'époque de l'iunoduétion de huit lettres chez tes Athéniens à la 94. Olympiade, c'ell à dirc 40). avant J.C ! Dès Pan 457. avant l'Incarnation , ne les empleyoient-ils pas prefque toutes , jul- que dans les monumens, drelSs par l'au- torité publique , tel que celui , dont OB. vient de repiéfcatcrlcs Iccuea l
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DE DIPLOMATIQUE; rj
des lettres Grcques en général avec les Latines , pour con- ftater l’origine immédiate de ces dernières. Or qu’on jette la vue lür l’alphabet Grec , tel qu’il s’eft conftamment fou- tenu , depuis plus de deux mille ans ; n’y reconoit-on pas du
• premier coup d’œil ces douze lettres Latines ABEZHIKM N O T Y ? Qu’on cherche enfuite les autres , qui femblent diférentes ; non fur les monumens Grecs du bas ou du moyen
•âge ; mais fur ceux de la haute antiquité , bronzes , marbres-, médailles : n’y trouve -t -on pas aifément ces autres let- -tres Latines CDFLQCJRSV ;au lieu de celles - ci TASTa^PSY, quoique pourtant plus ordinaires ? D’ailleurs les anciens f des Latins ne dircroient point de ceux des Grecs. Tels, ou à peu près , oh les retrouve encore fur bien des médailles Latines, jufqu’au fécond fiècle. Comme chez les Grecs on voit des Y fans pié ; chez les Latins on en
• remarque avec un pié , lors meme qu’ils ne peuvent être que des V. De part &c d’autre on a des C & des r mus cette forme
• E carée. Si les anciens Latins ne fe fervirent point du © : ce
• que nous ne femmes pas à portée de vérifier pleinement ; les Etrufques en firent grand ufage. Les Latins memes des tems poftérieurs afbâèrent en diverfes ocafions de lui donner rang dans leur écîiture. Refte le s des Grecs , dont les Romains femblent avoir totalement changé la figure. Avant que la mode eût prévalu de l’employer , pour rendre les deux con- fones , qu’il réunit ; les Grecs exprimoient leur double fou tantôt par K S, & tantôt pat X S. A leur exemple , après avoir d’abord peint le même fon par X S , comme le démontre la VU. table Eugubine ; les Latins fe contentèrent de la pre- mière de ces £ux lettres , pour figurer leur X. Ainfi l’on ne peut fouhaiter une plus parfaite reflemblance entre toutes les lettres Grèques (i) & Latines , prifes d’apres les monu»- mens de la vénérable antiquité.
(i) Lcj râpons des lettres Grcques & Latines font fi grands ; qu'on ne lauroic manquer de pafler fans celTc des unes aux autres, quand on traite de leur origine. C'eft ce qui nous cft arivé plus d’une fois dans notre premier volume , au fojet des lettres Grcques. Il s'agit ici des Latines. Si nous ae pouvons dvitet de tevenu feu- '
vent fur les Grcqnes nous faifons dn moins enfotte de ne pas nous répéter. Mais pouioit on ttonver mauvais , qu'on traitât plus à fond une matière , qui n’au- roit ète qu'é'jauchèe î Qj'on fe rapcile ue l’ècriijie cil la bafe Bc le fondement e toute Irttèrature , & fpèeialcmcnc d'un ouvtagc de la oaiaie du nêcse : ti foo
II. PARTIE,
Si CT. III, Car. I. Aaricis 1,
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T4
NOUVEAU TRAITÉ
II. PARTIE. S te T. III. Ch A». I. .AUTICtl J.
■Syftcme de M. ,|e Ftdlidcnt
Mais , dira-t-on ; quoique communément on ne poufle pas fi loin cette telTemblance ; il n’cft peutetre point aujourdui de favant , qui la mcconoifl'e. II en cft peu , qui ne remontent aux lettres des Grecs , pour découvrir l’origine immédiate de celles des Latins. La gtande Jificulté confifte à fixer le nombre (i) Sc des caraclères , dont les uns & les autres fi- rent d’abord ufage , & des additions , qui furent fucceflive- ment admilês dans leur alphabet. C’eft-là le feul point fuC- ceptible d’éclaircilTemens conlidérables. Au milieu du par- >.cage des anciens & des modernes & de ceux-ci entr’eux j .c’efi furquoi l’on ne fait à quoi s’en tenir.
Sans prétendre concilier tant de fentimeiu divers ; nous «elTairons de les raprocher , au moyen de quelques nouvelles vues. Mais comme tout le monde n’eft pas égalemenot au fait de ces difputes ; on ne peut fe dilpenfer d’en retracer une légère idée. Nous l’emprunterons d’un auteur , plus iJ- luftre encore par fon favoir , <^ue par le rang difiingué , qu’il tenoit dans le monde : ou plutôt , a cet égard , nous nous bor- nerons à l’expofition de fon fyftème , qui ne peut fe foute- nir , que fur la ruine de tous les autres.
III. Quelques travaux qu’aient entrepris Scaliger , Sau- maife , Voflius & plufieurs autres fur l’origine lettres
fcca charmi de voir l'origine de nos let- tres , dibaralTrlc de tant d'opinions con- traires , qui ne fervoient , qu'à l'obrcur- cir. Qu'on Te demande en quel rems , le de quelles contrdes de la Grèce ècoient fortis les Peuples , qui rèpandirenr l'ufage des lettres en Italie ; & l'on contiendra de TimpolTibilitè d'en fixer l'époque , lâns avoir décerminè en quelque Ëifon celle de l'arivèe des colonies , de qui les Grecs re- f orenr leurs premiers caradlcres.
(r) Certe dificulté fe trouve expofèe |./. ]J. avec force par l'auteur (a) du Traité Jt rincerlitutU tUiStùnctSf traduit de l'An- glois. » A la véricè , dit-il , les lettres La- n tines fcmblent dènvéesdes Gtèques , les » Gtèques des Phéniciennes , & les Phé- M niciennes des Hébraïques. On a tâché *> de prouver cela , tant pat Philloire, que M par le raport des lettres , en tournant w les cataélères Hébreux à main droit* , <i)PaX-}4* aslcloa floue nuniitc d'écrire. Mais
» comment(é)répondre après à l'objeéUoa n fuivante ! Cadmus qui npotta les lettres •> Phéniciennes chez les Grecs n'en anor- » U , dit-on , que feize. Il en avoir donc » lailTé quelques - unes en arière. Car » depuis que nous avons eu des écrits en » Phénicien ou en Hébreu , Talphaberde » chacune de ces langues a toujours été 6- » xe , & de la même étendue qu'il eft à » préfent. Ce qui ell évident par plulîeat* » pfcaumes& chapitKS chifrtt par les lec- » très de rtlphabct. S'il y avoir plus de » certitude fut l'origine des lettres ; il lo- » roit moins dificile d'en déterminer le » nombre Sc d'en fixer la valeur : mais oo » ne fait que décider fut ces deux pointas » je les critiques font en grande dilpute » à l'égard de quelques lettres , lavoir B » c'en eft ou non «. Ces incertitudes jof- cifient de refte les difcullîoas ,atU9UsUqfl flous aloos BOUS livrcfl
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t>E DIPLOMATIQUE; if
<5rcques & Latines , fur la forme & la diférence des caraûcres Ioniques & Attiques ; ils ne répandirent point fur un fujet fi întérefiant ces vives lumières, qu’on avoir lieu d’attendre de leurs recherches & de leur capacité. On croit toujours éga- lement embaralTé à favoir , quel fût le nombre des lettres de Cadmus : fi fon alphabet fiit le meme , tjue celui des Grecs h'abitans de l’Artique , & des Latins , qui le reçurent d’eux. M. le Préfident Bouhier frapé des contradiâions & des incer- titudes , auxquelles on s’étoit livré jufqu’alors , propofa vers le comencement de ce ficelé un fyftcme plus lié , que ceux qui l’avoient précédé dans la même caricre. L’étendue de fa dilfertation (i) ne nous permettant pas de la raporter ici toute entière , on nous faura gré d’en donner au moins le précis. Malgré l’eftime & les égards , que méritent les fenti- mens de ce grand homme ; nous ne^ nous ferons pas fcrupule dans l’ocafion de les explicjuer , de les reftreindre , de les com- batre. Mais ce ne fera maintenant que par des notes , pour ne pas rompre l’enchaînement de fes principes.
Nos lettres Latines originaires, non d’Egypté, encore moins du Nord , mais de Phénicie , tranfplantées en Grèce , avant Cadmus &c Deucalion , font abfolument les mêmes , que celles des'Pélalges &’des Athéniens. Elles n’avoient point encore de nom fixe , lorfqu’elles entrèrent en Grèce : fi ce n’en que les Pélafges les eufiênt oubliés , au milieu du bruit des armes & de leurs migrations continuelles. Au/fi les noms des lettres Hébraïques & Grèques d’une paît ', & des Latines (i) de l’autre , n’ont enfemble aucune afmité. Diodorede Si- cile reconoit des lettres Pélafgiques ; mais il a tort de les faire naître des Cadméennes. Loin d’avoir adopté l’.ilphabet Cadméen , ou de lui avoir donné leur nom , les Pélalges fu- rent les ennemis jurés de Cadmus.’ De maitres de la Grèce qu’ils étoient , ils furent diflipés , cIialTés de contrée en con- uée , exterminés , anéantis même en quelque forte , jufqu’à
II. PARTIE.-
SlCT. III.
Ch AP. I.
A A T 1 c n I.'
Bouhier fur ton- ginc des alphabetf Grec 8c Latin. Ce dernier , félon lui, plus ancien que le Cadmeen , dont il droit diferent, 8c le meme que l'Ar- liquc , fut aportd en Italie pat ict* Pdlafges.
(i) De ftri/ch 'Grâcerum ec tatînorum huent DiJfertMtio. Elle efl à la fin de la Pa- Idbgrapbic de Di Beto. de Montfaucon.
(i) Si l’on prouve , que les lettres La • aines ne font point Cadméennes , mais Attiques : parcequ'etles ne portent point kt fionu Qttlfh» , h(t» I > tuais
iT.), Bé, Cr' : il faloii donc que les lettres Attiques ne fulTent pas apellécs ttlfha , Hm 8cc. mais A , Bé8cc. Or c'eft ce que pcrfonc n'a jamais dit , & ce que notre iiabile Magilcrat n'auroitpas ofé avancer ‘ lui-mcmc. Voila donc un argunicnt,qu'oa ' peut couiocr ça preuve (ouuc loi.
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II. PARTIE. Sect.III.
C H A P. I. AftTIClE. I.
té NOUVEAU TRAITÉ
perdre leur nom : &: perfone ne contribua plus que Cad-
mus à leurs dilgraces.
On a COI) tondu avec aufll peu de fondement les lettres Pélafgiques Cadméeimes , que celles-ci avec les Attiques. Les Ioniennes au contraire ne fe diftinguèrent des Cadméen- nes , que par le changement de quelques traits , & l’addition de quelques caratlères.Au raport de Zénobius, Cadmustua(i) Linus , parcequ’il enfeignoit des élémens diférens des fiens. Il y avoit donc des lettres en Grèce avant Cadmus. £h 1 être autres , que les Pélafgiques ? Au tems de faûions s’élévcrent en Grece , au fujet des let- tres. Cadmus avec fes Phéniciens n’oublioit rien , pour faire prévaloir fon alphabet : Orphée , Linus , Pronapide tenoient pour celui des Pélalges , & s’opofoient à toute nouveauté. De là l’atachement national des Athéniens pour leurs an- ciens caraâères. S’ils fe prêtèrent dans la fuite à la commo- dité des lettres Ioniennes ; ils s’opiniâtrèrent, pendant plus de mille ans ,à les exclure de (a) leurs monumens publics : car ils ne furent pas fort dificiles , à les admettre , dans leurs écri- tures ordinaires.
Les Pélafges portèrent les premiers en Italie les lettres At- tiques , qu’on apeloit aulTi Pélafgiennes. Ainli nulle difé- rçnce entre l’alphabet des Attiques &: des Latins. Si ces der- niers avoient reçu celui de Ca^us , auroient-ils négligé l’a- vantage de fes lettres numérales , qui dévoient en être envi- fagées, comme la (3) partie la plus elTentielle , & qui ofroienc
pouvoient-elles Cadmus . deux
(i) Cent vengeance aonût^t^ plus na- tvellc ; fi Linos eût connefaic les caraâé- res de Cadmus, s'il en eût cbangd la forme, QU s'il eût voulu fe taire palTcr pour en être fauteur. Par de femblables maneuvres, l'o- rigine des plus belles ddcouvertes fut cent fais obfeorcie. De-U combien de cruelles difpQtes parmi ley AriiAes & les gens de lentes 1
(s) Si l'on en croit M. Boubier , les Atbdnieas n^voient alots , <]ue feize let- tres. Cependant l'on en trouve vingt fur le marbre Atbdoien de Nointel. M. Gori va encore plus loin, par rapon à l'alphabet Etruf^ue. Il ofe avancer , <]u’il ne tut d'a- Irotd compofiij^ue de douze lentes, &
enfuire de feize. Diftf» dtlV mlphtlti» f. cxxxtv. lien juge aparamment par le nombre d'dldmens , dont il croit , que les Tofeaos pouvoient ou ne ponvaient pas fe palfcr. On verra bientôt , fi l'on doit beaucoup compter fur la force de cet ar- gument.
(ÿ) Il n'étoit pas inutile de le prouver. M. Boubier ne l'a pas fait. Quand nous naiterons des nombres ; nous cfpdrons montrer , que les lentes de Cadmus n'd- toient point numériques , lorlqu'il les apona, qu'elles ne le devinrent, qu'aprés que l'alpbabcr Grec fat complet, & meme probablement depuis Homère.
des
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BE diplomatique; \j
3es commodités merveilleuiès , pour les opérations les plus dificiles de rarithmétique : au lieu qu’il étoit prefque im* poflible aux Latins d’en venir à bout avec leurs chifres. Qu’ils aient emprunté ceux des Atti<]|ues , comme l’avancent Scau- nis &c Prifcien , ou qu’ils les aient trouvés, en comptant fur leurs doits ; l’arithmétique Cadméenne n’en fera pas moins regardée comme poftérieure à celle des Latins. 11 eft de principe , que les arts vont en fe perfeéÜonant. Les nombres Attiques & Cadméens mis en parallèle ; les derniers font incomparablement plus expéditifs. On ne préfère pas une méthode fort embaraflante à une trcs-aifée ; lorfqu’on peut opter , Sc que la tyranie de la coutume n’afTujétit pas à des pratiques dificiles. Quel argument plus viélorieux , pour con- ftater l’antiquité de l’alphabet Attique fur le Cadméen ?
M. le Préfident ne diflimule pas , qu’il s’élève contre une opinion univerfellement reçue , en donnant aux lettres Grè- ques & Latines une origine antérieure à l’alphabet de Cad- mus. Il ne laiffe pas néanmoins de s’autorifer du fufrage de Diodore de Sicile , qui fupofe des monumens littéraires en Grèce avant Cadmus , & qui atribue aux Pélafges ( i ) des lettres particulières ; d’Eufthate , aux termes duquel les feuls Péla%es confervèrent l’ufage des lettres après le deluge * -, de Paufanias , qui avoit vu l’épitaphe de Crotopus , contem- porain de Deucalion. Telles font les autorités formelles du l'avant Magillrat : fès raifonemens feront le relie.
Toute la Grèce fut apelée Pélafgie ; 'parceque les Pélafges la poffédoient d’abord toute entière. Comme ils fe maintin- rent principalement dans l’A nique ; les lettres Pélafgiques, anciennes , indigènes , Anigues font les mêmes , fous difé- rcns noms. Les Pélafges les introduifirent (a) en Italie , vers le tems de Deucalion , ou du fiége de Troie. Auffi M. Bou- hier rapone-t-il aux caraélères Aniques tout ce qu’ont dit les
(t) Diod«re leor aligne des lettres propres , mats dont ils ^coient redevables a Cadmus. Il parle de monumens anrd* rieurs an deluge de Deucalion : mais Té- po<]ue de ce deluge eft fort luTpcâe , & Diodore a pu , comme tant d‘autrcs, tom- ber dans onc faute de chronologie : EoT- cbatc apuie le non de divins , doond aux
Tome IL
PélaTges , fur ce qu’ils avoient confervé les lentes pdries dans le deluge de Deu- calion : mais outre qu’EuIttiace efl bien éloigné de leur tems ^ fon autorité pofe fur un déluge , qui a tout Tair d’être une fable ,& de navoir point d autre fonde** ment, que le déluge univerfcl, plus ancien que celui de DcucaUoa de 1 4 - à 1 5 - Hccies.
c
I 't
II. PARTIE, Sect. III.
C H A P. I.
AftTlCll L
* De Dcuctliofl rus doute.
{ A ) Pliftt lit. 7.f. f(.
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JI. PARTIE.
SlCT. III.
C H A r. I.
A R T I C I. X I.
Conrînuation du irfme (ujet Nom- bre des lettres Pd bfgiques , Atti- ques , Latines , Cadméennes , lo- siques.
t8 NOUVEAU TRAITÉ '
auteurs fur la reflemblance des lettres Latines & Grcque#* IV. Selon la plupart des Anciens , les xuies & les autres ne furent d’abord qu’au nombre de feize.. S. Ifidore en donne dix-fept aux Latins ; mais il ne faut pas l’écouter. Ariftote en compte dix-huit primitives chez les Grecs ; mais il faut l’expliquer. Scaliger & Saumaife fe font trompés , quand ils ont cru trouver dans les colones Farnefiennes d’Hérode les an- ciennes lettres Atrit^ues , mal-à-propos apelées Ioniques pat Scaliger. Les premières ne furpaficrent jamais le nombre de feize;: & l’on en remarque dix-huit fur ces colones ; outie le B ,qui n’y paroit pas, & fur l’exiftence duquel on ne peut néanmoins former aucun doute. Loin de. cônfêntir ,qu’oa> juge des lettres Latines par les (i) Aniques ; c’oft par celles- là que M. Bouliier veut faire juger de celles-ci. S’en rapor- tera-t-il aux anciens grammairiens ?■ Ils varient à bien des égards. Ils font quelquefois entrer dans l’alphabet primitif des caraderes., qu’il en exclut : ils en rétranchent , qu’il y admet..
Il aime donc mieux établir pour règle , qu’on n’à d’abord em- ployé,quedes lettres (z) abfolumentnéceuaires.Les autres ont
(t) Il femblE que pour en d^tetminer la (igarc , on dcvtoit s'acaefaer an maibce de Noiotel , pidfïrablcmcoc à tout antre aïoyen. Il cft aaedrieur de pins de ;o. ans à la permilHoo d'employer les lentes Io- niques, dans les ftionumens publics d'A- tbeocs. On n'en pouroit pas conclure . il cil vrai , que les Atbdniens fiiflent bornés d feize Icrtres ; mais les témoins , qui dé- |»fcnt en faveur de ce nombre , ne Ibnt pps allez voilîotde l'age d un monoitKnt Îî dé'.ilif, pour en étrexnisfurleurparolc.
(i) Ce principe ne paroit pas trop cer- tain. I*. Ne faut-il pas une métaphylïque arammaticalc,du moins aulE fubtilc, pour décompofer les Ions , & les dillinguer pat des lignes fpécifîques , que pour réduire plulïeurs de ces fons fous un même ligne ) a°. E(l-on aujouidui bien en état de prononcer fur ccui , qui dévoient ou qui ne dévoient pas , il y a près de 4000. ans, être néccffairemcnc formés par des hom- tnes , dont on ne connoir pas même la langue ! Quoique nous ayions celle des S.omairts prcfque en Ton entier j fetioas-
nous bons juges de leur prosonciatien :
R nous n'étions guides, par un nombre in- fini de monument contemporains , Se pat tant d'obfetvarions gtammaiicales , que les Anciens nous ont tranfmifcs I Com- ment donc pourions-nous étte b portée de juger des fous de la voix du peuple , in- venteur des lettres: Se conléqaemmcnt de ! 'celles , dont il pouvoir , on dont il ne r pouvoir point fe pafetl Si ce peuple cH dillingué des Hébreux 4 il ne nous en I tefte aucun monument , qu’on puilTe feu- lement déchifrer. S'il n'en eft pas difé- rent ■, on fera forcé de lui donner bien pbt de feize lattes. Les Astiques , dit-on , let Latins Se meme les Grecs en général n'en avoient pas vingt-deux r*' ,'jord , comme les Hébreux. Mais pourquoi ne pas fnpo- fer plutôt, que tout restent l'alpbabet de ces derotets dans toute Ion intégrité ; ; quoique tous n'aient pas fiiit un égal ulâ- ge de quelques-uns de lents caiaocret ?
)*. Ce n'ell point une rigearcafe né- cclfité , qui détermine d recevoir nne pir-
cic det IcKtcx d'iio xlpiiabcc écnugti, k-
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DE DIPLOMATIQ.UE;
hé dans la fuite mventëes par les grammairiens , pour ré- duire plufieurs caraâères en un fèul , diftinguer les brèves des longues , fixer le fon vague de quelques lettres. Cela pofé, rV (i) cft une nouvelle lettre chez les Latins. Mitoyenne en- tre ri & l’O , qui la remplacèrent, jufqu’à l’empire d’ Ai^fte ; de quelle utilité pouvoit-elle être î L’H eft (i) ime afpirée , pluroc qu’une lettre : fit nouveauté paroit donc avérée. Celle du
i rejner fiutFe. Il %ac en avoir laie on long ofiige , poor èae en ^tat iToblcrvet celleijdonton D*apas belbin. On com- nenee pat conc adincette. Le dirccme- mentdu n^cclTaire , de rocile , Sc du fu- jierflu ne vient qo'aptèv bien des expé- ziences & des tdll^xions. Telle eft la mar- che de telprit humain.
4*. Cet dldment , adgligî par les ont comme inutile i l'êta rail en envre par les autres. La divetlitd des dialeâes eoei les ’Ctecs devoit produire beaucoup de varia- tions. Qni peot ezptimct tons les difil- tens (bos , tons les divers accent , qui le firent entendre dans chaque contede de la Crèce, depuis le fidclc de Cadmut , jul^ qu'au tems , on les auteurs couuiKnci- reot à nous aprendre quelques particula- litds fut les lettres Grdquet ? Quel nom- breux alphabet ces Ibns te ces accens iTantoienrils pat enfantd; fi l'on avoir pris k tâche de les rendre par autant de caraftdres i II s'en fimdroit bien , que le nombre de IHic , te mjmede-vingt qoa- tre,eûtpn Tafite. Qn'nne langue conti- nue d'dtre vivante , pendant un milier 'fi'années s à peine fera t-elle reconoilla- We ; loin que la ptononciarion Ibit la m£me k tons dgards. De nouveaux Tons Teront introduits à la place des anciens , donc pluficnrs lê fêtant petdas. Commu- ndment néanmoins la néceffiié ne lait rien ajouter arts lettres : le fuperfio o’y lait lien rétranchet. L'alphabet cft toujours le même. On n*en change pas les caraâéres; mais on en fait des nfages incomms anx Cèdes prècèdens s mais ou fiiptée, comme proA- ne pas
(i) Il cft Bouctanr ordinaire dans les trois ubIesifEagabio en lettres latiaes,Si, ^
on peut, a Ion indigence ; mats on guc le fuperflu , on l’on lèmUe daigner s*en fetvir.
pateeqoe I'l & l'O ont été fttbftitaés â fV: ce caraâère doit être tenu pont inutile : comme il n'eft aucune voyelle , qni ne cède lônvent (à place à aoe on plufieott de lès compKnes ; en reftera t-il une , dontrinatilicene fort démontrée ; T aura- t-il même nne feule eonfone , dont on ne puiflê en dire autattr ! En tm iiKit , cft-il ancon élément de l'alphabet , auquel ors n'ait fubftitné'divetfes leitics ? Qnoiqne ro êe ri aient été mis pour l'y, jufqn'au legne d’An^uftcKpIufieunGéclesdepaitt il iK s’enfiuc pas que l'V ne fût pas em- ployé ponr lui-raéme. Les monomeot , où pacoilfent ces fabfticucions , Ibnt pleint d'exemples , od elles ne pacoilTenc pas.
( 1 ) M. Bonhier adopte Sc combat tont à tout cette ptétenrion finguliére. Il s'en amorife, par taport à l'alphabet La- tin , dont il exclut fH ; il la lejetie com- me abfurdc, par rapott à l’alphabec Grec:, od il fadmet. Antre ehofe eft de ne reconeiere une lettre ai pour voyelle ni pour conibne; autre ehofe de la cooviin- cre d'être de nonvelle date. Ceft an ju- gement de Prifeien (a) feulement une af' ptrée I qni n'a la cpifticé ni de voyelle ni de demi-voyelle ni de muette. Vemus, loin de (ê déclarer (ij poitr la nouveauté de rH,en apuie l'antiquité, par le fufrage de quatre anciens Grammairiens ; par un mi>- nnment, odron voulut, au fécond liécle, imiter la manière d'éctitc des tems les plus reculés , pat l'nlâge des anciens Ioniens , fuivanr leqnél on peignoit HEKATON pour iiucrif , par celai d'é- crire THEOS . nniAOS , ■HAPO;< sour 9EOS , «lAOS . XAPON , svant l'inctoduébon des O « X ; ou plutôt par- ceqne la mode de s'en fetvir n'écoit pat encore géoéialemcat autotilée.
II. PARTIE.' SïCT. III.
Chap. I. AXTicia L
W C#/. S44i
(é)Lié. i.r.iC.
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II. PARTIE. S £ c r. III. Chip, I. AjI X I c £ 1 I»
20 {NOUVEAU TRAITÉ '
(i)G&du Z n’a pas befoin de preuves. Quoique plufieurS auteurs anciens nomment l’inventeur du K (a) chez les Latins; ceux-ci n’ont jamais pu s’en palTer. Prifcien mec l’F parmi les lettres ajoutées : mais M. Bouhier le réfute. Il conclut que l’alphabet ancien des Latins , &c par conféquent des Attiques , confifloit dans ces lettres (jjABCDEFIKLM
(t Le G commun dans les tables Zügabiacs. Qoand'cclles^qui font cq leC' tscs Launes auroienc été gravées lo(^ tems après.les Etrufquesi >1 fcroïc di^ cile de rabaider les premières au-dedbos de l'age de la colonc DuUlieone » oti l'oo ne voit' point de G. Mais on le voit dans tmc Cl CS- ancienne iafccipüon , fîgorée à Ja page 460, du Vtrwenfe, Ce
luononient oc fcmble pas non plus d'un âge iufèncur à la colone Dullîiennc. Il pouroic même être bien plus ancien. De ce que cette colone , qui d'ailleurs o'efl pas hors de tout foupçoo , emploie le C. pour te G > & de oc que Carvihus fixa i'u- fage de J un & de l'autre ; il ne s'enfuit pas plus , que cette lettre n'ècoit point en- core invcmcC) qu'on le pouroit conclure d'une ancienne table d'airain, publiée par M. le Marquis MafTéi , dans Ion Mufemm IWucaycpag. 4)7 t ^clle n'éroit que de treize ligne#. En elFet pas un feul G n'y paroit i tandis qu'on y trouve plus d'une fois le C mis pour le G : par exemple dans N EC OTI.A.. Mais les lignes luU Tantes ofretu beaucoup de G. Enfin., ce
3ui Tupofe une bien plus haute antû]aité u G , qu'oo ne penfe ) les Latins fermé* rent leur G du Z des Grecs , donc il ocupe Téricabicmem la place. Ce/l un fiiic , donc VolBfis oedi/convicntpas; A l’égard du Z Lacin , en tant que dtmngué du G : cm ne prétend pas le faire remonter aux premiers tems , non plus que l’Y diûia* gué de rV,
(1) Cette lettre , quoique d'au .grand tl/âge chez les Ecrufques , ne paroit point dans récriture Latine des tables de Gu> %lo. N'en inférons pas néanmenas, quelle fût étrangère à l’alphabcc Latin s mais qç'uDc lettre ne Fe/l point, pour ne pas fc trouver daus quelques monumens con/î> dérables, ou dans un grand nombCc d*aU' tus de peu d'étendue.
(j) Le fy/lémcdc l'illu/lrc Magiftrar, tout ingénieux qu’il e/l , vient écboucr .* devant les tables Eugubioes. Les carac* teres Latins, qu'elles renfenneuc , font ABCDEFGHJLMNOPQJISTVX.
Il n'y manque que les élémens- K T Z , dont le premier n*c/l sûrement pas nou- veau i quoiquede peu d'ufiigc en certains tems , en certaines contrées , oti il étoic. remplacé par le C ou le Q. Un monu- I ment de . cette antiquité doit l'emporter ^ fur les auteurs anciens & modernes , qui difputenc eotr'eux du nombre , de la date .
^ ftc des ioventeurs de tant de lettres ) fans pouvoir convenir fur un feul article. Quelqu'un prendra peutétte ocafion de rV âc de IX, pour rabatre beaucoup de.
‘ J'age , qu'on atribue aux cables Eugubi* nés ) fous prétexte que le premier n'eft pas de raÿha^t Cadméen » £c que le fécond , a'il en étoic , s'y crouvuic déjà r déplacé. Mais jufqu'ici la foule des favans 's'eil alTcz conflammeoc réunie , pour, acotder à ces tables l'antiquité la plus re* ^ culée. Du moins ne peur-on nier, qu'elle# ne foient fort anciennes. Quand même 00 prouvccoic aufC aifément , qu'on a pu l'avancer , que leur écriture Ladne ne • précéderoic pas de beaucoup rèce Cbré** tienne f on ne poureic difeonvenir , qu'el- ,lcs D'culTenc été traafccites fur des mo**^
' numeos très anciens , dont il n-eap». croyable , qu'on cât,ak<cé,totl><>Snpa'- • D'un ,&de l'X
chez le* Xadinpoimnt bien toucher au. ' tenu de l'enttde des lentes en Italie. Il y aplatsrv quanta Ta fiy;Dte , 8c à U. valeur , a- pu faire pattie de l'al^habe* Cadméen , en fupolânt qu'il tenou avec l'F le lixiètue rang. , & qu'alnn leurs Ions & leurs ufages étoient confondus. Si i’é- criturc Latine des tables (fEugubio e(l aufli ancienne , qu'on le penle ordinain*
■ tcmcBt } quelle pteorç , que fX-
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t)E DlFLOMATIQiUr.’ 5»
No P R ST. Il y fait répondre celles-ci : ABTAE (i) HIKAMNOnPST. Il n’eft point de mot Grec , qui ne puilîe être rendu par ces derniers caraûères : comme il n’en eft point de Latin , qui ne puidé l’être par les premiers. j Que les lettres © s X û. foient nouvelles ; c’eft fiit quoi to;i5 les auteurs font d’acord : quoiqu’ils atribuent les unes à Simonide , les autres à Palamède , à Epicharme à Cadmus le Milélien, Ariftotc a rangé Z T ® parmi les plus anciennes : mais il ne faut pas prendre cela plus au pié de la lettre, que quand il les: fait monter à dix-huit. D’ailleui;s le 2 ell une double lettre , &c conl'équemmcnt nouvelle. Sui- das en raporte l’invention tantôt à Simomde , tantôt à Pa- lamcde. D’autres la donnent encore à Cadmus de Milet. Les Pélafges ne l’avoient pas r puifqu’ils n’en ont point fait part «ux Lacins. Et preuve que ces derniers ne s’en fervirent pas d’abord ; c’eft que (i) Vélius Longus , Curtius Valérien &c éâint Ilidore en reconoiifent la nouveauté. Celle du $ n’eft pas incertaine : quoiqu’on puilTe douter , fi c’eft de Palamè- de ou de Cadmus lè Miléfien , qu’on-l’a ro^e. Quant àl’V , on ne difpute pas moins fur fon inventeur. C’eft Palamède iblon les uns , Simonide félon les autres : plufieurs l’atri- buent à Pythagore de Samos* Si cette lettre étoit de la pretnicre antiquité ; l’on ne pouroit rendre raifon , pour-
2uoi les , anciens auroient (j) toujours écrit o pour OT. En- n les Latins auroienCu employé ceae lettre : ce qù’on ne peut apuyer d’aucune preuve. Au refte elle n’étoit pas non plus nécefiaire aux Grecs. , >
Us n’eurent donc point d’autres lettres qu- ABrAEHIKAM
, .-J' ; Ui U,-.
jiOCDpat i^oint alon &ns ralphabei La- tin la même place , «piedaiu le Grec ! Le ^co d'ulâee , au on en fiiroit , n'auioit- jl pas pudana-la, Càtc ocaConcr Ion dé- placement I
te V e ) ^ qDeIo|M niTons aparentes ^*on a autotife { m répondra tonjoun jna i l'F. Il y a dans te Latin ooe autre Jemc telatÎTe à l’R II y a dans le Grec V» autre cataâéte corteipondjuii à IT.
(ij Ceux qui prêtent cette opinion i :M>neaateac , ont pris, upc objeéiion, ^'il fe fait , pour tbo' lêntimcnt. Car ^alficôc il le décbmjyw rwtiqiâié da
Z I te même II en demne des prenvee.
(l ) LcaauKon , qui apoitent , qne les anciens écrivoient O pour OU, Mes mo- .numens , dont ils apoient ce fait , font poftérieurs i d'autret , où l'on trouve également O pour OU ; mais fur lef- quels on voit auÆ des V en grand nom- bte. Nul monument des Latins , quelque ancien qn'il puilTe être , où l'V ne fe montre. S'il en eft quelqu'un , dont il paroillê exclus; on no pioavera jamais , qu'il Ibit «Tune antiquité fupériente i ceux , où rv eft employé. L’V ne remonr - IC P» moussais cnez lcs Ctccs.-
y
11. l'ARTIE; SfCT. III. Ch A P. I. Ak.T( c Ll U
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n. PARTIE.
SiCT. III, C H A r. I.
A R T I c l Z I.
Ancien fyliime ccAifié : nulle co- noifTancc des let- etes chez les Grecs & chez les Utms avant Cadmus : les uns *c les autres ont re(u Ton al- fhabec.
tîaUVEAU TRAITÉ
N O n P 2 T , jufqu’à l’arivée de Cadmus. Il faut bien quH ait aporté de grands changemens à leur alphabet : puHque de leur confencement prefque unanime ,d ena palTé (i) pour l’inventeur. Toutefois il ne l’avoit enrichi que de llx caraâcres fur le modèle des Phéniciens. De ce nombre trois feulement avoient chez les Grecs la valeur de lettres , & trois de fignes numériques. Z © H reviennent aux jaî/i , thith àc (i) ScAin des Hébreux. Les deux premiers conl'ervent dans l’un & l’autre alpliabet le meme rang. L'autre ne l’aura (3) per- du , que par la faute des Pélafges. L’alphabet de Cadmus fut donc compofé de dix-neuf lettres vériubles. Un palTage de Tzetzes en fait la preuve. Les Grecs , félon ce texte , n’eurent d’abord , que leize lettres ; enfuite dix-neuf -, enha vingt-quatre , qui hirent réunies en un alphabet par Calliftra.- te ^ Samos. Voila donc trois états bien marqués de l’alpha- bet Grec. Les Pélafges l’aportcrent , Cadmus l’augmenta les Ioniens (4) y mirent la demicte main , &c le communi- quèrent à tous les Grecs.
V. Tel eft en racourci le fyftème de M. Bouhier. Si l’on peut tenir contre la force des preuves , qui l’apuient ; on ne fauroit fe refiifec aux éloges qu’il mérite. Mais fes belles proportions ne lui donnent pas toute la folidité delirable. Les notes dont on vient d’acompagner l’efquilTe , qu’on en a tracée , auront commencé fans doute à découvrir la fra- gilité de quelques-uns (^) de fes fondemens. A des autorités
(i) S'il l'cft en eSêt , l'objeâioo Ce tourne en preuve.
(t) On ponroit fur ccli former Je grandes dihcoltés. A <]Boi bon reconrir au Sehiit ; tandis que nous avons le Sm- mtc , qui ocupc pidciRment dans J'al- phabet Hdbreu lamdme place que le B dans le Grec ! La relTcmblance du Sa- mec Phénicien on Samaritain avee le S Grec , e(l bien phis marquée , que celle du dernier avec le Schin.
(jJ Si le SMk a été fubftitué par les Pélafges au Saiwec , quand ils l’ont fait palTcr dans l'alphabet Grec , fous le nom de 2 , & C cette lettre eft Cadméenne : donc les Pébfgcs tenoieot leur alphabet de Cadmus. Ceft une contradiéUon écha- fée à l'atcncion du lavant Magiftiat.
(4) Auparavam , chacun avoii le lien | parccqu'il n'y avoir prclqu'aueunc cou- tree , prefqu'aucnne ville , qui n'eût quel- que lettre particulière , ou qui n'en fie quelque ulagc lingulier , ou qui ne re- tranenût un ou pluficun élémeat de l'al- phabet , du moins dans laptalime. Mais enfin l'ionien eompolï , non de vingt- quatre , mais de vingt-fept caraéiètes , y compris les épisèmes , lempUfa fcul tous les antres.
([) Tous n'ont pas téellement ce dé- fini. Acotder vingt-deux caraélères à Pal- phabet de Cadmus , & S'élever contre l« préjugé , qui le bornoit û feize , tien de mieux penlï i mais les fopofc dcs-Ioi» numériques j c'eft trop anticiper fur la cems. Les Grecs ne conuicnc,que pluCcnif
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OE DIPLOMATIQUE.* Zf
fëellement trop équivoques , pour nous engager dans des routes contraires à celles , que les anciens nous ont firayées ; ^pol'ons 'des témoignages ^emptoires; Prouvons qu’avant Cadmus les lettres furent incooimes à l’Italie , comme à la Grèce. Le filtrage d’Hérodote pouroit feul nous tenir lieu de beaucoup d’autres,
!'•. Nous n’avons point d'auteur plus ancien , qui ait fait autant de recherches l'ur l’origine des lettres, ll femble avoir pu d’aflèz bons mémoires , touchant leur i<itroduâ:ion en Grèce par les PJiéniciens ; puifqu’il entre lut cela dans des détails , qui montrent un homme bien au fait de ùl matière. Il avoir examiné les monumeiu de fa patrie. Si lés lettres y eulTent été mifes en ufage avant Cadrnus ; eft-il probable , . qu’il n’en eût découvert aucun , qui précédât l’arivée de ce prince i S’il eût feulement oui parler de quelqu’un , dans tant ce voyages , entrepris pour perfeéÜoner fon hilloire ; zélé qu’il étoit pour la gloire de ion païs , il n’eût eu garde de fe déclarer , en termes aufli forts , contre l’exillence même des lettres chez les Grecs avant Cadmus. » Les -Phéniciens i»de fa (d) compagnie dit-il , entre plufieurs autres fortes V de belles conoiilances , dont ils enrichirent les Grecs , leur » aportèrent celle des lettres. Audi ne s’en trouvoit-il point , và mon avis , chez eux auparavant Ce texte (i) eft d’une toute autre clarté , pour nier qu’il y eût en Grèce des lettres plus ancieimes ; que ne le font ceux , qui femblent en acri- Duer aux Pélafges avant cette époque.
a°. Des écrivains de beaucoup pôftérieurs, & d’ailleurs en contradiélion avec eux-mêmes , peuvent-ils balancer l’au- torité du père de l’hiftoire ? Elle va , cette contradiéHon ; jufqu’à reconoiae . Cadmiu pour le premier introduâeur des ' lettres en Grèce , qu’on y lupofe en ufage , &c meme con- figjiées fur des raonumens antérieurs au débarquement de Odmus. Veut-on épargner à ces écrivains la honte d’une'
f2cleiaptjs,ratilit^ d’an alpbabct de chi- fr« , & les Phéniciens ciu-mémcs o'en louilToienc pu encore.
( I ) Si l'a^on contraire étoit connoe , dés le tems d'Herodotc ; elle ne pooToit ttre apoyée , que fat des bruits vaeaes. fov (râ qn'dk eût ta qqclqne le^té
de vraiicnblance , comme elle étoit honorable à la Grèce j cet bifloiicn n'an- toit pu dédaigné d'en' faire do moine une mention eapreHc : au lieu qu'en l'in- flouant à peine s il montre (Olÿica J>f B ' elle étoit fondée.
(
n. PARriE..
s ICI. III.
C H A F. I.
A K T-I« li-
(a) Lit. J. c. s*\.
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NOUVEAU "TRAITÉ
- -ü'!— J" pareille abfurdité ? Il faudra donc dire , qu’il ya vdritàbl«l Il P ' R.T/E. ment erreur dans leur chronologie : mais qu’ils n’ont jamais C^H A^i> * r rrcrendu faire ériger ces monumens avant Cadmus : ou bien A R n c L I t il faudra fupofer , qu’ayant été dreffés après coup , ils font d’un âge plus récent que celui, dont ils femblent porter la date. Mais dans l’un & l’autre cas , M.Bouhier perd tous les avanta- ges, qu’il prétendoit tirer de ces textes raffemblés ^ grands frais. Au contraire aime-t-il mieux , qu’on ne touche pas à l’anti- quité des monumens alégués ? Le petit nombre des auteurs,' iur lefqueis il apuie l’ulâge des lettres en Grèce , avant Cad- mus, fe réduira nécelTairement prefque à rien , Sc meme doit être compté pour rien ; puifqu’ils dilènt fur le meme objet le pour ù. le contre.
}®. Il n’en eft pas ainfi de ceux , qui prennent le parti de Cadmus : leur fufrage n’eft point chancelant. Tous tien- nent le meme langage , quant à ce fait principal : La Grèce doit fes lettres à Cadwtfj. Point de variation à cet égard, de •la part d’aucun ancien de quelque nom. S’ils fe panagent,' c’cft fur les circonftances.
Ce que les auteurs dilènt des lettres , aportées de Phénicie en Grèce par Cadmus v le dilènt des lettres Cadméennes aportées de Grèce en Italie. Les témoimages , par rapoK au dernier point , font encore plus uniformes. Il feroit inu- tile de citer les Scaliger , les Saumailè , les Bochart , les -Vollius t/C tant d’autres. Ces modernes ne font que les échos des grammairiens &c des hilforiens Romains fie Grecs , qui dépolènt en faveur de l’alphabet Cadméen, introduit en Ita- Marius Viûorin (a) ne fe contente p^ d’en augmenter mlul. « ‘0^- le nombre ; il s’autorilè encore d’un ancien Latin nommé Cincius , dont le témoignage eft précis. Denis d’Halicar- naftè , l’un des auteurs le mieux inftruit des antiquités Ro- lit. t.f.n- niaines, nous {i>) aprend , que les peuples , qui , foixmte ans avant la guerre de Troie , vinrent , fous la conduite dE- vandre , s’établir en Italie , y aportèrent les premiers les lettres Grcques , dont l’ufage étoit encore tout récent chez les Arcadiens. Or comme ces peuples étoient Attiques & Pélafges , il fuit qu’il n’y avoit en Grèce ni lettres Atti- Pélafgiennes , antérieurement àl’arivée de Cadnuis. r.'Tp. " Aufli le cardinal(c)Corradini,dans fon ouvrage fur les premiers
peuples
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t)E DIPLOMATIQUE.
>peaplcs de l’ancien Latium (i) , fe déclare-t-il popr cette lopinion préférablement à celle (i) de Pline : quoiqu’on lui falTc dire le contraire dans la table des madères , par une inatention , qui doit être mife fur le compte de l’éditeur. Quand on n’auroit que les autorités d’Hérodote , de Cin- cius , de Denis d’Halicxu-nalfe ; ne renverferoient-clles pas .par les fondemens tont TyAcme , qui rupoleroit des lettres , . Pélafgiques en Grèce , Attiques en Italie av^c Cadmus ? M. Bottliier a-t-il un feul témo^iuge aufli formd i Nous ne pouvons donc le fuivre fur ce point ; mais nous embraf- ferons volontiers fon opinion , aumjet des vingt-deux lettres ,de l’alphabet Cadtnéen , & nous: nous éforcerons bientôt de la conhnuer par de nouvelles preuves. t
,, VI. Mais fi les Grecs & les Latins reçurent d’abord vingt- deux lenres ; d’où vient que tant d’auteurs anciens & mo- dernes n’en ont compté que feize , ou bien dix-huit tout au plus ? 1°. en tenant ce langage, ils ne parloient point des UpLsèmes ., qui ne laiBbient pas d’etre de vraies lettres , chez .^uelqtke»-an»ide cês peuples , & notamment chez les La- tins ; quoiqu’ils fufient reftreints aux pures fonctions de chi- fres chez plufieurs des Grecs, a”, les variations perpé- .tuelles de ces auteurs fur les inventeurs de chacune des pré- tendues lettres ajoutées décèlent la foiblelTe de leurs té- jxioignages à çet égard. Tout eft chez eux plein d’incertitude ;
• (j.) Ptfri MarctUini Ctnaéliiti S. R. E. Cardiaalis de primii MntitjHi Latii populis
Rems 1748. T*w. 1. lit. i. cap. 4.
n.
(i) L4 diftrcQCc iformion entte Plioe & le 'Cardinal ne inmDe pas Tur Tintto- dudtion des lenres en Grdce pu Cadmus ; mais fur pelles des memes lentes en ba- lie par les Arcadiens ou les Wlafgcs. Le Cardinal en fait exprelTcmcnc honneur aux prémices , Pline eu raporte la gloire aux leeonds. Mais Pline , t]ui die I. 4. c.t. que l’Arcadie fut apciidc Pdlafgie , put bien dd patladc des Pdlafges , rie les point diHingucr des Arcadiens. C'dtoit mdme une voie , .pour concilier les opinions des tutturs i qui ftnt aporter in Italie les lottrcs tantâe par Ici Aicadil^ , te. tantôt t>at les Pcialgcs, tient -pas^
* Tome II ■
moins pour un fait certain , que Cadmus incioduifii les lettres en Grèce , mtjtu ta Graciant mtulijfe cVherticeCadmimi.lih.7 . c. s* r cela fupofe, qu'elles o'y avoicnc pas pénétré avant lui ,'Sc que les Pclafges avoicnc adoptéTcsIctttc's , quoique peut- être en y faifaAt .des «hsigemens conli- détahlcs. L'écrmte bmfrapMdna > ou i marche alcetnacivcmrnr contraire , en auroit pû être nn de lent invenrion. Du moins les exemples en patoilTecc ils plus fréquens d^ns le Péleponcfc , que par tout ailleurs. Ces Thytrénlens au. con- traire , comme Lydiens , retinrent Pécri- cure propre aux Orientanx , alant d* .droite à gauche. C'efl uqe obfervacion jultifiée par les plus anciens ihoniuuciii Ectufques. > :
d'
II. PA RTIE. Sic T. III. C H A P. I. Ait TI en L
Comment Pan. cien alphabet des Grecs & des La* tins a-c il pû paf- fcrpourn’ctrc que de Icire lentes, ou de dix -huit au plus ;
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Il PARTIE
S t CT. III. Cmap. I.
. Akt I CLI. I.
•1^ NOUiYEAU.i Tll AITÉ
parceque au lieu de remonter à U fource ,'ils ont jugd du paiticulicr au gdaéral. Un monument en lettres anti- ques leur a taie prélümer , que tous les auttes étoienc fem- blables. Ils ont conclu d’un texte mal entendu f, que tel avoir été l’inventeur de certains caraûcres , qui ne les avoit 4 qu’actddités , & tout au plus fait revivre, ou fervir à un nouvel ,ulà^. De la leur peul de concert fur les lettres inventées apres coup , & fur leurs inventeurs- j“. Il ailé de com- prendre , comment ils ont pris le cliange fur un fait aufli -obfctu: , qu’éloigné de leur rems. Nuis, textes formels d’au- teurs de la plus liaute antiquité ne portèrent la conviélion .dans leur efprit^dls ne rédailirent si feize lettres l’alphabet primitif de Cadmus , des Pélalges & des Arcadiens , que pat ignorance du nombre des lettres, dont l’alphabet Phénicien étoit compofe ; que liir des raifons grammatiesdes , qui fupo- lènt toutefois dans l’alphabet les lettres mêmes , qu’ils préten- dent devoir en être rétranclrées ’, liir l’ufage des licclcs voitiiis du leur, où certaines lettres n’a voient , pour ainli, dire, plus de cours , quoiqii elles ne fùrtênt pas banies de f alphabet^ lût une étude trop fliperfîcielle des monumens antiques ; fur des notions peu exaûes des lettres , qui avoient aquis une nouvelle valeur , ou quelque autre fon aprochant de leur fon primitif. i .. ^ il ' ■-
Or l’ignorance „où 'les anciens étoient furie nombre des élémens Phéniciens , ne manifefte-t-elle pas la première caufe de ‘leur erreur fur celui des élémens Grecs & Latins?. Qu’une lettre ne puilTe erre cenfée niconfbnc ni voyelle, mais feulement afpiréc ; (èra-ce une railbn pour décider j qu’elle n’étoit pas en ufage , du moins fous ce dernier rap- port ? Une lettre cil acréditéé dans un tems ; la mode s’en pafle dansim autre : elle eft aflbrtie à l’idiome de certain pais J elle ne convienf pas à un aiitre. S’enfuit-il qù*élle Ibit exclue de l’alpliabèc ? C’ën feroit donc fait du K en France , en Italie ^ en Efpagiije. ^ ‘ •
Telle, Icttee,: donc un monument fêta dépourvu-, fe moiw- trera fur un antre du même t^ms ,, où qaelcju’une de cellei, ^’on avoir trouvées fur ïe premier ne paroitra pas. Secoatrif râifonablc de les'juger étrangères à l’alphabet^ fur des auto-
tités û ciwncelantes ? On Exé la prohonciation cTmie lettre *.
O. .1 tiusv - ^
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I
DE DIPLOMATIQUE. 17
dont le Ibn étoit incertain ; cette nouveauté détruit-êlle Ibn être ? Le changement lîirvenu ne prouve-t-il pas au contraire la • * J ^
réalité de fon ancien état ? On diftingue plufieurs fons dans c«”p i. une lettre : on les aproprie à difêreiues figures , fous lef- AancL» l. quelles on avoir déjà coutume de la peindre. Soit qu’on lailfe ces fignes \ leur place , ou qu’on les rélégue à la fin de l’alphabet : la prononciation de la lettre eft déterminée , ♦
le figne qui doit la répréfenter cft devenu certain ; mais ce caraâcre étoit-il privé de fa propre exiftence ? N’avoit-il pas fous lui les memes figures î Ne fcrvoient-elles pas aux memes fbns ? N’eft-ce pas ce que nous avons vu prefque de nos jours avant la diflinftion de l’I voyelle & de l’J con- fone , de l’V confone &: de l’U voyelle ?i Pourquoi n’en fe-* roit-il pas arivé , par exemple , à peu près autant au fixième élément de l’alphabet Grec ? Quoi de plus fimple & de plus naturel , qu’outre l’épisèmon il fe foit partagé en F d V ?
Ses fons &: fes figures auront pam d’abord les memes : on les aura renfermées fous im feul élément : fês fignes fe feront multipliés :1a diverfité des fons aura été aperçue , fans qu’on’ en ait alors conflamment varié les fignes : on s’en fera fèr- vi indiféremment. Enfin l’on en fera venu par degrés à la fixation des uns &c des autres. La multiplicité des figures' de la môme lettre aura fourni aux diférens emplois , qu’on en aura voulu faire. Les méprifes des auteurs &: les diverfet caufes de leur illufion n’em^chenf 'donc pas , iqùe fes Grecs n'aicrit rdçu vingt-deux lettres de CadmuS i^’faVoir" lés trois épisèmts èc toutes les voyelles Sc confones j qui-prédcdeiîC l’Y ou rV. Cette lettre & les quatre fuivantes âaifont' été ajoutées dans la fuite : aparamment farts aucune créatibti' nouvelle de caraûères : mais avec une aplication fpécifii^ue des diférentes figures , que plufieurs des anciens: élémèhs contenoient déjà.
VII. Le plus grand nombre des auteurs ( i ) borne l’al^iliabec L airhibet CaJ;
(i) Quand on commença parmi Ici Grcca & les Latins à réfléchir fur l’ori- gine des ufages -, on Te figura , que tal- phabec de Cadmos n’aToic iti compofé que de Tciae lettres , ou de dix-huit tout au plus. Artflote , au tapoit de C») Pline , droit de ce dcmict xris. PtUtien , (S)
Maxime (r) Viâorin, Marins (d) ViOorin M Hift. 1. 7.c. jS, n’acordoient aux anciens Giecs que reize (S) lettres. S.lfidoccen fiioit(r) le aombic à (c) De n gram* dix-rept.Ilauroitfiilulerdduiceàquinze, mmt.cel. 194^. le meme à quatorze , fi l’on avou prit à (d) An ünunmdti la Icmc tout ce qiie des traditions incct- <«l>a4SS. ;
aines publiai eut, toBcfaaotfcsiaaeBteut» {•) l-ii. t. tnr
Dij
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i8 NOUVEAU TRAITÉ
de Cadmus à feize lettres. Cependant quelques-uns les fonc monter à dix-fept , d’autres juiqu’à dix-huit. Si l’on pefoirles fulrages , au lieu de les compter ; les derniers pouroient faire pancher la. balance; Ariftote , à plus d’un titre mérite cette
II. PARTIE.
StCT. 111.
Ch A P. 1.
ÜRT.IC.1.X. L
iti^en Grec & La diftinétion. U fc poutoit bien faire , qu’il n’auroit eu en vue , un, (ftoit conifoCc que les lettres antiques , dont l’ufage s’etoit perpétué jufqu’à de viogi-dtuxcié- ^^)n tems. Ainll ne comptant pour rien les épisèmes ou chi- fres numériques ; li ce n’cll en tant que l’un d’eux, auroic été transforaié en un autre caraâcre :-il ne fe ferok trom- pé , que fur les dciLx lettres , qu’il atribuè à.Epicharme. On peut en dire aut.mt de Marins Viftorin ; quand d’une part j1 admet trois épisèmes- Sc dans l’alphaE>*:r Grec nouveau Sc dans l’ancien ; &: que de l’autre il . les reconoit dans le di- gamma Eolique , qui n’étoit pas un fimple cKLffe , &: dans» les lettres F. G Q des Latins ^ qui» l’étoient encore moins. Voila des caraéleres ;incierts , fclan lui , quoique non com- pris dans rénumération de fes feize lettres. Ün peut juger, j'ar 11 , que les autres écrivains Latins & Grecs (bufenten- dent cgalepient les épisèmes , Jorfqp’ils^réduilènt les élémens» Cadmégns à feize , ou dix-huit,. r'
A ces preuves déjà d’un art'ez grand poids s’en joignent- d’autres, qui paroilî'ent beaucoup plus prefl'ante$,.i' , L’alphabet des Phéniciens & des Hébreux renfèrinoit vingt-dsux élémens , comme il eft dénmntré par les/livrei da Moyfe,- Celui de Cadmus , poftérieunà Moylê jin’éroit donc pas Iculement de feize , ni meme d’une ou. dedeux lettres de: plus. Le premier aporta fans doute en.Grèce toutes celles „ dont on faifoit ulagc en Phénicie. Or ces lettres étoienc conftamment au nombre de vingt-deux,
Quand l’hiftoire garderoit le, lilence fur l’origine des let- tres Grcques ; leur tcOemblanca ayet;. les Plwïiiciennes la.
U.
s,
de pJuHcucs ^cmcDS. A B r A E
' iK A M ^ O n ’P £T , nul cara^rc- ne
Teroir fùrcnicnt Cadméen. On iroitmeme coBceftetrOà Cadmus» £. Ton ëcoucoic (4^ Maxime Viâorio.Ji rafor> 19^^ te de plus à.-PalaoBéde 1*Y , que dancrcs
onciale pa/fax pour une ktrre inrcncce.
Ib:4i, . pacPytUagoK.' PlvilcBcs onc voula» que
tiff. Patamede ak uouvA0 S (P X » fe.Siino^ Mdc Miüa AôÂotc idvcadjqnc
O X a rpicharme; Sâiht Tfidorc , quf (é) ne patle ôidioairemcnc , quad'apn^s les anciens , donne à Palamcdc H X û » ÀSlmonidc S B Mavtme Vidona \ à Palamcdc H O Xs 'i' , à Siinooido /(r)OT. Marius Viâorin^corde àSimonide (t) b gloire de rinvennon de f> # XtCcA donc un fait démontre*, que les auccuis, ne s'icordcsc pas fut rmventeur d'ua& feule de CCS Jeetres» .
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DE. DrP LO’M ATIQUE. X9
J’écouvriroic. Perfone ne fe refufe à l’évidence de cette rai- fan. Pourquoi donc ne paS' reconoitre , que k-$ épisimes &c partie. les lettres Z H© S Portent de la même fourca J Leur con- chap. i. formité avec les caraûères Phénicieirs n’eft-elle par égale à Astich. h- celle des autres lettres Grèques ? Le rang de part & d’au- tre n’eft-il pas le même î Leur nom eft-il aiférent ? Ont-elles été ajoutées depuis Cadmus à l’alpliabot Phénicien ? Auroit- »1 .rétranché du lien des lettres , dont les Grecs poiivoient 11 peu fe palTer , qu’ils lurent obligés de les inventer dans la îuke , s’il eft vrai que d’abord leur alphabet en fut dépourvu ?
La réunion de toutes ces preuves équivaut fans douce à une démonllracion.
J VIII. Il eft.tems d’établir quelques règles ,,pour diftina Règle* pour d;f.' guer les. lettres Gadraéennes de .celles , qui ne le font pas j d« 'fe-
£c de faire voir , d’où les dernières tirent leur origine, ' condaires : celle» f Première règU, Toute lettre de l’alphabet Grec ou Latin , “i°“-
qui s’acorde avec une autre du, Phénicien ou de l’Hébreu Cadm*ei***^!'n'uî pour le nom , le. rang &c la figure , doit être efUméc Cad- *enc leai origiac,- méenne.- î ' ;ifn. j,t srrxno'.’i >
. Cette règle ; fur tout après "ce qui a été dit plus haut", doit pàroitre d’unç fi parfaite évidence , qu’elle ne lailfe pas h plus léger prétexte au douce. Mais il s’enfuit de là , que les lettres z H © s ne font de l’invention ni de Palamède , , ni de tout autre Grammairien' ou Philofophe qu’on voudra.
Seulement , & c’eft à quoi Palamède auroit pu contribuer par fon exemple Sc fon autorité ; l’ufage , qu’on en faifoit , de rare & d'incertain qu’il étoit , fera devenu plus fréquent ;
Ü aura pris plus de confidence & de faveur. Enfin perfone n’aura plus fait dificulté de s’en fervir , depuis que. l’alpha- bet Ionique fût adopté de tous les Grecs.
Seconde règle. Les lettres fiirnuméraires à l’alphabet Phé- nicien , & qui n’y lai/fcnt aucun vuide , font ajoutées aux . ...
Gadméennes. •
Cette, règle n’efi qu’un corollaire de là précédente.- Aînfi dans le Grec T ® X ■4' il font ajoutées , & dans le Latin.
V Y Z. Mais comme Yépisemon n’eft pas réellement fur- nuxnéraire à l’alphabet Phénicien , fit que fa place demeure vuide dans îè Grec : puifque nul caraâère Grec ne répond direéfcmenc au Tfade -, le déplacemeoc du SanpJ ne. doit-
• ■»
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II. PARTIE S H C T. III.
C H A r. I.
A K T 1 c 1. 1 I,
f a) De tnht- ^r.lfb. mpud Putsc,
{. iif4.
{h) Tem. I.pl VII.
3d NOUVEAU TRAITÉ
pai le faire méconoicre pour un caraâèfe d’origine Phénii cieniie : d’autant plus qu’il en conferve toujours (i) la figure. Par la meme raifon l’X Latin ne fera regardé que cbfn> me une lettre , qui du 14'. rangea été renvoyée au 11®.' Montrons maintenant , que les lettres , même furnumérai-* res à l’alphabet Cadméen , en font nées. ' >
Il en fut des lettres chez les Grecs , par taport à leur al-* phabet , comme des dialeâes , par raport à leur langue. Le même élément , le même mot iè font diverfifiés , fuivant le génie Sc l’accent des diférens peuples de la Grèce. Mais dès que les fons & les caraélères commencèrent à fe fixer ; on conferva dans leur rang , ceux qui s’écartoient le moins de la forme & de la prononciation primitive , & l’on rélégua à la fin de l’alphabet , ceux qui s’en étoient le plus éloignés. Si le pofte qu’ocupent l’Y & le «D prouve , qu’il leur fut affi- gné , depuis l’établiflement de l’alphabet Cadméen : on n’en doit pas inférer , qu’ils en fulTent abfolument exclus. La fixième lettre leur à douné nailTance , ainfi qu’au digammet Eolique & à (1) i-nlcnnnof €aû. Comme la même lettre pro-* duifoit au moins trbis fons -diférens ; en confervant au dt~ gànana fa place ^Üi &dutMeh rejeter- à la fin de l’alphabet Î’V & le C’eft la pteimère addition faite à l’alphabet
( 1) O A o'â qu'à comparer la Tfadt de U prclAicre colooede notre VI!’. j>lanchc du L tome , Sc les Ssnpi des planches X.
& XI. Sc l'on fe convaincra , que la ref- fcmbUnce ne pouvoir guère être plus grande.
(aj L'épiiimm la» des GrCcS , apclè vit par In Grammainens Latins ; lorfque l'empire Romain Tubniàoit encore , cib bien vi/iblemcnt le même, que le Van des Hébreux le des Phéniciens. Scaures nous (a) eft témoin , que quelques Grecs ape- loicnt Vam leur digamma. Cette lettre . qui n'ed autre , que notre F , ne Te voir* elle pas Ions le lîiicme élément dans l'al- phabet général, que nous avons donné (é) de l'ancien Hébreu , Phénicien ou Sa- maritain I On ne fauroit y méconoitre le digamma Eolique j dans la quarricme figure 8c les fuivantes , ni l'T ou l'V dans les deux premières. N'y découvre- t-on pas même le O dans les cinq avant
dernières de la première ligne , pour nt point parler de plulleuts autres figntei renserfées ! Qu'on jetté apres cela Ica yeux fur le premier alplnbct Grec gé- néral. Les dix premières figures de l'rpùè-, mtn haa Ibnt-cllcs autre enofe que des F f On ne peut donc nier , que FF , le di~ gamma Eolique , I' V, IT St le q> oc foienr nés du fiiicme élément Cadméen. Le fi- gne numérique & l'F Latine ont confervd leur place. L’V , I T , 8c le ® ont été ren- voyés à la fin de l'alphabet. Après cela l'on ne doit pas trouver étrange , que la digamma Eolique fe confonde (buvenc avec l'V confone. Il femble que l’V ocu- poit déjà la dernierc ou l'avant demièrà
fdace , locfqu il fut porté en Italie avec es autres lettres. La même pofition dans l'un 8c rautre alphabet Grec 8c Latin eii fait naitrc l'idée , l'autolitc d'Arillote la confirme , les plus anciens monumens des deux nanons v mettent le fceau.
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PE DIPLOMATIQUE. .'31
(CrtCC, àinû. qu’il eft invincibkmçnt prouvé pat le rang , :quc ces deux caraclct» tiennent comme lettres & comme chiîres ; par des mooumens de la plus haute antiquité , où l’on trouve l’V d’un ufage ordinaire ; par des inferiptions , qui n’ont pas moins de 700. ans avant J. C. où le 4^ le reiv .contre j enfin par l’auixirité d’Ariftote , qui raettoit ces deux lettres au nombre des Ciuàméçmçs. h’ épisèmon quopa n’eft autre, que le Q des Latins. U le rnaintint non feulement chez, eux en qualité de lettre , mais encore parmi quelques na- tions Grcques , comme leurs monoies en font foi. Lu Q faifoit (ill’ofice de Imrc chez les Grecs : Matius Vidorin (a) fatefte , fit r>otts déclare en meme tems , qu’on pouvoit aprendre dans les livres des Pontifes , pourquoi il avoit CelTé d’en remplir les £bnétions. Bientôt Û fit oaitre , ou remar- quer un autre fou aprochanc du lien. Quand donc on vou- lut les dilHnguer , d’une manière confiante ; on eut foin de renvoyer à la fin de l’alphabet le x Gtcc , qu’il avoit fait ^loce. L’irmtilitd du Tfadt Cadméen écoic ptefque (t)
( i) Beaucoup d'auteurs fore lavans nom point compris le fena de ces paroles de Ylâorio : Ntc G ^mdtm ncc ^ Liuiaai jittmc ùarcduxit. Ils en ont eemeju , que les Latins n'avoient ni G ni Q. Ce n'efl ^la penfô* de notre Grammairien. Cc« rim» Içmc* ]io«voi«nt être cosrtragits , fÇnyitC purcmept l.atiaci. & non Grc- Met: Lq r Grec ocupoir me place fort oiftcéhtt du G latia , & le Q ne paroiir &ic peine dao< les livtct Greee. Il Ceta- bleit donc tuturcL d'en raporret llnvcn- lion anr Latins. Viflorin art comraite fetttiewi'^ tnne ft l'wrc lettre font.
d’oseille tÿl ^paixm'dUs fe maintenoient dans leur âlpU|^ i qoe k^fhev ks.Gr>eei après «oie dâSint ktOK otdnsaite, nroic/lilcoaiinud de i'é- etc pour les rasTons , qu'on pouvoir apren- 4ie,dans les livres des Poori&s. Loin donc d(| ecpuler ta bsecies , eoiiime q*apMt( ara d'esude ^dans ^'èctitocc LatincH il les iugccHt lî^rapies à leur knj^e i ilMI(e.«scqK>lteeiigèdctdp<m- l'irrreotien
aux fculs Latiia ,'à l'exclulîon des Grecs. Toik peenanc imo^ des railbnt ^qei dd- •cxœipeM. Gotià banii de Ton alphabet
'■ Etruftjuc le C Sc le Q. Mufaon Eeruje.
• tem. i.f. 4I<. ' ' ‘
Poux pcmiver , que les irois dpisèmes Te font maintenus dans l'alphaber Grec , on pent aléguet les pontificaux Latins , où l'en voit que l'Evopie , qui fiùfiiit la dédicace d'une EgULe . éciivott les 17, lettres ou eataélères de l'alphabet Ciec , avec (5 ctofTe fur le pave , couvert de cendre. Oc les trois épiièmes écoteot de ce nombre , Se conlecvoicnt la m£mc place , que dans l'Hèbtcu , ciceplé l'rpt- limm fmfi, relégué d la 60 de l'alphabcc. Pom Manèae (èj cite en preuve 7. Pomà. /veaux, dont le plus ancien cil de 800. an^ & le plus moderne de }'. d 400. Plolicur^ -miT. d'envifofi fvtUeans ont de* alpha, bers Grecs fbunis des *7. lUêmcs lettres.
(1) Les Grecs pmeiit bien d'abord en faire quelque ufage ; mais il ne lotpas de (buée. On a beu de croire néwuiiaios ,
I qq'ils fapçriùcnt eu Italie. Cqtie S fiir- m notée dun accène dans les tables <fF.u- gubio en éerirure Laririe a vont l'aie d'uix Efiut*. y;ell«eAàpeafics lârfigyrc dan* prcfqi/e cous les cataélèces Oricniaui.*' ^ G*riDiftfa4M' jUfkiAM^Eirmt* I74S^ ,trtf.i.L¥L. ... II-. .
IL PARTIE. StCT. III. c H * P. I.
A K T I c 1. 1 I.
(m)
(h) R//, n&v.
1. 1. cffi.
,i; . : 1 . .
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•ji NOUVEAU TRAITÉ
— généralement reconnue. Les Grecs n’avoient pas un (êul motj ir. PARTIE. .qiiJ commençât par ts : ils s’avisèrent d’en laiieun l'p. C’eft Chef. I. donner le nom acpisemon janpi. Mais comme
A a T. J. Je pf (è trouve à la tête de quatre fois plus de mots que fp ;
par une tranfpofition , dont les exemples ne font pas rares , on en forma le 4 » ^ut rejeté à la queue de l’alphabet , avec les autres lettres de nouvelle création. Ainfi le 4 n’eft point , à proprement parler , forti du l'ein de la lettre Cad* méenne , qui y répond. Elle a léulemcnt ocalioné fa naif- fance , de même que celle du Janpi , s’il a réellement eu quelque emploi dillingué des fondions de chifre.
■ . , Les produdions nombreufbs des lettres vau,quoph 8c tfade les épuisèrent an point de demeurer fans valeur alphabétique. Les nouveaux fons , qu’elles avoienr mis au jour , firent oublier les anciens. Et ces élémens mêmes auroient été bientôt oubliés , fl l’arithmétique nouvelle des Orientaux , apliquée aux let- tres Grcques , n’eùt confervé le nom 8c le rang aux deux i Car pour la troifième , elle avoir déjà perdu l’un 8c l’autre, 8c couroit grand rifque d’être enfevelie dans un éternel oubli.
Les O longs s’écrivirent d’abord par un limple 0 , 8c depuis par deux. En les raprochant il enréfulta une feule lettre, qui s’étant acréditée peu à peu , ne lailTa pas d’être réléguée à la dernière place , où avec le tems elle devint clUfre , comma celles qui l’avoient devancée , 8c s’y transforma en une in- finité de figures. L'afedation de finir l’alphabet (i) par une . voyelle n’entra pour rien dans la formation de cette lettre.
La prétention contraire de Gudling n’eft pas foutenable. dungemtns IX. Si les inventeurs des lenres ajoutées à l’alphabet Cad- futrenns à quel- mécn Ont été confondus enfemble ; les lettres ajoutées mêmes celles qui n’avoient éprouvé que des révo- lutions , n’eurent pas un meilleur fort. Nous avons vu les pre- mières , d’abord équivalemment contenues dans l’ancien al- phabet , enfuite débufquées de leur place , puis fucceflîve- ment réléguées a la dernière. Voyons maintenant à quelles viciffitudes fiitcnt expofées ceües , qui fc trouvoient expref- fément renfermées dans l’alphabet ; mais qui n’étoiqnt point parfaitement afforties au génie de la langue Grcque. Elles nq
(i)Gmdling.Oiftnivùnmti feUamum | 1701, Itm. (,f> 2-0.
Ttm Untr*ri»m fftilAniium, U»U | 1 ^
pouvoient
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DE DIPLOMATK^UE. 5j
•pouToieflt manquer de (ubir divers changemens , jufqu’à ce
aue le tems & la réfléxion en euflcnt irrévocablement' fixé * i' ^ ‘
J* - Seci. III.
Chae. I.
- Un alphabet porté d’une nation aune autre , dontlalan* Aancttl, gue eft abfolument diférente , ne conviendra pas , à tous égards , aux font de cette nouvelle langue. . 11 aura des ca- taâères , qui lui lèront inutiles ; il en manquera , qui lui feront néceflaires : parcequ’il n’a pas été précifément fait pour elle. Qu’arivera-t-il donc ? Il faudra rétrancher des let- sres , leur en fubftituer d’autres ; ou fi l’on ne les rétran- che pasd’ufage en deviendra nul ou rare : à moins qu’on n’en falTe une apUcation diférente , de celle qu’elles avoient ori- ginairement. Cependant comme la langue Grèque avoit au- tant de dialeâes , que de peuples qui la parloient ; ces dia- leéles ocafionoient diverfes prononciations. De là tel ca- raûère Phénicien , qui ne fervoit point dans une contrée de la Grèce , fe foutint dans tme.autre. Il aura même pu revi- vre chez des peuples , qui l’.avoienc rejeté , comme de nul olâge : parceque la prononciation de ceux , qui l’avoient conferve , aura prévalu fur celle de leius voifins. C’eft ce qui aura fitit conferver au (i) 2 & au 0 leur ancien polie , à peu près leur fon primitif. Les plus anciens monumens *Crecs & Latins , 8c le chifte Attique Hixaror dépofcnt en faveur de l’antiquité de l’H. Mais de pure alpirée qu’elle droit alors, changée depuis en E long ; elle remplaça chez les Grecs feulement les deux E , qu’on découvre encore au- jourdui fiir les infcriptions Grèques , dont l’age fe perd dans l’obfcurité des premiers tems. L’H ni chez les Latins , ni chez les Eoufqùes ne perdit point fa qualité de pure afpirée.
Audi quelques anciens grammairiens l’onc-ils rejetée com- me inutile , mais jamais comme de nouvelle date.
Le E n’étoit point originairement cenfë lettre double.
(i) L’origiaeduZ , Ci place natatcHe conferr^e , & l'autoriij d'Atifloce , qui range cette lettre parmi les plus ancien- nes , doivent pont le moins contrebalan- cer rargument, tiré du double Ton, qu'elle laiflè , dit-on , entendre , qu'elle a pu contraâcr arec le tems dans certaines province* , qu'elle n'avoit pas fans doute s quand elle entra dans la Grèce , St qu'elle
Tome IL
n'a pas encore parmi nous. Quand le 3 aurait eu d’abord un double fon , eft -il prouvé que les Phéniciens n'avoient au- cune lettre de ctttefortclMaia Vélius(a) Ditnkefr,
Longes fourient & prouve même , que u p, là^p.
Ton l'examine avec foin , on n'y trouve- ra point ce double fon. Prefque lonces les niémes raifons militent en faveur du O.
E
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II. PARTIE. S ï C T. III.
ÇA A>. ï.
A*itcx£ ir-
Erat Hé !‘.ilphi- bv'[ Latin depuis pics de deux mille ans.
(s) V«î. S4i.
34 .NOUVEAU TRAITÉ:
C’ërolt le Samec des Hébreux , dont le fon ne parue peu£« érre pas d’abord rourafiit correfpondant à la lanpiiie’ dc»^ Grecs. En qualité de lettre double, le H fera donc nouveau ,i fi rdn veut : mais il exiftoit fous un autre r.iport , qui ne ÿé- loignoit pas de la prononciation K 2. Quand on celfa d’em- ployer ces deux caraélèrcs , &: peutetre de les prononcer aulli- durement ; la lettre s reprit faveur , & fon ufage fut fixé fans retour. Si le Tfadc des-lors eût eu une valeur numéri-' que , il eût coafervé fa place. Mais le 'p &:le ^ ,, qui en éroicnt Ibrtis n’aquirent cette qualité, que depuis leur dé- placement. Quand donc tous les carafteres eurent une v.i- îcur certaine 5 comme il en manquoit un , pour rendre l’a- rithiÿétique Grcqne aufli complète , que commode dans fes chifres : on fe rapela l’ancienne figure du Tfade fort peu difé^ renie LeA«/7y>/,qui s’étoit mal foutenu dans fon porte,' tomme lettre , reparut dans un autre , comme chifte. Tiré de l’oubli , il ferma pour toujours l’alphabet Grec , fans en être envifagé comme la dernière lettre. On a tout fujet de croire , qu’il en avoir été rétranché , avant que l’alpliabet des Ioniens devint numérique. Autrement jamais on ne l’eût dé-# pouillé de fa valeur de 90 , pour en revêtir Vipisèmon quopat. S’il en fi.it dédomagé par celle de 900 j il femble qu’on ne fe ® fouvint de lui , que quand tous les autres caracicrcs curenr des valeurs afl'urées , qui ne permirent plus de leur faire per- dre leurs places.
X. Prilcien aurtl peu inftruit des origines de l’alphabeti Grec, que de celles du Latin , en jugeoit aparamment pat voie de comparaiibn. Il avoir lu , que les Latins reçurent feu ze lettres des Grecs. Il ne voyoit point l’F parmi celles de ces derniers : pareequ’au VI. ficcle , où vivoit cet auteur , Vipisèmon n’én conferv’oit pas ménfite la figure. Il crue donc , que les Latins avoient ajouté l’F aux lettres reçues des Grecs. L’X Latin ne fe raporte au 3 Grec ni pour le rang , ni pour la figure. D’ailleurs on le croyoit de nouvelle inven- tion , chez les Grecs. U n’en faloit pas tant à Prilcien , pour le déclarer ajouté chez les Latins. Encore veut-il bien acor- der (fl) à ces deux le nom de lettres. Mais à peine daigne-t- îj eu ufer.avec la même générofité , à l’égard de celles , dont ils enrichirent, félon lui, leur alphabet dans iafuhe. Le K-
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p E P I;P L O M A-T I Qcy E. « 3f
iBc,le-Q font (i) inutiles : 1-Y &: le Z font étrapjPrs : TH ji’eft qu’une afpiration , & non pas ime lettre. Nprs .«ï’aj^es .grammairiens plus anciens que Prifcien , & Prifcien lui- même reconoilfent vingt-trois lettres , chez (a) les Latins. Ils alfignent à chacune leurs fondions , & font voir , qu’on *he peut s’en palTer ; ou du moins , qu’on ne "doîr pas e"n banir l’ufage. Selon Maxime yidoria , op a {b) befoin du K -, lorfqu’il eu liiivi de la (z) voyelle A , comme dans kalendce \ du Q , lorlqu’il précède l’U voyelle , comme dans Quintes. Sans l’Y & le Z ^ au lieu â^Hylas &c de Zephynis ,-il taudroit écrire Hoelas & Depherus. L’H meme , quoique alpirée , ne lailTe pas d’être une lettre. Il n’en eft pourtant pas moins ^vrai , que l’Y &c le Z font des lettres ajoutées à l’alphabet Romain , pour rendre plus aifoment les mors Grecs. Le.Z cependànt n’ell peutetre pas aufli récent , qu’on le prétend d’ordinaire : ‘puifqu’au raport de (c) Velius Longus , il fe trouvoit danslesvea des Saliens., Mais, quant aux vingt une
Vautres lettrcJ,'Afi»'k jeime’ ^^iomede'lcs do'qàtept pour Xatines.. , (<^ dit çq..^rnier , unà ^ .yiginù.f tÇraàe duce Y Z. • ' ‘ ‘ , ' ' . _■*
Qu’il nous foit donc permu de conclure , que les Latins «urent d’abord leurs dix-neuf premières lettrés , èc peutet^c -meme leur alpirabet complet, excepté l’Y &c le Z. Les té- moignages incertains de quelques grammairiens mis à part^-, «pn né fouroit alTigner d’époque , où IV & fX âi^ cpi^ '1sner<ç4' chez, les’ Latins. Nul monument né, peut^établircèctc Vpmi9n.^,^S J3lus anciens la démentent."
, ( ij Çy kogfgei^tonromic à celui^ !
^inp.ira.n«
( z) Voila ■» Ht. '
Céclc K»nht t pliislbir'Cftgve cart/izi, dont oiifaifoic plus'J’ufage au VIII. fut ,4<t nioaoiea. Od ^tudioit alun lu gtam-.
,|Oaiiiqas at,cc ardeur. La,ddcilioa de «oflquet-uns d’entt’eux fut embralTile par myjffU (avant, pidfitablejoeot à ropinion!
‘wiiweica, M'ao^n'avoit peutécre pas»-l| cotabtanduam, ouquon oc jugeoir pas’
,dcvoiifa|i{ia^()udciaiuearsplut an-,
‘créas pat ndcedâite’
re«o«Ws!ÿtt J^ut , pour nous, aprendre ce qui poRnt alors )es. peuples yeaus du Nord, à fe (suit du K pluciâr que*,
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